‹ Le theatre de VoltaireChapitre 7 sur 161 · Vers 498 à · texte numérisé non relu

Vers 498 à

PREMIERS ERREMENTS DRAMATIQUES ol

qu'il ne peut lire dans l'avenir? Le mieux est de

vivre au hasard, comme on peut l. »

Mais jocaste revient bientôt à des sentiments de piété d'accord avec ceux des autres personnages du drame el avec les chants du chœur, expression de la pensée religieuse qui, même en présence de l'apparente iniquité d'une >i cruelle vicissitude, se prosterne devant le mystère du Destin sans accuser les Dieux. D'ailleurs, combinaison merveilleusement dramatique, au moment même où elle se laisse aller à dire que l'art des devins est trompeur, le fait qu'elle cite à l'appui de sa défiance, jette dans l'esprit d'OEdipe un trait de lumière qui lui fait entrevoir avec terreur que le devin pourrait bien avoir dit la vérité .

Dans l'imitation de Voltaire, OEdipe, à ce trait de lumière horrible , accueille avidement les raisons de douter que Jocaste lui présente . Il s'écrie :

Ah! Dieux! s'il était vrai, quel serait mon bonheur!

Et Jocaste, par les faits mêmes qu'elle allègue pour le rassurer, le glace d'épouvante :

Oui, le Ciel me punit d'avoir trop écouté D'un oracle imposteur la fausse obscurité : Il m'en coûta mon fils. Oracles que j'abhorre! Sans vos ordres, sans vous, mon fils vivrait encore!

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