‹ Le theatre de VoltaireChapitre 87 sur 161 · Scène m : « Je suis Tching-peï · texte numérisé non relu

Scène m : « Je suis Tching-peï

Acte V. scène ire: « Je suis Weï-kiang, le premier ministre du royaume de Tsing . »

Scène ii : « Je suis Tching-peï. » ( Bis.) Scène v : « Je suis Weï-kiang. » (Bit.)

Procédé monotone. M. Stanislas Julien l'explique ainsi : « Le même comédien remplit souvent plusieurs rôles ; c'est pour cela qu'un acteur ne commence jamais à parler pour la première fois sans décliner ses noms . Autrement le spectateur pourrait se tromper en voyant le même visage à deux acteurs (personnages) différents. » J'en demande pardon à l'éminent traducteur , mais cette explication ne me semble pas suffisante. D'abord l'acteur qui joue plusieurs rôles ne peut-il, comme dans nos revues , se rendre dissemblable par la différence du costume? Ensuite, ce n'est pas seulement lorsqu'un personnage commence à parler pour la première fois qu'il décline son nom

l'orphelin de tchao 249

Et dit : «Je suis Oreste. » ou bien « Agameno

c'est chaque fois qu'il reparait, même à un intervalle très court, et sans avoir pu faire un autre personnage dans cet intervalle .

La pièce entière n'est qu'une série d'épisodes, mais qui tous se rapportent à l'Orphelin : c'est la -<'iile unité. « A peine est-il né. que sa mère se tue pour assurer le succès de sa fuite; et le chef' même des soldats qui doivent empêcher cette fuite, touché de pilié à son aspect, se tue à son tour pour échapper au devoir cruel que lui a imposé le persécuteur des Tchao... Sacrifices accomplis si vite et si aisément, ■ lit Saint-Marc Girardin, qu'ils cessent presque de paraître héroïques... Pourquoi cet enfant est-il sauvé au prix de tant de vies généreuses? Afin que ' mille des Tchao ne soit pas anéantie tout entière, afin que les tombeaux de cette famille ne restent pas sans quelqu'un qui les conserve et qui les honore. - Voltaire, il s'agit de sauver le dernier héritier des Rois, et c'est à la fidélité monarchique que Zamti immole son fils. Ce sentiment pouvait être compris sur notre théâtre. Dans l'auteur chinois. l'Orphelin des Tchao n'est pas le rejeton d'une race royale et le dernier héritier de l'Empire ; c'est seulement le dernier descendant d'une ancienne et puissante famille. Le salut de l'État n'est point attaché à ses jours, et ce n'est ni le patriotisme ni la fidélité mo-

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