‹ Le theatre de VoltaireChapitre 105 sur 161 · LES COM EDI F. S DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LES COM EDI F. S DE VOLTAIRE

Ducis, qui fut le successeur de Voltaire à l'Académie, avait, dans soe discours de réception, consacré aux comédies de son illustre prédécesseur les lignes suivantes, que l'Académie supprima parce qu'elles contenaient quelques critiques mêlées à beaucoup d'éloges , et que les critiques n'étaienl pas mise alors dans un discours académique, o Quoique le principal ressort de si - comédies soit l'intérêt, on voit cependant que M. de Voltaire essaye toujours d'y amener le comique. Un homme tel que lui mérite d'être observé sous toutes les faces. 11 serait curieux et peut-être difficile de définir son genre de comique, quand il en a. 11 me semble qu'il

consiste presque toujours à donner à ses person- - ridicules une sorte de naïveté confiante et oale qui les l'ait parler comme si personne ne itendait, et leur fait dire ingénumenl le mot leur passion tel qu'il esl dans leur cœur, ce mol que tout le monde cherche à se dissimuler à soi-même, e1 plus encore aux autres. Ce lang produit un étonnement qui peut faire sourire ; mais ne manque -1 il pas de vérité?et peut-OD mettre ment les autres dans la confidence de ses faiblesses? Le spectateur doit surprendre votre 1 .- mais vous ne devez pas leluilivrer. — Quelquefois il a un comique de mots el d'expressi au lieu du comique de situations et de caractères. »»n dirait que le personnage qu'il fait parler veut se moquer de lui-même. Le poète parait sourire propre plaisanterie. .Mais, plus il montre le projet d'être comique, plus il diminue l'effet. — On est étonné seuvehi que eet homme célèbre, qui saisissait si bien certains rtàieuies el «pu. dans un grand nombre àVou a montré Le talent d'une plai-

santerie tantôt forte el rigonoeuse , tantôt ingénieuse et fine, ai eu moins cte sœeès an théâtre dans le genre qui parait le plus susceptible ds oettB -pèce de mérite. Cest que peut-être rien n'est* si diffèrent que la plaisanterie et le comique. 11 faut que le comique soit en action plus qu'en paroles, et il ne ' sortir que d'une combinaison forte des caractères avec des situations qui leur soient opposées.

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