Ibid
Louis XV, le quai des Théatins , où était mort Voltaire, et qui porte aujourd'hui son nom, la rue Dauphine , la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (aujourd'hui rue de l' Ancienne-Comédie), où avaient été jouées les pièces du poète ; la rue des Fossés- Monsieur-le-Prince , la place Saint-Michel x , la rue Saint-Hyacinthe , la porte Saint-Jacques . Le corps arriva à Sainte-Geneviève vers dix heures du soir, à la lueur des torches .
C'est quelques jours après cette translation des restes de Voltaire que le nom de Panthéon apparut pour la première fois, dans une pétition des habitants de Montmorency, signée des noms de Chamfort, Ducis , De Piis , Garnerin et Viotti. Cette pétition réclamait les mêmes honneurs pour les restes de Jean -Jacques Rousseau. Ce vœu ne put être accueilli , les habitants d'Ermenonville ayant refusé de se séparer des restes du philosophe géne-
1. La Place Saint- Michel et la Porte du même nom étaient situées, en ce temps-là, à l'endroit où aboutit actuellement, près du Jardin du Luxembourg, la rue Soufflot, qui n'existait pas; et où aboutissait alors la rue Saint -Hyacinthe, fort escarpée et en pente , dont il ne reste que le tronçon supérieur, dénommé à présent rue Paillet, juste en face la rue des Fossés -Saint -Jacques. Entre celle-ci et celle-là, mais de profil , se trouvait la porte Suint-Jacqnes , dans l'axe de la rue du même nom , qu'elle séparait de son faubourg . Ce faubourg, qui alors commençait en cet endroit, a été reporté depuis beaucoup plus haut, à l'alignement des vieux bâtiments de Port-Royal, où se irouve aujourd'hui le boulevart du même nom. Le vieux et illustre couveh est devenu l'hospice de la .Maternité.
APPENDICE VZl
vois, qui attiraient dans le pays les visites et les momies dépenses d'un grand nombre d'admirateurs. A défaut de Jean-Jacques , l'Assemblée législative mit au Panthéon le commandant Beaurepaire , l'héroïque défenseur de Verdun , qui s'était tué plutôt que de rendre la ville aux Prussiens . En 1793 , la Convention y mit aussi le corps de Lepelletier Saint-Fargeau tué par le garde du corps Paris . Elle y plaça enfin Marat , qui de son vivant avait protesté a l'avance contre ce genre d'apothéose . Elle ordonna , en même temps , d'en retirer Mirabeau , convaincu par les papiers de l'armoire de fer de s'être vendu à Louis XVI . Le corps du grand orateur l'ut relégué dans un coin du cimetière de Saint -Étienne-du-Mont . Comme Mirabeau , Marat fut à son tour ôté du Panthéon , le 1er février 1795 , quatre mois seulement après y avoir été placé -
Le 9 octobre 1794, les habitants d'Ermenonville ayant enfin consenti à se dessaisir du corps de Rousseau , on le transporta à Paris . La cérémonie fut moins- pompeuse que celle des obsèques officielles de Voltaire . Le corps , porté par un certain nombre d'habitants d'Ermenonville, fut cependant présenté au Palais des Tuileries , où le Président de l'Assemblée nationale , Cambacérès , chargé de le recevoir, prononça l'éloge funèbre du philosophe. Puis le char reprit sa marche vers le Panthéon , au milieu d'un nombreux cortège . dans
lequel des musiciens faisaient entendre les principaux motifs du Devin de Village .
Quant à la profanation des tombeaux de Voltaire et de Rousseau , à l'enlèvement et à la destruction de leurs restes , voici ce que rapporte le bibliophile Jacob :
« Une nuit de mai 1814, les ossements de Voltaire et de Rousseau furent extraits des cercueils de plomb où ils avaient été enfermés ; on les réunit dans un sac de toile , et on les porta dans un fiacre qui stationnait derrière l'église. Le fiacre s'ébranla lentement , accompagné de cinq ou six personnes, entre autres les deux frères De Puymorin. On arriva vers deux heures du matin , par les rues désertes , à la barrière de la Gare , vis-k-vis de Bercy . Il y avait là un vaste terrain entouré d'une clôture en planches, lequel avait fait partie de l'ancien périmètre de la gare qui devait être créée en cet endroit pour servir d'entrepôt au commerce de la Seine, mais qui n'a jamais existé qu'en projet . Les alentours étaient déjà envahis par des cabarets et des guinguettes. Une ouverture profonde était préparée au milieu de ce terrain vague et abandonné , où d'autres personnages attendaient l'arrivée de l'étrange convoi . On vida le sac rempli d'ossements sur un lit de chaux vive ; puis on rejeta la terre par - dessus , de manière à combler la fosse , sur laquelle piéli-
nèrent en silence les auteurs de cette dernière inhumation... »
Voir aussi ce que dit Victor Huiro. dans son livre de William Shakspeare , pane 343 et 344 1 .
Victor Hugo , mort le 23 mai 188o , vient , à son tour, d'être placé au Panthéon , le 1er juin suivant.