SCÈNE XI
LE DUC
« Pourquoi?
LE LAQUAIS
« Votre cuisinier n'a rien préparé. Il sort de chez voos. Il « emmène mes camarades et votre cocher. Ils ont tous juré de
* ne plus servir la noblesse... Les esprits sont aigris à un point
* extraordinaire. Je vous conseille de partir sur-le-chafljp « pour Paris.
LE DUC {après avoir longtemps réfléchi) ,
* Vous av.ez raison.... Vous me suivrez.
LE LAQUAIS
« Je courrais un trop grand risque I (Il sort,) Le Duc reste seul, sans intendant, sans bailli, sans fermier, sans cuisinier, sans laquais, sans cocher. Il fait venif le Maître de poste.
SCÈNES xn ET xni.
LE MAITRE DE POSTE
< Monseigneur, vons demandez des chevaux? ils seraient tons à votre service ; — mais mes postillons refusent de TOUS conduire. (Is ne veulent plus, disent-ils, servir que le Tiers-État et puisque les nobles sont si fiers, ils doivent se servir eux-mêmes. Leur résolution est si bien prise à cet égard que pour voyager, il faut faire preuve de roture.
LE DUC
< Mon cher ami, je vous prie en grâce de ne pas m'abandonner. Je vous paierai double poste et menez-moi vousmême.
LE MAITRE DE POSTE
< Vous ne voudriez pas m'exposer peut-être à être tué ? Vous avez des chevaux dans votre écurie. Sellez-en un et partez 1
LE DUC
« Comment voulez-vous que je m'en aille seul ? Un homme ( comme moi !...
LE MAITRE DE POSTE
« Vous prétendez que la noblesse forme à elle seule la na-
' tien et que les roturiers sont vos esclaves. Vous voyez au-
' jourd'hui dans quelle erreur vous étiez, car dans un pays
habité par deux classes d'hommes, celle qui peut se passer
de l'autre doit, sans contredit, former la nation...
LE DUC
« Vous me mènerez, n'est-ce pas ? car je vous avoue qu'une incommodité, reste d'une vie trop déréglée,ne me permetplus de monter à cheval.
LE MAITRE DE POSTE
« Cela n'est pas possible, je me ferais égorger. » (Il sort).
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