REVUE DES COURS ET CONFÉRENCES
dans les larmes versées par ses beaux yeux ; vite, il l'envoyait àses amis de Rouen, Formont et Cideville ; et, sur l'impression de l'une comme sur les avis des autres, il reprenait son ouvrage, comme Balzac reprendra ses romans sur les épreuves •, il le modifiait, en retouchait, sans jamais se lasser, le fond et la forme, le remettait sur le métier plus des vingt fois exigées par Boileau, jusque pendant les répétitions, jusqu'à la dernière minute. Cette habitude faisait de lui la terreur des comédiens, dont il troublait ainsi la mémoire, et qui, redoutant toujours de le voir arriver avec de nouvelles corrections, de nouveaux béquets, s'efforçaient en vain de lui échapper. A. l'acteur Paulin, qui, jouant dans i/érope le tyran Polyphonie, faisait le malade avant la première représentation. Voltaire n'enverra-t-il pas un béquet en pleine nuit, sous le prétexte facétieux que les tyrans ne dorment jamais? A Quinault-Dufrène, quiallait jouer Orosmane dansZaïre, et qui lui avait prudemment défendu sa porte, il expédie un superbe pâté de perdrix ; devant ses convives émerveillés le tragédien l'ouvre, et recule épouvanté, comme le flot dans le récit de Théramène : chacune des douze perdrix tenait en son bec... un béquet! Ainsi l'esprit de Voltaire se moquait de la mauvaise volonté des comédiens comme de toutes les autres difficultés. J'ajouterai — et cela est à son grand honneur — qu'au lendemain du succès de -Zaïre le poète se déclarera encore prêt, dans son désir du mieux, « à retravailler la pièce comme si elle était tombée ».
La tragédie turco-chrétienne de Voltaire fut représentée, Mesdames et Messieurs, moins de trois mois après avoir été commencée, et peu d'auteurs dramatiques, même les plus en vedette, peuvent se vanter d'avoir été joués aussi vite ; mais aussi bien peu consentiraient aujourd'hui, comme fit Voltaire, d'affronter la rampe au cœur de l'été et d'avoir une première le 13 aolit. Il est vrai qu'en ces temps lointains les Parisiens ne se déplaçaient pas encore pendant l'été commme ils font aujourd'hui, abandonnant à l'invasion des étrangers leur belle ville et la tour Eiffel, transformée pour trois mois en tour de Babel.
L'enthousiasme du public s'éleva à la même hauteur que le thermomètre.
Seuls, des esprits grincheux reprochèrent à l'intrigue arbitraire de la pièce quelque invraisemblance, demandant pourquoi le poète n'avait « pas donné à Zaïre une vocation plus déterminée au christianisme avant qu'elle reconnût son père, et pourquoi elle cache son serment à son amant». Voltaire sembla d'abord accepter les deux critiques dans la première édition de son
Temple du Goût, et même il a, sur le premier point, modifié ua peu le début de sa tragédie ; mais, au fond, ce poète éminemment religieux trouvait sa pièce bien assez chrétienne comme cela : « J'ai prétendu faire, écrit-il à Formont, une tragédie tpndre et intéressante, et non un sermon ; » et puis, comme le jansénisme et la question de la Grâce sont à l'ordre du jour, le gouvernement, pour mettre fin aux extravagances des convulsionnaires, venant de fermer le cimetière Saint-Médard, à Cideville Voltaire envoie cette boutade irrévérente : « Ce n'est pas la peine de croire à la Grâce, si on ne lui reconnaît pas la puissance de convertir tout de suite Zaïre et d'achever cette affaire au second acte. » Il était trop sincère avec lui-même pour ne point s'avouer que le second reproche était fondé et que Lusignan et Nérestan n'avaient pas de raisons bien sérieuses pour exiger de Zaïre un double serment ; mais, sans ce double serment, il n'y aurait plus de pièce.
Alors ! . .. Voltaire résolut donc de ne rien concéder sur ce point à ses critiques. Il le fît, et fît bien ; car, malgré les invraisemblances de la tragédie si spirituellement imaginée et combinée par lui,
Tout Paris pour Zaïre eut les yeux d'Orosmane.
Cet éclatant succès, les applaudissements du parterre tourné vers la loge où le poète se montrait en ayant l'air de se cacher, Voltaire les attribue, avec une modestie qui ne lui est pas coutumière, aux grands yeux noirs, et à la voix touchante de sa principale interprète, M"^ Gaussin, à la prestance de Quinault-Dufrène, le plus bel homme qui se put voir, au jeu de tous les acteurs, à ce coloris nouveau, à ce mélange de deux civilisations, qu'il avait eu l'heureuse i'iée d'introduire dans sa tragédie, à la vérité simple et facile d'un style évidemment moins fort que celui de Cinna, mais qui convenait à la mollesse du sujet. D'autres raisons concoururent encore à ce triomphe de Zaïre.
