SCÈNES IX ET X
Vwni le fermier qui refius de renouveler ion baiL
LU DUC
« Pourquoi cela ?
LE FERMIER
< lo Parce que je n'ai rien et que je ne veux pas courir le risque de m'endetter ; P parce qu'on parle d'un impôt ter^ ritorial...
LE. Due* « Ce sont des contes à dormir debout t
LE FERMIER
« Lorsque nous ne paierons les impôts qu'à proportion de nos possessions et que vous paierez à proportion des vôtres, ce sera autant de diminué sur nous. Nous serons plus heureux et nous bénirons notre Roi tous les jours de notre vie, comme nous le bénissons déjà pour ses bonnes intentions.
LE DUC. '
« Et nos privilèges ?.., Vous croyez qu'on y touchera ? Les nobles qui en jouissent sont trop près du trône pour souffrir qu'on leur porte la plus légère atteinte...
LE FERMIER
«Ils ne seront pas les plus forts à l'Assemblée des États généraux. Tout au moins nous y serons en nombre égal et la justice y présidant, vos privilèges tomberont de plein droit...
LE DUC
* Je VOUS propose la ferme de mes terres an même prix et
* aux mêmes conditions que par le passé.
LE FERMIER
« C'est. inutile.
LE DUC
« Vous voulez donc mourir de faim ?
LE FERMIER
« Mais vous êtes dans Terreur ; ce n'est pas vous qui nous < nourrissez. Le pain que vous mangez, les légumes, les fruits « qui parent vos tables sont le fruit de notre travail. Vous et « vos pareils ne faites que sucer le miel de l'abeille, sans
* savoir ce qu'il nous en a coûté de sueur et de peine. »
Le Duc le chasse, lui et les vassaux. Un laquais vient pré-
venir le Duc que son dîner ne peut être servi.