Espèce haute d'environ un mètre
cent que son ennemi tente de faire ainsi périr» L'homme échappe . L'ennemi poursuit sa victime . Ici vient un incident , dont la description semble un \wu outrée : « Ce vertueux ministre, s'étant échappé du palais , courut à son char pour y monter. .Mais l'homme vêtu de rouge (son ennemi), ayant fait dételer deux des quatre chevaux et démonter une des deux roues, impossible de rouler ! Heureusement vint à passer dans le moment un homme doué d'une force prodigieuse , qui soutint avec son bras le bout de l'essieu, et fouetta les chevaux . Le frottement rapide du char usait sa manche, qui laissait voir sa peau ; sa peau usée laissait voir sa chair ; >a chair usée laissait voir ses muscles ; ses muscles usés laissaient voir ses os ; ses os usés laissaient voir sa moelle. Cependant il continuait à soutenir l'essieu et à faire aller la roue *, et bientôt le char disparut dans la campagne . »
L'Orphelin de la Chine, sauvé du massacre comme Joas, est élevé en secret pour venger la mort de son père et de sa mère, et des trois cents personnes
1. l.a traduction de .M. Stanislas Julien dit : « et à pousser la roue. >> J'avertis que je me suis permis de substituer à ces mots ceux-ci: « et à Faire aller la roue. » Il me semble qu'ils se comprennent mieux. En effet, pendant que cet homme courageux soutient de sa main, ou de son bras, l'extrémité de l'essieu "fi manque la roue, celle qui reste à l'autre extrémité peut r.ouler, et roule en effet. C'est donc lui qui la « fait aller « ; mais point du tout en la « poussant » ; comment la pousserait-il , puisqu'il est de l'autre côté du char à soutenir l'essieu où manque l'autre roue?
L'ORPHELIN DE fCHAO -i7
de sa maison que le tyran a fait périr. Un serviteur dévoué a sacrifié son propre fils en le substituant à l'Orphelin «le la famille de Tchao pour sauver celui-ci. Un laps de vingt et un ans s'écoute entre le troisième et le quatrième acte : d'enfant. l'Orphelin esl devenu homme. Alors, selon la promesse du titre, il se venge d'utie manière «'datante, et rend maspour massacre. Tel est ce drame, un peu primitif, mais qui ne laisse pas d'attacher.
Le li«'ii de la scène change souvent, sans que l'on en soit averti . On voit, du reste, en maint endroit, à tel ou tel acte *, que le décor devait représenter au moins deux lieux à la fois. L - ne sont
point liées entre elles : ainsi le quatrième acte commence par quatre monologues sue. jui ne se rattachent pas l'un à l'autre, et dits par des personnages différents. Chaque personnage , non seulement dans le premier acte, mais tout le long de la pièce, commence toujours par dire : « Je suis un lel. » — Par exemple :
Prolôgtie, scène r" ïe suis Tou-'an-kou,
général en chef du royaume de Tsin . »
Ibidem . scène n : « Je m'appelle Tchao -so : j< -ni s attaché au service du Roi . »
Puis, à l'acte Ier, scène ire, cela recommence : « Je suis Tou-'an-kou (déjà nommé). »
A la scèhe iv : « Je suis Tching-ing: j'exerce la profession d.' médecin . »