‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 86 sur 137 · SAPHO · texte numérisé non relu

SAPHO

« Je vivais heureuse et tranquille « Au sein des arts consolateurs.

< L'amitié paisible et docile

• Sur moi répandait ses faveurs.

« Je vis Phaon et de mon âme « L'amour tout à coup s'empara t...

« Je voulus lui peindre ma flamme,

< Mais il la connaissait déjà t

« Dans son regard qui sut trop feindre « Je crus voir la joie éclater.

<t Si Tamour est prompt à se plaindre, « Il est plus prompt à se flatter.

« 0 douce et pure jouissance,

«< 0 de nos jours de sang quel opprobre éternel,

« C'est Catilina qui dénonce !

« Vargonte et Lentulus dictent l'arrêt criminel,

« Tullius est le criminel ;

« Céthégus est juge et prononce ! >»

(1) Le Combat des Thermopyles, tragédie de Loaisel, représentée snr le théâtre de la Cité-Variétés le 5 thermidor an ii (23 juillet 1794).

(2) Tragédie lyrique on trois actes, représentée sur le théâtre de la roe Loovois ie 14 décembre 1794.

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f«.Qtie ta m'apprêtais à souffrir < Fant-il que le bonUeur commence

« Alors qu'il doit si tôt finir t... (1). >

;. Bni^iUy tragédie de Sextius Buffardin (2), avec ce sousmoàeste « suite de la Mort de César » contient, des vers laconisme antique : .

CASsius {d Brutus).

< Ton épouse ?

BRUTUS

« N'est plus t

GASSIUS.

« Malheureux que je suis sivoir porté le comble...

BRUTUS

< A d'aussi grands ennuis !... > s'agît maintjBnant de savoir comment la femme de Bratus morte :

BRUTUS

< Dans !un foyer ardent elle a pris des brandons • Et les a dévorés, en invoquant nos noms ! >

) G'-est encore la princesse de Salm qni a composé la célèbre romance outon de rase ;

« Bouton de rose.

Ta seras plus henrenx qne moi.

Car je te destine à ma Rose Et ma Rose est ainsi que toi, Bouton de rose 1

« Âa sein de Rose, Heurenx boaton, ta vas mourir I Moi si j'étais boaton de rose, Je ne mourrais que de plaisir Au sein de Rose !

Au sein de Rose Tu pourras trouver un rirai ; Ne joute pas, bouton de rose, Car en beauté rien n'est égal * Au sein de Rose ! »

) Paris, 14 avril 1796.

Il ne peut survivre à cette mort horrible et se poignarde :

■ Je me meurs... ainsi donc tout passe et se consomme t • Abusive vertu, tu n'étais qu'un fantôme ! »

,Opimias s'écrie en voyant Caius Gracchm (1) se frapper, lai aussi, du fer fatal :

< Il meurt, mais il triomphe et je sens le remord...

< Qu'un homme libre est grand au moment de sa mort t »

Coriolan (2) se poignarde à son tour en disant :

« Rome, puisse ma mort signaler ton bonheur !

< Puisse mon sang éteindre en tes murs plus tranquilles

« Le feu dévastateur des discordes civiles ! »

L'ouverture de l'opéra de Fabius (3) de Joseph Martin exprime tour à tour une émeute populaire, des chants de victoire^ une mélodie mélancolique et religieuse.

Le chœur des Romains chante :

Vive à jamais le vainqueur d'Annibal t A nosiseuls ennemis son triomphe est fatal t < Honneur et gloire à notre général t... >

Fabius arrive dans un char traîné par deux chevaux blancs. Un ballet-pantomime termine le spectacle par m fête civique et triomphale^ après que Valérie a couronné son époux et chanté ces quatre vers :

« Moments délicieux pour ma vive tendresse! < Mais je succombe à la faiblesse « Qui subjugue mon*cœur, < Mon pauvre cœur I >

La tragédie < Quintus Fabius » de Legouvé, qui nous sort

(l) Tragédia de M.-J. Chénier, représentée le 9 férrier 1793 s>r ^ théâtre de la RépnbUqne.

(<2) Tragédie d'Achille Goajon. Paris, 1799. (3) Représenté le 9 août 1793 sur le théâtre de l'Opéra.

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de tontes ces médiocrités, fat représentée le i3 thermidor an III (3i juillet 1795) sur le théâtre de la RépHbliqoe avee saccès. Quintus Fabius a livré bataille sans les ordres de Papirius. 11 a vaincu l'ennemi, mais il a désobéi. II doit mourir. Le peuple lui fait grâce. Quintus Fabius reconnaît cette générosité en s'écriant :

< Oui, de la discipline ami toujours Adèle,

« De respect pour nos chefs je veux être un modèle ; « De ma soumission ils seront satisfaits.

