‹ Le Théâtre de SaintCyr 16891792 d'après des documents inéditsChapitre 17 sur 64 · MADAME DE SÉVIGNÉ A SAINT-CYH V · texte numérisé non relu

MADAME DE SÉVIGNÉ A SAINT-CYH V

ljation presque unanime des ecclésiastiques et des prélats. Enfin, les dames ilf; Saint-Louis n'entraient au théâtre qu'à regret, et uniquement pour y conduire et y garder les Demoiselles. La plupart se retiraient dans les tribunes de la chapelle ou dans la salle de la communauté, et y demeuraient cachées pendant tout le temps (pie durait la pièce.

Madame de Sévigné arrivera donc un peu tard, et le théâtre de Saint-Cyr, déjà menacé, dans son existence, aura perdu son principal attrait. Maïs qu'importe? L'honneur n'en sera pas moins grand ; et madame de Sévigné tient plus encore a l'honneur qu'au plaisir.

Le 14 février, elle écrit à sa iille que décidément elle verra Esther; que madame de Coulanges l'accompagnera à Versailles, et que madame de Chaulnes leur prêtera son équipage.

« Je n'y vais, ajoute-t-elle, qu'à cette condition. »

On sait que, pour soutenir l'existence t'astueuse de sa fille et de son gendre dans leur gouvernement de Provence, madame de Sévigné s'était vue depuis longtemps forcée de réduire aux proportions les plus humbles sa propre maison. Elle n'avait plus d'équipage. Or comment aller à Saint-Cyr, comment se montrer à la

Source galllca.bnf.fr / Bibliothèque nationale de Fra

tll LE THEATRE DE SAINT-CYH

Cour sans équipage i L'offre île madame de Chant*

ne* semblait devoir laver la difficulté. Mais il paraît

que cette duchesse étourdie oubliait facilement ses promesses. Dans la lettre suivante, madame de Sévigné ne dissimule pas son inquiétude et sa mauvaise humeur.

« Je n'irai que samedi à Saint-Cyr, écrit-elle le 16 février, avec M. de Lamoignon et madame de Coulanges qui m'a promis d'y revenir avec, moi. Je vous rendrai compte de ce voyage. Madame de Chaulnes ne parle plus du sien. Je sais seulement qu'elle sera l'ort aise de m'emmener. Je lui laisse démêler toutes ses fusées. »

Cependant, avant de fermer sa lettre, madame de Sévigné a voulu savoir ce qui se disait par la ville. Elle est allée à la source des renseignements, c'est-à-dire à l'hôtel de Coulanges, « où rlle fait ses paquets les jours il 'on I inaires » et qu'elle appelle en riant « son bureau d'adresse." C'est d'ailleurs une de ses habitudes de ne jamais laisser partir son courrier sans y ajouter les nouvelles de la dernière heure.

« J'ai vu, dit-elle en post-scriptum, madame de Chaulnes et madame iU- Coulanges. Elles sont ravies d'Eslher. Cette première vous embrasse et vous aime, et veut m'emmener en Bretagne; elle

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale

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