MADAME TSAÏ
Ciel ! vous avez plus de quatre-vingts ans et vous ne 1. Oiseaux symbolisant Tamour conjugal.
savez pas en quoi consiste la pitié filiale! Eh bien! mener un vieillard à la lisière comme un enfant, voilà la piété filiale.
TSAÏ
Femme, que voulez-vous dire ?
TSAÏ-YONG
Mon père, je vais répondre à voire question. « Le devoir du fils^ c'est de prendre des précautions pour qu en hiver comme en été, ses parents jouissent de toutes les commodités de la vie. Il faut que, chaque soir, il dresse lui-même la couche sur laquelle ils reposent ; il faut que, tous les matins, au premier chant du coq, il s'informe, dans les termes les plus affectueux, de l'état de leur santé ; le devoir du fds, c'est de veiller sur ses parents quand ils marchent; c'est d'aimer ceux qu'ils aiment, d'honorer ceux qu'ils honorent. Un fils, tant que son père et sa mère vivent, ne doit point s'éloigner de la maison qu'ils habitent ^ ^ Voilà la piété filiale des anciens. C'est ainsi qu'ils pensaient et agissaient.
TSAÏ
Mon fils, tout cela, c'est ce qu'on appelle Siao-tsieï, ou les devoirs vulgaires. Mais il y a plusieurs degrés dans la piété filiale; tu n'as pas parlé jusqu'ici des grands devoirs, de la piété par excellence.
MADAME TSA!, exaspérée.
Malheureux ! vous n'êtes pas encore mort : attendez : c'est seulement alors qu'on pourrg le forcer à