GEORGES
« Vivent encore ces hommes qui, comme Gange, honorent leur siècle et nous font voir que dans la classa la moins fortunée, on trouve plus souvent qu'on ne croit Thumanité, la bienfaisance, les plus respectables vertus 1... Gomme si la Nature voulait par là consoler l'espèce humaine de Tappârition de ces êtres malfaisants qui, placés dans un poste élev^. Usurpent l'estime de leurs concitoyens et cachent sous le masque d'un patriote le cœur corrompu d'un hypocrite et d'un tyran (1) !»
3* version, HENRIETTE {la femme du prisonnier, dit à Cange:) <* Ah ! Cange, venez souvent parmi nous î Que nos enfants respirent auprès de vous l'air saluhre de la candeur et de l'humanité ! *
4^^ version.
Ici, c'est Gange lui-même qui^chante :
(l) AUusion à Robespierre et aux JacobiiUt .
« Le bien qu'on /ait dans tous les tems « Porte avec lui sa récompense ; « C'est le p'ius beau des sentiments,
< Il embellit notre existence.
« A ma place chacun de vous
« Eût saisi cette heureuse chance...
« Des malheureux il est si doux
< D'obtenir la reconnaissance I (bis) »
5« version.
Le concierge de la prison de Saint-Lazare^ le nommé R^ vôche, chante avec émotion en serrant la main de Gange :
« J'abjure aujourd'hui mon erreur, « Et j'imite toute la France.
• La justice et la bienfaisance
* Font plus d'amis que la Terreur.
« Loin de nous tout acte arbitraire, « Nous n'obéirons plus qu'aux lois.
€ On les a fait taire une fois...
< Mais ce sera bien la dernièrel (bis) »
Quelques jours avant ces diverses représentations, ^ 25 vendémiaire an III (16 octobre 1794), l'histoire de Cang< écrite en vers par Sedaine, fut portée à la Convention par uf députation du Lycée de la Commune centrale. Le préside! fit cette réponse :
« Nous applaudissons à la générosité de Cange. Nous aimoi < en lui la vertu qui le caractérise (1). »
Le batelier Lefranc rivalise de générosité avec le comroii sionnaire Cange.Dans « les Vrais Sans-Culottes ou l'Hospitali républicaine * (2), tableau patriotique en un acte de Rézicooi et Lemoine, représenté au théâtre Feydeau en 1794, 1 citoyenne Lebon et son fils Alexis, parents du riche Dur mont, viennent implorer son appui. Ils sont dans la misère
(1) Voir le Bulletin de la Convention nationale, séance du 25 vendémiai" an III, avec le récit de J.-M. Sedaine.
(2) A Paris, chez Huet, an ii.
LE NOUVEAU MONDB. t&7
inrmont les repousse. Le sans-calotte, le batelier Lefrancles ccaeille et leur donne Thospitalité. De pins il sauve la vie à Jexis qui venait de tomber dans la rivière. Un municipal nnient et adresse au peuple la proclamation suivante :
« Citoyens, « La Convention nationale vient d'imposer à tous les
■ Français une tâche également douce et honorable, celle de
■ rendre publics tous les traits de courage, de fidélité à la ' patrie, de piété filiale, de respect pour la vieillesse et pour ' le malheur, qui signalent notre Révolution !
* Empressez-vous à seconder cette idée grande et républi- ' caine. Les annales de la vertu sont le véritable trésor na- ' tional. Qu'aucune page de ce livre sacré ne soit souillée par • le mensonge ou la flatterie et que la postérité n'y lise que ' des vérités et n'y trouve que des exemples !...
TOUS
•Vive la République î... »
Le municipal chante alors :
« Nuit et jour l'agent du despote
< Médite de nouveaux forfaits,
« Tandis que le vrai sans-culotte c Fait le bien et repose en paix.
« S'il éprouve un destin contraire « Il souffre, sans être abattu...
€ Pour le consoler sur la terre, € Le Ciel exprès mit la vertu ! {bis) »
"^ le ehœur répond :
< Du vaisseau de là République
« Le gouvernail, c'est la vertu I »
^Qdis que l'enfant chante avec émotion :
€ Quand on parle aux vrais sans-culottes
€ L'ordre du jour, c'est la vertu ! »
S4S LE THÉATHS DB LA ftévOLUTION.
Bans a les Deux Orphelines « (l),oomëdi6 de Se'vrriflyreprAmi-
téesnr le théâtre des Amis des Arts le 7 prairial âîi'vi(!8iini V^à
1798), le bûcheron Lucas, qui va secourir la pauVi*e Ziliàinoii- f «» rante de faim, chante en apprêtant son rustique déjeuner :
< J'n'avons pas d'flne porcelaine,
« J'û'avons pas d'blanx couyerts d'ajrgent,
€ De cputiaux à manche d'ébèae
« Ni de verre en cristal brillant 1
« Mais j'ons queuq'chose d'pus utile
• Et d'ben meilleur sans contredit :
« J'ons la santé, j'ona Tappétit ;
« J'ons la conscience tranquille U«. > . W^^ i
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