‹ Le theatre de VoltaireChapitre 59 sur 161 · Acte II, scène v · texte numérisé non relu

Acte II, scène v

t. Acte! !f. scè-c t.

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de ses personnages a passé dans la langue : p >ur signifier un sectateur fanatique, on «lit un Séide. 11 faut donc bien que, parmi tout ce faux, il y ait eu quelques parties de vérité. El c'est sans doute à ces parties que la pièce doit d'avoir vécu et brillé plus de quatre-vingts ans. Sa - vérité historique, le héros a quelques moments de vérité humain'- : ce n'esl pas un fondateur de religion; mais c'est le conquérant . qui se sert de la superstition comme d'un instrument de règne. Faux en tant que prophète disant à son lieutenant et à son adversaire qu'il se moque du monde et qu'il les prie de l'y aider. il est vrai en tant que politique sans scrupules, entièrement dépourvu de sens moral, comme un Frédéric ou un Bonaparte.

Voltaire stratégiste avant tout, mêlait tout cela - mole, et n'avait peut-être pas tort en vue de l'objet qu'il se proposait .

Les contemporains de l'auteur ne distinguaient pas en lui, comme nous, le poète et l'homme d'action : ils le suivaient en l'admirant, enivrés du brui de ses coups, et ils combattaient avec lui. Cette p était une sorte de pamphlet par personnages, contre les fondateurs de religion considérés comme artis de superstition, de fanatisme et de cruauté. Le manque de vérité historique du principal personnag . l'emphase théâtrale des déclamations, un pathétique plus apparent que réel, étaient peut-être les conditions nécessaires de la portée militante de l'œuvre .

Cette tragédie étail un combat. C'est k os point de vih' que aoua devons La prendre, et elle est une démonstration de ce qui a été dit dans la première leçon : ce que bous ôterons au poète dramatique, nous devrons pour être justes lé restituera l'homme d'action '.

Aux répétitions de ses pièces, ce combattant était d'une impatience nerveuse, parfois terrible. Un jour, dans Mahomet, un acteur assez faible, nommé I. Grand, qui jouait !<■ rôle d'Omar, s'attira une rude apostrophe. Au second acte, pour peindre l'effet d'épouvante et île tremblement produit sur les chefs de la Mecque par l'arrivée du prophète vainqut m-. < iin.ir prononce ces deux vers :

Mahomet marche en maître, et l'olive à la main; La trêve <-<i publiée; et le voii i lai-même.

Au lieu d'y mettre la majesté nécessaire, le pauvre homme les prononça -i platement, que Voltaire, l'interrompant . avec une froideur sarcastàque : «Oui, oui , Mahomet arrive, c'est comme si l'on disait : Rongèsf-vous , v'ià la vache ! »

Concluons, après toutes nos restrictions el nos

critiques, que Mahomet, ;ï son heure, parut i

très belle tragédie, mais surtout fut une action

1. Le dessin de Charlet, avec sa légende, D'est pas une plaisanterie dénuée de sens. Dn rieui grognard et un j

conscrit causent ensemble, <-t celui-ci demande à l'autre ce que cY.->t que Voltaire. — « Voltaire? un troupier lini . C il qui disent du mal de lui sont des infirmes. »

MAHOMET 17'

utile et un bon combal .

parce que la mode litl

quelle mine feront d

unes de nos pièces admii ird'hui .'

N'oufc ions pas le jug ment p par uo

Vaui - de notre ■ imps sur le théâtre <lu

WIll

■ i particulier : Le U

. nu-ut un amusement p< »ui . un

: il est entré hardiment dans L'action; i . Journal,

la Revue d opa ; il a prêté son i - meut

aux idées qui devaient détruire un mond< et en un nouveau. Aujourd'hui, ce théâtre m plein d'exagérations, de lieux communs, matio - qui maintenant

nous semble usé était ttés mo-

rales qui nous fal -

lesquelles notre se. On éprouve, en le

lisant, une double impression: comme Littérateur, on est excédé pai uion continuelle i

pensée et du - imme historien, \trè-

mement atta* la lutte de L'opinion contri

institutions régnantes , lutte dont on connaît la lin. — La luit'- est autour de ces politique, tolérance religi<

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