Selon les poètes, elles ont le don de rappeler à la vie
TCHANG
Mon ami, que Tàge avancé de vos parents ou Tisolementdans lequel ils peuvent se trouver devienne l'objet de votre sollicitude^ cela se conçoit ; mais avouez da moins que votre père doit souhaiter que son fils illustre sa famille et ses ancêtres. Si vous ne profitez pas de la verdure et des beaux jours du printemps pour vous mettre en route, quand partirez-vous donc?
TSAÏ-YONG
Vous désapprouvez ma conduite^ seigneur, et...
TCHANG
Au surplus, voici voire père et votre mère; expliquez-vous.
MADAME TSAÏ, vivement.
Mon fils, je ne veux pas que tu emmènes ton épouse avec toi. Depuis deux mois qu'elle est mariée, Tchao amaigri de moitié. S'il faut qu'elle habite avec toi pendant trois ans, je prévois qu'à la fin la pauvre femme ne sera guère bonne qu'à mettre en terre.
TCHANG
Ah! madame Tsaï, voulez-vous semer la division dans votre famille, entretenir la discorde entre l'époux et l'épouse ?
TSAi, à son fils.
Mon fils, le concours est ouvert. Voici l'époque où le Fils du Ciel appelle à la capitale tous les hommes de talent. Puisque tu as fait tes preuves dans rassemblée du district, que ne vas-tu concourir pour un grade supérieur?
TSAÏ-YONG
Mon père, daignez m'écouter. Ce n'est pas que votre fils se refuse à partir. Hélas ! je ne suis retenu ici qu'à cause de votre grand âge, et parce que je prévois des malheurs. Quand j'aurai quitté la maison, dites-moi où est celui qui nourrira et servira mon père et ma mère?
TCHANG
Mes bons voisins, voici mon avis ; c'est qu'on doit exhorter le jeune bachelier à faire un tour à la capitale.
MADAME TSAl.
Seigneur, ignorez-vous que je n'ai pas dans ma maison sept fils ou huit gendres pour me servir? je n'ai qu'un fils au monde, voulez-vous qu'il m'abandonne ?
TSAÏ, à sa femme.
Ha femme, quelles paroles se sont échappées de votre bouche ? Si notre fils nous quitte pour aller subir ses examens littéraires, est-ce que nous n'aurons pas un jour dans notre maison des serviteurs en grand nombre?
MADAME TSAÏ, on colère.
Stupide vieillard, vos yeux sont obscurcis pa^r l'âge, vos oreilles deviennent sourdes, vous ne pouvez plus ni faire un pas ni remuer vos jambes. Quand vous aurez forcé votre fils à partir, s'il survient une inondation, qui viendra à notre secours ? Vous mourrez de faim, si vous manquez de riz; de froid, si vous n'avez plus de vêtements. Savez-vous cela?
TSAÏ
Paix! TOUS n'entendez rien à ces affaires-là. Lorsque moQ fils aura obtenu un mandarinat, nous aurons un autre train; nous changerons d'habitation, de manière de vivre... Il devrait déjà être sur la route de la capitale.
TSAÏ-YONG
Ha mère a raison; j'imagine que mon père ne méconnaîtra pas les égards...
TSAÏ
C'est cela, c'est cela; ta mère a raison, ton père a tort. (Au seigneur Tchang.) Je dcvinc sa peuséc ; je sais maintenant ce qui le retient ici.
TGHANG.
£t qu'est-ce donc, puisque vous le savez?
TSAÏ
Les charmes et les agréments de Tchao ont fait une vive impression sur son cœur, (ii chante.) Il ne rêve plus qu'à l'amour et aux douces voluptés de la couche nuptiale. Il ne peut plus s'éloigner du rivage de la mer; sa vue n'oserait point embrasser un horizon plus vaste.
TSAÏ-YONG
Mon père, vous me supposez des sentiments...
TGHANG, sourianU
Ah! ah! monsieur le bachelier.
(Il chante.)
Vous soupirez après l'indissoluble uoion du Youen et du Yang' ; vous êtes comme le phénix mâle qui ne veut pas se séparer de la compagne qu'il aime. Je crains bien que, dans votre s^euglement, vous ne préfériez la stupide immobilité de l'oiseau Ngo au vol audacieux de l'oiseau Pong.
TSAÏ
Oui, tu ne songes qu'au plaisir, et tu ne crains pas d'argumenter contre ton père.
TSAÏ-YONG
Ciel ! moi, tenir tète à mon père ? mes parents, est-ce votre fils qui oserait vous susciter des obstacles? Hélas ! je le répèle, je ne suis retenu ici qu'à cause de votre grand âge. Mon père, supposez qu'une inondation survienne ; que dîra-t-on? On dira d'abord que votre fils a manqué de piété filiale ; qu'il a abandonné son vieux père, sa vieille mère, pour courir après je ne sais quelle place, quelle magistrature ; ensuite on accusera mon père d'imprévoyance, on alléguera qu'il n'avait qu'un fils et qu'il l'a forcé d'entreprendre un voyage long, aventureux. Vraiment, plus j'y réfléchis, plus il m'est difficile d'obéir à vos ordres.
TSAÏ
Que tu n'obéisses pas à mes ordres, cela dépend de toi ; mais dis-moi un peu ce qu'il faut entendre par ce mot Hiao (piété filiale)?