‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 95 sur 137 · LAYA · texte numérisé non relu

LAYA

Une partie de l'Assemblée réclame l'ordre du jour. D'un autre côté on demande l'admission du citoyen Laya.

LEHARDI.

« J'atteste que devant moi des officiers municipaux ont

(1) Les Jacobins disaient qne Roland, ministre de l'Intérieur, avait payé

• arrêté entre eni de faire tomber cette pièce. C'est une ca-

• baie abominable I •

Le priJaident consulte l'Assemblée sur l'admission. — La

ajorilé se lève pour raffirmalive. — Laya parait. — Une des extrémités réclame contre la manière dont la question a éli! posée. — Un violent tumulte s" l'I&ve. — Laya se relire, — On demande une seconde lecture de la lettre. — Plusieurs membres allèguent que cette afTaire ne peut regarder U

invention. I

L'Agseniblée passe ù l'ordre iln îour.

On demande que le maire s enu de rendre compte i'

! qui s'est passé.

L'Asseuiblée passe encore à l'ordre du jour.

On lit la lettre saivante :

Lettre du maire df Paris.

' Citoyen président, je suis retenu au théâtre Français

■ par le peupla qui vent que la pièce de VArni des Lois soit

• joué, Ifn arrêté du corps municipal en conformîtâ de celui •'dn conseil général ir^rite les esprits. Une dépntation de

■ citoyens se porte en ce niffTRent-ci à l'Assemblée nationale.

• Je vous prie de prendre en considération celte députation

• dont le peuple attend les elTets avec impatience. Je suis

• bien convaincu que l'espérance d'obtenir une décision fa- . vorable est la seule chose qui l'engage à rester réuni auloni

■ du théâtre Français. ■

Plusieurs membres observent que le respect pour U hiérarchie des pomoirs exige que celle affaire soit d'abord portée an département, ensuite au ministre de l'Intérieur. Ils demandent l'ordre du jour.

• Je demande aussi l'ordre da jour, mais en le motivant

' sur ce que l'Assemblée nationale ne connaît pas de lois qui

< permettent aux municipalités d'exercer la censure sur les « pièces de théâtre. Au reste l'Assemblée ne doit pas avoir « d'inquiétudes, puisque le peuple se montre l'ami des « lois. >

L'Assemblée passe à Tordre du jour ainsi motivé.

L'extrémité réclame. — Prieur, Julien, Delbret demandent la parole. — L'Assemblée maintient son décret.

La séance est levée à cinq heures et demie.

< Bientôt, ajoute Fleury, ce décret nous fut envoyé; bien- « tôt il fut proclamé aux cris de la joie générale, au bruit

< des applaudissements unanimes. Nous jouâmes la pièce, « nous a.vions le feu au cœur. Jamais la Comédie-Française « ne fut plus belle, quant à moi je n'ai jamais trouvé « plus d'inspirations et c'était avec l'âme et l'effort d'un « ennemi qui lance une flèche que je jetais au but les vers « fameux :

« Honteux d'avoir été,plus honteux encore d'être, « Brigands, l'ombre a passé, songez à disparaître !

« Mais la Commune ne nous tint pas quittes. La lutte re- « commença avec colère... (1). »

Les séances suivantes de la Convention et de la Commune de Paris, que nous tenons à reproduire d'après le compte rendu, vont le prouver nettement :

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