‹ Le theatre de VoltaireChapitre 103 sur 161 · Grimni, Correspondance littéraire, 15 acût · texte numérisé non relu

Grimni, Correspondance littéraire, 15 acût

témérité plus grande encore , paraître les bras nus , à l'antique ; sur quoi sa partenaire, scandalisée, et qu'il

n'avait pas prévenue , lui dit tout bas : a C M »

et faillit manquer sa réplique. — Quelle chose pourrait mieux que ce détail nous faire comprendre à quel point une telle réforme était hardie ?

« Le romantisme, dit un de nos jeunes écrivains les plus éminents, se passionna pour l'exotisme, et il essaya de transposer en langue française les imaginations du iNord, du Midi et de l'Orient2. » Est-ce que cette phrase — qui vise nos écrivains du xix6 siècle, ne pourrait pas déjà s'appliquer au théâtre de Voltaire, quant aux intentions du moins, sinon quant aux réalités ? Ce qu'on nomme aujourd'hui adaptation est son procédé ordinaire . Ramenant tout à la forme française, il mêle les réminiscences classiques aux éléments exotiques ; et , que la matière soit chinoise, anglaise, arabe, persane, péruvienne , il la jette toujours dans le même moule : il n'en conçoit pas d'autre, et son public non plus. L'idée ne vient à aucun d'eux que le théâtre d'un peuple sort de sa vie nationale , en est rexpres>i<>ii directe, inconsciente. Tous parlent, au contraire, de ce préjugé que la tragédie cornélienne et racinienne descend en droite ligne de l'antiquité ; qu'elle a perfectionné ce dont elle descend ; et que , tout en

Page 1