LT
Eh! Madame, Tchang-iu a tant d'attraits, sa figure est si ravissante ! Comment voulez-vous que je ne sois pas amoureux d'elle ?
LIEOU
Elle chante.
Vous aimez ces regards dans lesquels semblent se jouer les flots d'automne ; vous idolâtrez ces sourcils peints en noirs et délicatement arqués. Mais songez donc que ce front qui a l'éclat de la fleur Fou-Yang* cause la ruine des maisons; que cette bouche qui a l'incarnat de la cerise et du pécher dévore les âmes des hommes. Son haleine odorante exhale le doux parfum du giroflier : mais je crains bien que toutes ces fleurs ne se dispersent, et qu'un tourbillon de vent ne les emporte.
Vos craintes n*ontpas de fondement; au reste, mon parti est pris, je veux l'épouser.
Ainsi son parti est pris. Tchang-iu est introduite dans les appartements intérieurs, et, conformément aux rites, admise à présenter ses hommages à la femme légitime : c'est ici que la guerre éclate.
TCHANG-IU, appelant sur le seuil de la porte.
Monsieur Li! monsieur Li ! (a m. U qui sort de sa chambre.) Il faut que vous ayez les oreilles bouchées ! Je vous