Si cette prétendue tragédie chrétienne émut les âmes sincèrement religieuses, les philosophes, plus pénétrants, ne tardèrent pointa s'apercevoir que les chrétiens, y remplaçant le traître lago d'Othello, n'y étaient guère que des gêneurs, des « empêcheurs de danser en rond», dont l'intempestive et fanatique intolérance faisait le malheur du généreux Orosmane et de la vertueuse Zaïre; et c'est contre le christianisme que le spirituel Voltaire leur sut faire applaudir la pièce que des couvents représentaient comme tragédie chrétienne.
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Mais surtout, Mesdames et Messieurs, Zaïre était, comme Roméo et Juliette, comme le Cid, comme Bérénice, comme Ber- »jflnr, comme Cyrano de Bergerac, une émouvante, une belle histoire d'amour ; et pour une belle histoire d'amour, quelle est la femme qui ne se passionne point ? Les dames ne se lassèrent point, nous dit J.-J. Rousseau, de courir en foule à celte pièce « enchanteresse ». Zaïre fut la tragédie des femmes, et elles y entraînèrent d'autant plus volontiers les hommes que la pièce, ajoute perfidement Rousseau, leur semblait d'un bon exemple : n'enseigne-t-elle pas aux hommes que les apparences sont le plus souvent trompeuses et qu'ils ne doivent jamais soupçonner sur des apparences leur femme ou leur maîtresse ? Utile aux honnêtes femmes, et aussi aux autres, Zaïre assurait donc la tranquillité des foyers. La reconnaissance féminine couronna de roses le poète ami des femmes, malgré les deux vers un peu durs pour le sexe qui terminent le troisième acte, et que Voltaire avait bien recommandé d'ailleurs à Quinault-Dufrène de couper, si la salle devenait houleuse.
Faire triompher à la scène une tragédie religieuse et tendre, quand on n'a S'ii-même ni religion dans l'âme ni presque aucune tendresse dans le cœur, c'était assez joli, déjà. Mais cela ne sulTit point à Voltaire, Cet homme extraordinaire avait toutes les sortes d'esprit, y compris celui des affaires. Il s'entendait comme personne à lancer ses produits et à faire valoir ses denrées : n'irat-il pas jusqu'à dédier son Mahomet au pape ? Qu'il eût été beau, de nos jours, en période électorale ! Quelle adresse ! Quelle faconde ! Quelle souplesse ! Quel beau dédain des vains scrupules ! Que de diplomatie pour écarter la menace d'un impôt sur le revenu qu'il n'eût jamais consenti de payer ! Il s'agissait de faire réussir Zaïre à la lecture comme au théâtre. Pour cela, la tragédie paraîtra précédée d'une énorme Préface, en prose et en vers, où un long éloge de Louis XIV sera la satire indirecte de son successeur. Le scandale aidera à la vente ; et Voltaire donne Tordre de tirer à 2.500 exemplaires, tirage élevé pour une époque où l'on ne commençait pas encore par le quarantième mille. lia la chance, sollicitée sans doute par des imprudences volontaires, que la police informée saisisse l'édition. lien est quitte pour refaire sa Préface, en l'atténuant un peu, et, grâce au bruit savamment fait autour de l'incident, la brochure a un débit énorme. Me Irompais-je en vous disant que Voltaire avait aussi l'esprit des atTaires?
Le succès de Zaïre ne fut pas seulement d'ailleurs un succès parisien et éphémère.
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La tragédie française inspirée par Othello fut deux fois traduite en anglais, comme le Cid français, imité d'un Cid espagnol, avait à son tour été imité en Espagne.
Un gentilhomme anglais sexagénaire, M. Bond, enthousiaste de Zaïre, la voulut représenter avec quelques amis : « dans la grande salle des bâtiments d'York, qu'il loua, nous dit Prévost, aussi cher pour une soirée qu'un autre bâtiment serait loué pour une année entière ». Bond s'était chargé du rôle de Lusignan et le dit avec tant d'émotion qu'il tomba évanoui en reconnaissant sa fille. Applaudissements répétés des spectateurs admirant le réalisme du jeu de scène. Mais en vain Châtillon, Nérestan, Zaïre, trompés comme le public, disent tout bas à Bond qu'il ne faut point abuser des meilleures choses et qu'il prolonge trop son effet. Bond semble ne pas les entendre, Ils le secouent. Horreur I Bond ne simulait pas un évanouissement. Bond est mort, victime de son admiration pour Voltaire ! Quelle réclame pour ^aire. Messieurs ! Et que ne donnerait pas aujourd'hui un auteur dramatique au tragédien qui consentirait d'en faire autant?