< Recevez ce serment que devant vous je fais, « 0 peuple généreux, à qui je dois la vie,

« Et vous, mon père, et toi, ma chère Valérie ! »

La tragédie é!Épichar%s et Néron du même auteur fut représentée le 15 pluviôse an II (3 février 1794) sur le théâtre de la République. La pièce était dédiée à la Liberté en vers enflammés :

« Liberté, c'est par toi que me fut Inspiré

« Cet écrit où parle mon âme.

« Sur ton autel je pris la flamme

« Dont Pison parut pénétré.

J'allumai mon talent à ton flambeau sacré. Du public indulgent si j'obtins le suffrage, Au pied de ton autel je reviens incliné Déposer le laurier que ton nom m'a donné ; L'hommage t'en est dû, puisqu'il est ton ouvrage. Eh t qui ne se sent pas à ta voix entraîné ?...

Liberté, si mon luth peut quelquefois te plaire. Si le républicain de l'entendre est jaloux,

< J'obtiendrai le plus doux salaire.

Aux lauriers des neuf Sœurs je préfère le tien. J'écris pour être utile et non pour la Mémoire, î?ain(yŒrde-ia-i^atrie ^st la première gloire. Et l'on n'a point d'éclat si l'on n'est citoyen !.... »

d76 LB TffliAfav DK LA-BimiOTioir.

A^ cinquième aote, Néïpa meurt ïùà piP.rAflrMn?AilllWi et Pisoa l'écrié ;- .;.',■;,'. .-: -ri ^t'-i'^i -J iî;-'^ ;.

« Il menrt, il nous dércto'liiib mf^tmàgét^' ^

. « Que son c^ndavre ait lâabu iolt£^dbàJgé4CiiiialB^ t

« Et, JnwjQD^'aa seindee mius-peftlfi-lilm^yMIéi'^ I

« Purge de tout Néron ce climat infeste! * » ., , .; \ .-^

Enfin la dernière tragédie ceigne de.Ije|op;fér^« tff^.^t représentée le 27 Tendén)iairà;aalt!î&^ (l^^p^oj^^ti^ m le théâtre de la Répnbliqne, <e déPOtte«e».iiBe«iincisiw fà fait honneur à des Grecs:

Polynice s'approche^ d*Été6âe, qu'il oroft if omi^ po« Pemhrasser; • *' ^' • '

« je Tisi Je: ¥is entor... tombe > ei meûft 4 rintun- 1 .

• -. POLijriÇB... :.. »., . ., . . i ■ « rexpiref

ANTiaOHB.

. Ciel!

OBDIPB.

< Ah ! dieux I

JOGASTI.

« Cruel !

iTÉOGLE.

« Je suis content 1 >

Le poète Arnault^ qui, dans sa jeunesse, avait été attaché à la maison de Monsieur, fait dire aux Romains dans JEToraftsi

CocUs (1) :'

« Les rois pesoient sur notre tète, « Chantons la ruine des rois I

< Les tyrans usurpoient nos droits,

< De nos droits chantons la conquête I >

Et cependant Amault servit Bonaparte, et fut comblé de

(l) Acte lyrique représenté le 18 février 1794 à l'Opéra.

faTeurSy pois ea 181486 rallia aux Boarboâs. Voilà ce qu'on appelle de là constance romaine dans sa haine contfe les tyrans !

Manlius Torqtuttus (i) du citoyen Christian est nne tragédie intéressante, mais écrite avec Taffectation solennelle que l'on reproche à cette époque.

Le cdnsul Torquatus a défendu aux Romains de combattre l'ennemi sous peine de mort. Son fils a désobéi et a gagné une Tictoire. Popilins vient annoncer ce triomphe au consul :

« Sévère Torquatus, père juste et sensible,

« Apprends une nouvelle et bien chère et terrible....

< Nous venons de combattre au mépris de tes lois. « La palme des guerriers couronne nos exploits...

« L'austère discipline en ce jour est- bravée ;

« Mais, grâce à nos efforts, la patrie est sauvée t >

Torquatus jure de punir son fils. Popilius lui demande ce qu'il va faire.

« Ne m'interroge pas, interroge la loi I * Fulvia conseille à son époux Manlius de fuir :

• Tu veux donc qu'insensible au coup qu'on me prépare

• Je commande à mon cœur de se montrer barbare ?

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