‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 51 sur 137 · FRANKLIN · texte numérisé non relu

FRANKLIN

«... N'est rien pour moi dès qu'ils l'ont méritée. » Il livre à la justice les conspirateurs Mélisse et Floréal.. et crie :

€ Vive la République ! »

LE NOUVEAU MONDE. 25i

Dans < le Vieillard et ses trois filles» (1), pièce en trois actes et en prose, imitée du Roi Lear, Mercier, Tauteur, nous révèle ainsi son but :

€ J*ai commencé par faire descendre du trône le principal

< personnage ; car ce n'est pas comme Roi qu'il nous touche,

< c'est comme Homme, c'est comme Père. J'ai mieux aimé « offrir un tableau moral, rapproché de nous, applicable sur-

< tout \ la vie domestique. Sous des couleurs théâtrales il * pourra servir de leçon aux enfants ingrats. Puissent tous ces

< monstres d'ingratitude, pour leur amendement ou pour leur « supplice, lire ou voir représenter cette pièce attendrisc santé /... >

Yoici le jcatéchisme que le pière Deschamps (2) enseigne à ses fils Cadet et Benjamin :

LE PÈRE DESCHAMPS

« Des Français généreux quel est le cri fidèle ?

CADET

« Liberté !

LE PÈRE DESCHAMPS

« Entre toutes leurs lois montre-moi la plus belle?

CADET

< Égalité.

LE PÈRE DBSCHAMPS.

< Et cette loi si sage à quoi les mène-t-elle ?

CADET

« A la Fraternité !

LE PÈRE DESCHAMPS

< L'Être suprême à part, qui fixe notre hommage?...

BENJAMIN

« Liberté 1

LE PÈRE DESCHAMPS

« Qu'est-ce que garantit un gouvernement sage ?...

(1) A Paris, chez Restif neveu, 1792.

(2) La Nourrice républicaine, comédie jonée à Feydeau, le 25 mars 179i.

LB THÊATBE DE LA BIÎVOLUTION.

BENJAMIN

« Propriété !

LE PÈRE DESGHAMPS.

* Qui de la République assure Tavantage î...

BENJAMIN

« Parfaite Égalité !

LE PÈRE DESGHAMPS.

< De jouer maintenant je vous accorde entière

« Liberté.

« Mais comme assurément vous êtes ma plus chère

« Propriété :

« Dans votre récompense il me faut, en bon père,

< Suivre l'égalité. > (Il les embrasse tous deux.)

Dans « Rose et Aurélie* (1) comédie en un acte de Picard et Devienne, représentée sur le théâtre Feydeau le 21 thermidor an II (8 août 1794), un brave soldat, qui vient d'adopter un petit orphelin, nous apprend par deux couplets que le mariage était peu respecté sous l'ancien régime :

Le vice sous la tyrannie

Se trouvoit à l'ordre du jour.

Il a voit de notre patrie ,

Chassé la Nature et l'Amour.

Par égoïsme ou par misère

Dans chaque rang, dans chaque état.

On se vouoit au célibat.

On craignoit d'être époux et père.

Dans ce tems affreux de scandale Des mères bravant le courroux, Plus d'un jeune homme sans morale Etoit père sans être époux I...

Dans le môme tems au contraire Plus d'un mari crédule et bon Voyoit croître dans sa maison Beaucoup d'enfants sans être père !...

ii) A Paris, chez Huet, au \u

LE HOnVBAU IKWnSf IB8

rdrddu joar e&t bien ohan^. Lft veitii t^ pris 1a place se. Toat le monde se marie aajoard^luii 1,1. *\ :l oyen Candor^daos l'opéra oomique *VHo$pitalUé.* (i), rvigny, représenté le 29 thermidor m II. (Ir6 août ux Variétés amusante^, ^ient de revêtir l'écharpe de-

Le9offîoier9 municipaux et le village Itii doiment une e:

« Chantons notre maire,

• Chantons se» vertu^,

« Celles d'un boi^ père

« Et celles d'un Brutus.

« La chose publiée,

« Du soir au matin,

< Fait sa chose uni(|ue;

« C'est bien un vrai Romain !..

liB GUCBUR.

« Chantons notre maire ,.«• etc. >

de vertus méritent une récompense. Canddr donne alité à un soldat glorieusement blessé... Ce héros qu'il

c'est un fils qu'il croyait mort. Tableau t C'est ce qui e pourquoi Dorvigny a donné oomme sous-titre à sa le Bonheur d'être père!

eur Préfontaine a choisi pour type de la femme démadame de La Fayette. On sail tpi' après le Ij^ août,

ette effrayé des désordres populaires^ voulut mettre un l'audace des Jacobins. Décrété d'accusation, il chercha B en pays neutre, mais arrêté à Namur, il fut conduit riche où il subit noblement une dure détention dans la ;se d'Olmutz.Sa femme partagea et adoucit sa captivité. it sa liberté qu'à un article spécial du traité de Campo- (1797). Or, dahs < le Prisonnier d'Olmuii eu le Dé-

vtmement conjugal » (1) représenté à Paris le l» prairial an lY (20 mai 1796), Préfontaine abuse de la sensibilité. Au lever dn rideau on Toit inadame de La Fayette endormie près de ses filles Ânastasie et Virginie. ' -

VIRGINIE

«Enfin, elle repose, un instant, cette tendre et vertueuse

< mère l

ÂNASTASIE.

« Depuis longtemps, le sommeil lui refusait ses douceurs.

VIRGINIE

« Et c'est dans nos bras qu'il daigne suspendre les tourmens

< qui la déchirent !... >

Madame de La Fayette se réveille, embrasse ses enfants et se félicite d'être leur mère.

Page 1