Naturellement un autre poète s'empressa de traduire à son tour Zaïre, et Voltaire prend plaisir à relater que cette nouvelle Zan'e anglaise a été fort bien interprétée « par une jeune actrice de dix-huit ans, qui n'avait pas encore récité un vers en sa vie », et par un gentilhomme, riche et honoré, qui n'a point cru déroger en faisant à côté d'elle le personnage d'Orosmane. De vrai, ils ont joué un peu à l'anglaise, sans garder cette mesure que nous aimons eu France : ainsi, quand le soudan vient, au quatrième acte, annoncer à Zaïre qu'il ne l'aime plus, il n'a pas été surpris le moins du monde de la voir aussitôt se rouler par terre, alors que le texte, un instant après, lui fait dire avec étonnement : w Zaïre, vous pleurez ! » Mais ces défauts d'acteurs anglais ne pouvaient nuire à la pièce auprès de spectateurs anglais.
Cependant, à Paris, le succès persistant àtZaire donnait tort à ce mot île La Harpe qu'en France « le premier jour est pour l'engouement, le second pour la critique et le troisième pourl'indifTérence ». En vain les Comédiens Italiens jouaient deux critiques de Zaïre, en vain un pauvre diable, Launai, ingrat protégé de Voltaire, en faisait représenter une parodie, en vain Jean- Baptiste Rousseau dénonçait dans un libelle l'impiété du poète, coupable d'avoir voulu démontrer dans sa pièce que la Grâce est impuissante contre les passions, critiques et parodie tombaient l'une après l'autre, le libelle restait sans effet, et la tragédie triomphante s'installait au répertoirt^. Elle y demeura durant
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toute la vie de Voltaire. Use plut lui-même jusqu'à la fin à jouer, d'abord à Cirey. puis à Ferney, le rôle de Lusignao, qu'il déclamait « avec une sorte de frénésie ». Celait son rôle favori, avec celui de Cicéron dans Catilina ; ici, il se redressait pour dire avec le grand orateur :
Romains, j'aime la gloire et ne veux pas m'en taire,
etlà,redoutanttonjours d'être, commela pauvre Lecouvreur, privé d'une sépulture en terre sainte, après s'être fait donner par le pape la charge de père temporel des capucins de Gex, il se rassurait en criant avec Lusignan :
Mon Dieu, j'ai combattu soixante ans pour ta gloire !
Quel effet, Mesdames et Messieurs, va tout à l'heure produire sur vous la vieille tragédie du jeune Voltaire ? Le temps n'auraitil pas disjoint les assises de l'œuvre pour se venger qu'elle ait été faite sans sa collaboration ? A celle question je crois voir Voltaire sourire de son ironique sourire. Le spirituel poêle a su faire la nique au temps même. Comme l'âme de Corneille, comme le cœur de Racine, l'esprit de Voltaire a créé une œuvre immortelle.
Sans doute la question de la Grâce n'a plus la même actualité qu'au temps où Voltaire écrivait sa tragédie ; sans doute « la croix de ma mère », la fameuse» croix de ma mère», attachée par lui au cou de Zaïre, a servi depuis à tant de dramaturges qu'elle va vous paraître un peu usée. Mais Zaïre est pourtant restée jeune malgré les siècles, parce que Zaïre aélé laite par un homme de théâtre qui connaissait admirablement toutes les ressources de son métier, parce que Zaïre est une pièce intéressante, parce que Zaïre est une pièce vivante.
Que de scènes attachantes et prenantes, que de scènes pleines de passion et de mouvement, où l'on sent que Voltaire a été pris par le sujet, qu'il a cru lui-même un instant « que c'était arrivé », et qu'il a été sincère, au moins durant le temps qu'il les a écrites I
C'est, au premier acte, le retour inopiné de Nérestan, qu'Orosmane avait laissé libre sur parole, et qui vient apporter la rançon de dix chrétiens et reprendre lui-même ses fers, et la belle réponse du soudan, qui, pour vaincre en générosité ce chrétien, lui rend sa liberté, ses richesses, et lui donne cent prisonniers au lieu de dix ; et c'est aussi le soupçon qu'un regard de Nérestan a suffi pour faire naître dans le cœur d'Orosmane,
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c'est le vers si adroit qui contient en germe la moitié de la pièce :
Je ne suis point jaloux.. . Si je l'étais jamais !
