LA FAMILLE
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Il est intéressant de voir comment la famille était traitée paf le théâtre révolutionnaire. En général, dans le nMrê aujourd'hui, elle n'y figure pas aous des cooleurs de rose. Un père ganache, une mère acariâtre, égoïste, vaniteuse, une fille légère et coquette, un fils de'bauché : vôilâ ce qu'on I appelle « la Famille î » Il est vrai qu'on nous montre à ses côtés la femme tombée, la vieille maîtresse, entourée d'une auréole de cheveux blancs, inspirant & tous le respect et l'admiration, ayant auprès d'elle un grand garçon, honnête, loyal, courageux, plus fier de son titre de bâtard qu'il ne le serait de celui d'enfant légitime. Ailleurs, c'est un fils naturel qui fait la leçon h son père, s'élève sans son appui aux plus hautes dignités et congédie hautainement le pitoyable auteur de ses jours.Avec la railleuse philosophie du théâtre actuel, la
(1) A Paris, chez Gretté» an yi.
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) Mt Qji ftcoident, la familld, telle que les sociétés qui larer la considèrent, composée d'êtres qui, sous l'égide aiment et adorent leurs liens formés de la main de te famille est presque une anomalie bicarré ; les ense courbent respectueusement sous la douce autorité it de la mère et ne regardent pas leurs parents comme laisants camarades passent pour de petits êtres nuls» gourmés de l'éducation des religieuses ou des jé- Ce qu'il convient de peindre, de célébrer, d'immor- I sont tous ces enfants perdus, toutes ces courtisanes, maîtres et tous ces élèves du vicei tous ces fanfarons qui montent à l'assaut de la vieille famille, le sourire casme aux lèvres, au milieu d'applaudissements et igements qui stupéfient, avec le même entrain, avec élan qui poussait les barbares à se ruer sur Tancienne
itenrs dramatiques de la Révolution ont moins : ils se bornent, suivant leur habitude constante, à eors héros des politiques éprouvés. Pompigny, ci- Idat de la section de Tlndivisibilité, représente 9 républicain » (1) dana son drame patriotique joué viôse an II (8 février 1794) sur le théâtre de la Gité- Les personnages sont caractéristiques :
Franklin, serrurier,
Fervidor, son fils aîné.
Floréal, son second fils.
Germinal, leur ami.
Brumaire, ci^devant chanoine.
Mélisse, ci'devant prieure, femme de Franklin
Rosalie, ci-devant rêligieuêê, amante de Floréal,
na, chez Gailleau, 1794.
Le serrurier Leroi qui a changé son nom en oelm de IHi Franklin a épousé nne ancienne prieure, Mélisse, qui le trahit. |q Elle conspire avec le ci-devant chanoine Brumaire et les émigrés. Elle veut s'enfuir et entraîner avec elle son fils Floréal qui aime Tex-religieuse Rosalie. Franklin ne perd pas une occasion de dire à sa femme qu'elle doit secouer le joug de la religion :
< Tu sçais bien que quoique je t'aimusse déjà de tout mon « cœur, je ne t'aurais jamais épousée, si tu ne m'avais bien « assuré que c'était du fond de ton âme que tu abjurais toutes
< tes mômeries monacales et que tu regardais comme le plus
< beau de ta vie ce jour qui t'avait rendue à la liberté. » Il apprend tout à coup la trahison de sa femme et de son
fils. U se demande quel est son devoir...
FRANKLIN {seul).
< Qu'est-ce qu'un Républicain ? C'est le défenseur des lois « sans lesquelles nulle société ne peut subsister ; l'ami des « mœurs sans lesquelles l'impudent cynique dépraverait toute « société ; le protecteur de l'égalité sans laquelle les titres « usurpés, les grandeurs factices, et quelques individus écrase- « raient le reste de la société. Le vrai Républicain, en un mot, ^ est l'adorateur de la liberté sans laquelle le pouvoir arbi- « traire, le despotisme enfin, aurait détruit toute société... »
Il n'hésite plus et fait appeler le commissaire et quatre gendarmes.