‹ Le Théâtre de SaintCyr 16891792 d'après des documents inéditsChapitre 35 sur 64 · CHAPITRE XIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY

REPRISE d'esTIIER ET DATHAUE EN 1756

En 1756, à la date des grandes représentations que nous allons raconter, d'importants changements s'étaient produits dans la famille royale. Les princesses, filles de Louis XV, éloignées de la Cour depuis leur enfance, étaient revenues Tune après l'autre de l'abbaye de Fontevrault, où le Koi en haine de Saint-Cyr,, les avait fait élever, et où elles avaient reçu une tr<V pieuse, mais très-ignorante éducation. La plus jeune. Madame Louise, avait alors dix-sept ans. On jugea que les bals, la chasse, les spectacles de la Cour étaient des plaisirs peu convenables à cet âge, et ce fut à Saint-Cyr qu'on vint encore, comme au temps de la duchesse de Bourgogne, chercher des récréations innocentes. Le Dauphin et la Dauphin' 1 désiraient de leur c<1té revoir cette maison dont ils avaient gardé l'un et l'autre un tres-bon souvenir. Ils en par-

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168 I.Ii THEATRE DE SAINT-CTB

lurent à la Reine et lui demandèrent de faire jouer pu les Demoiselles les tragédies d'Bstlier et lïAthaUc. Marie Leckzinska prévint la Supérieure, qui, d'accord avec la Communauté, décida que le théâtre serait reconstruit sur son emplacement primitif, que les décors seraient restaurés, et que les Demoiselles joueraient cnnmie autrefois avec les costumes de leurs rôles. Les Registres nous font connaître les dépenses considérables faites par la maison de Saint-Louis en cette occasion. La seule représentation iVEsther coûta plus de 5,000 livres, dont voici le détail :

Extranrdinnire </•- ilr,;\i>h,-t (735.

A M. duTillel. pour avoir fuit remonter 20I>4 diamants et 1 achat du quelques autres, la somme do mille deux Met

Ptus, à hiy , HUN qui oui r

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EPRISE DESTIIEU ET Il'ATHALIE EN '

et quittance, cy 111 4 6

Quelques payes plus loin, à l'article « Dépenses manuelles », nous trouvons encore les sommes suivantes dépensées pour la représentation d'Esther :

A MM. Oremlmult, par gratification 1,200'

Donné par grulilicatiou aux pt-inlri s, machinistes cl

musiciens, . 54

Donné aux tapissiers du Roy et aux Suisses 48

Donné aux violons de Chclles 60

On voit par la dernière dépense mentionnée cidessus, que la maison de Suint-Louis était en relations avec la célèbre abbaye de Chelles. Cela s'explique par ce l'ait que madame deCIermont- Gessant, alors abhesse fie Chelles, était une ancienne élève de Saint-Cyr. Les violons de l'église de Chelles viendront plus d'une fois encore à Saint-Cyr , dans des circonstances analogues. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de remarquer plus loin que les musiciens dont il est ici question étaient au nombre de deux seulement, et

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jouaient non du violon, mais du violonrHle.

Les Mémoires du dur de Luynes nous donnent te compte-rendu très-circonstancié des représentations de nS9. C'est on contemporain, c'est un témoin qui parle, nous ne l'interromperons pas par d'inutiles commentaires,

rien dit de la tragédie iVEsther, jouée à Sîiint-Cyr. Ce fut jeudi dernier, 15 de ce mois. Konséignenr le Dauphin, madame la Dauphine et Mesdames

dînèrent riiez Madame la Dauphine, avec les dames qui dévoient avoir f 'honneur de les suivre, et partirent un peu après deux heures. En arrivant dans la maison, ils furent reçus à la porte par M. révoque de Chartres 1 et par madame du Han *, Supérieure; ils furent conduits tout au haut de la maison, dans la salle du théâtre \ La toile étoit baissée et la salle peu éclairée dans ce moment ; mais elle te fut suffi" somment quand on eut levé la tOÎIe. Cette salle étoit remplie de gradins sur lesquels étoient toutes les pensionnaires, rangées par classes, avec des maltresses à chaque classe.

1 Picrre-AupuRtin rie Rosse t fin Rorozel •}•■ P 1 ™"^

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