C'est, au second acte, la scène si théâtrale de la reconnaissance. Et je sais bien que cette reconnaissance s'opère un peu vite et sur des indices assez faibles, — moins faibles tout de même que ceux sur lesquels l'Electre d'Eschyle reconnaissait son frère : « Il a la même couleur de cheveux que moi et il chausse la même pointure. Donc, c'est mon frère ! » — Mais songez qu'ici la reconnaissance n'est pas une conclusion, un dénouement, comme dans Héraclius ; songez qu'elle est surtout un moyen, qu'elle contient en germe et n'est là que pour préparer la seconde moitié de la pièce, avec le cri de Lusignan pressant entre ses bras sa fille retrouvée :
Mon Dieu, qni me la rends, me la rends-tu chrétienne 7
et avec l'admirable couplet qui suit, où le poète donne si habilement l'illusion de la passion à l'aide de la topographie de Jérusalem, rappelée dans un beau mouvement emprunté au cinquième acte à'Horace.
Et, l'exposition achevée et la pièce nouée, que d'intérêt dans le malentendu tragique qui sépare les deux amants ! Que d'intérêt dans leur réconciliation passagère, rayon de soleil qui se glisse entre deux nuages noirs, alors que l'amoureux Orosmane veut encore croire à un simple manège coquet de Zaïre, et avec tendresse lui dit ce vers délicieux :
L'art n'est pas fait pour toi, tu n'en as pas besoin !
Que de mouvement dans le dernier acte, si animé, qui renferme dix scènes en deux cents vers, où le dénouement n'est point présenté dans le récit ordinaire, mais bien mis en action sous nos yeux, où la jalousie et le doute, le désespoir et le remords, qui déchirent le cœur du malheureux Orosmane, font que notre pitié va autant au bourreau qu'à la victime.
Oui, la tragédie chrétienne et tendre de Voltaire, si spirituellement combinée et conduite, est encore vivante et jeune, après cent quatre-vingts ans, parce qu'elle a le mouvement et la grâce, la grâce plus belle encore que la beauté, et qui, elle, ne vieillit jamais. Je ne doute donc pas qu'elle ne vous émeuve fortement, comme le maître Saint-Saëns m'écrivait ces jours derniers qu'elle
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l'avait ému fortement jadis à l'Odéon, comme elle m'a ému, il y a quarante ans, moi-même à la Comédie-Française.
C'était au mois d'août, comme la première de Zaïre, et j'étais encore sur les bancs du collège, comme beaucoup de mes auditeurs d'aujourd'hui . Malgré un Lusignan et un Châtillon quelque peu solennels et pompeux, pour ne pas dire pompiers, malgré un Nérestan qui s'obstinait fâcheusement à pleurer du nez, cette soirée m'a laissé un souvenir inoubliable. C'est, Mesdames et Messieurs, qu'Orosmane et Zaïre étaient représentés par M. Mounel-Sully et par M'"*^ Sarah-Bernhardt dans tout l'incomparable éclat de leur jeune talent, et, jouée par eux, la tragédie de Voltaire était toujours un enchantement. Avec quelle passion et quelle flamme M"= Sarah-Bernhardt, tombant aux genoux de Nérestan, jetait le fameux : « Frappe ! je l'aime 1 » Comme la prestance de M. Mounet-SuUy, non moins superbe que celle de Quinault-Dufrène, faisait valoir la majesté du soudan ! — Les Gobelins l'ont voulu reproduire dans une de leurs tapisseries fameuses. — Combien sa voix chaude et sonore ajoutait aux vers du poète de tendresse et de pathétique 1 Non, je crois que je ne me consolerai jamais que l'heure de mon train ne m'ait pas permis d'entendre le dernier acte, où le tragédien dut s'égaler aux plus grands dont s'enorgueillit la scène française, je dis même à cet admirable Lekain, que Voltaire déclarait ne pouvoir être surpassé dans Orosmane.
Nous n'avons aujourd'hui ni Mounet ni Sarah ;
mais nous ne sommes point tout de même à plaindre comme les convives dn Repas ridicule, puisque nous avons M. Chambreuil, majestueux et convaincu Lusignan ; M. RoUa-Norman, un croisé de fière allure, qui fait honneur à notre race, et l'excellent Grétillat, dont les rugissements donnent bien l'impression du superbe félin, tour à tour caressant et terrible, qu'a voulu peindre le poète dans le soudan Orosmane ; puisque enfin, à côté de M""^ Néith Blanc, une vraie tragédienne, qui n'a pas dédaigné le rôle de la confidente Falime, nous avons M"^ Briey, qui à la jeunesse, à la beauté et à la grâce de la Zaïre anglaise joint une diction déjà savante et le sentiment français de la mesure. Dans quelques années, lorsque ces artistes jouiront tous à leur tour d'un grand renom bien acquis, vous prendrez plaisir à dire : « Je les ai jadis entendus dans Zaïre, à L'Odéon. »
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