‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 58 sur 137 · LA RELIGION · texte numérisé non relu

LA RELIGION

*^ religion a été l'objet des attaques les plus virulentes de t^rt des auteurs dramatiques. Ils ont ridiculisé la foi chré- ^ï^e, ses ministres, le Pape, les évoques, les fidèles. Ils ont ' ^ppel à la haine, aux passions sauvages, au mensonge, à la ^lïinie, à l'obscénité pour porter à leur ennemie les coups plus violents.

^ Journée du Vatican où le Mariage du Pape (2), comédie- ^de en trois actes, publiée en 1790, fut jouée en 1793 sur le ^tre Louvois. L'auteur, qui se cache sous le pseudonyme du -Valier Andréa Giennaro Ghiavacohi, a pris pour personnes le pape Braschi, les cardinaux de Bernis et de Loménie,

X> A Paris, chez Pages, 1801.

<^) A Tarin, de l'imprimerie aristocratique, aux dépens des réfagiés

«^çoig, 1790.

M LE TUÉATRB DB LA. HBVOLUTION.

Tarchevèque dé Juigné, mâsdames de Polignac, de Caaiqf^ Lebrun» eto. Il nous répugnerait d'entrer dans le détail de cette piôoe gro$siôr3> mais qu'on sache que le Pape, aprte mille folies, accepte la constitution française, se marie avw madame de Polignac, exécute avec elle le fandango et chante :

• Perdre en un Jour la papauté,

< Le droit d'infaillibllitéi

< Vraiment cela désole ;

€ Mais régner par la liberté

« Sur les Romains, sur la beauté,

« . C'est ce qui me console î »

La Gazette nationale analysait ainsi cette pièce^ dans soa numéro du 3 septembre 1793 :

Théâtre de la rue de Louvois,

« La folie donnée à ce théâtre sous ce titre de to Journée du Vatican, ou du Souper du Pape, demande sans douW i n'être pas rigoureusement examinée. C'est une débauche d'esprit et de gaité. De graves ambassadeurs qui termineat un conseil par se gourmer à coups de poings, un pape ivre chantant des goguettes, un archevêque bègue et imbécile, des cardinaux presque aussi débauchés que l'abbé Maury, et cet abbé presque aussi scandaleux qu'il l'était en France; tout cela jugé d'après Aristote pourrait bien n'être pa* trouvé d'une régularité extrême I... Mais enfin, la pièce fai^ rire, elle jette à pleines mains le ridicule sur les ennemis de la Révolution ; il nous a paru que c'était l'unique bal de l'auteur, et les spectateurs nombreux semblent à chaque représentation attester que ce but est rempli. * Du Vatican nous passons au tribunal de l'Inquisition avec VAuto-da-Fé (1), pièce à spectacle de L. Gabiot^ représentée le

(l) Paris, chez les marchands de nouveautés, 1790.

L8 NOUVEAU UOSOit. M

% noTembre i790 à l'Ambign^Comique. Don P^droi familier de rinquisition, qui aime Célestine fille de don Fernand» ac^ oose son fianoé Yalooart d'avoir tenu des propos impies contre la Foi et le livre aux vengeances du Saint Tribunal. On va conduire Valcourt au supplice, quand une troupe de Français et d'Espagnols le délivre. Leur chef, M, de Folleville, leur propose de remmener en France avec Célestine : < Vous

< n'aurez rien à y craindre, dit-il ; les foudres sanglants « de rinquisition ne s'y entendent jamais et meurent sans

< force et sans vigueur dès qu^ils ont touché les rives de la « France !... » Le 7 germinal an II (37 mars 1794) le citoyen Boobée fit jouer à Toulouse une pièoe absurde sur le même STijel, les Victimes sauvées ouïes Horreurs de U Inquisition, àraLine historique et patriotique en trois actes et en vers !

Léger, le comédien du Vaudeville et le fondateur avec Piis

en 1799 du théâtre des Troubadours, fit représenter le M

janvier 1793 au théâtre Feydeau une comédie en un acte et

^^ veri'ihtitulée « la Papesse Jeanne » (1). Voloi la distri-

^^tioa de cette pièce cynique :

Pm^SiOimages» Acteurs»

' Lô cardinal rotondo. verneuil.

' Le cardinal GUNÉPHn^s* lesage.

" ^® cardinal Boivm. saint-léon.

' Le cardinal jejuno. georget.

* î'LoitELLO. GAVAUDAN.

• ^^NlPACE. JUHET,

^^ théâtre représente les jardins du Conclave. Au lever du ïitteaii le peuple assemblé veut enfoncer la grille et savoir

^^^ A Paris» cbtt GaiUeau, an ii.

quel est le pape que le Conclave a nommé. Jeanne, sons les habits de cardinal, est parmi les candidats. Elle parle de son ambition à son ancien amant Florello et le prie de renoncer à son amour.

Florello lui chante :

« Pour prix d'un Inutile amour, « Pour prix des regrets que j'emporte, « Daignez du moins, daignez un jour < Du paradis m'ouvrir la porte ; « Ou souffrez qu'un amant discret, « Qui certes n'est pas incrédule, « Aille quelquefois en secret « Du Saint-Père baiser la mule.

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