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CHAPITRE XXXVIII

Charles Charton for ever.

Quelques changemenls odI été opérés dans le tableau de troupe de cette nouvelle année.

A la place de M. René Landais, régisseur, je vois M. Alphonse Keller.

Cette fois encore^ Paul Legrand est placé avant Deburau. ^

Sur une épouvantable scène, que vient faire Deburau, M. Billion promet que, Tannée suivante, c^est lui qui sera premier.

— Si je suis encore dans cette boîte, murmure Charles. Quelques engagements nouveaux : MM. Labranche, Raoul et

Gélimer.

Ce dernier prétendait descendre de Gélimer, le dernier roi des Vandales, que vainquit Bélisaire, le faux mendiant oriental.

Ce Gélimer était fort mauvais comédien.

Aussi, M. Billion lui dit, un soir :

— Mais, Monsieur, je vous ai engagé pour être bon . Gélimer lui répondit : Alors, je vois bien que je ne peux pas

faire votre affaire.

Et il s'en alla.

Quelques départs : Ferdinand, Jules Bazin, Etienne, Sauton, Champeau.

Le 1'' janvier on joua : Les Cadeaux du jour de Varif vaudeville en un acte par M. S' Preux.

Le 9 janvier : Piarre et Nicoulas^ duo chanté par MM. Orphée et Landais.

M. Landais, déchu de ses fonctions de régisseur, était resté comme comédien.

Le 12 février : Les inconséquences de Diane^ vaud. en 2 actes.

Le 23 février ; La fée Aurore, pantomime en i acte.

Ce même 23 février : Un coupe-gorge, vaudeville en i acte.

Ce soir-là. Pelletier, qui jouait le principal rôle de la pièce, avait bu beaucoup plus que sa part, et même que celle des autres. Aussi, se trouvait-il dans un état d'ébriété, que ne tarda pas à remarquer le public.

Il entremêlait ses phrases de hoquets signiGcatifs. Et, les titis habitués à ces sortes de rapports entre eux et leur comédien favori, s*en amusaient beaucoup.

Quand arriva le couplet au public, Pelletier, tout flageolant, entonna sur Tair du Lazzarone :

La force m'abandonoe... (hoquet).

Un titi : — Ah ! j'te crois !..

Malgré moi Je frissonne (hoquet).

Deuxième iili : — Eh ! bien va te coucher...

Et la mort me talonne.... (Là-dessus un hoquet formidable).

Premier titi : — T*es rien poivre, mon vieux Pelletier...

Pelletier, alors, lève la lête, dévisage son interlocuteur et lui 4it : Eh ! bien, toi, j*te vas rien soulever Tcul, en sortant.

Puis, il salue, soutenu par Guyon, au milieu des applaudisse* ments frénétiques d'un public en délire.

Peu de soirées se passaient, sans qu'il survînt des incidents de ce genre.

Le il mars : Un petit Coquin, vaudeville en 2 actes.

Le 15 mars: Pierrot et les Bandits^ pantomime en 9 tableaux.

Pierrot : Deburau.

Le 29 mars : Luciole^ vaudeville en 2 actes.

Le 13 avril : Le Bavard et V Entêté^ vaudeville en 1 acte.

Le 6 mai : Arcadius ou Pierrot chez les Indiens, pantomime en 11 tableaux, par Charles Char ton.

Pierrot, valet de Fernando Deburau.

Arcadius, surnommé le Grand Esprit.,,. Amable.

RolaOf chef indien PhiUppe.

Congo, vietix nègre Vautier.

Zaco, son fils Dérudder.

Zaougni, sous-chef indien Laplace.

Zaougna, id. id Antoine.

Fernando, capitaine espagnol Alexandre.

Balsamo, officier Orphée.

Rodrigue, id Landais.

Cora, fille de Rolao M»«« Lefebvre.

Isanie, sa sœur et danseuse Thérèse.

Italie, id. id Georgina.

La scène se passe en Amérique ^ du temps de Christophe Colomb.]

Dans la brochure d'Arcadius, éditée par Dechaume, je relève :

Premier tableau : La demeure du Grand Esprit des Indiens, espèce de salle gothique allemande dorée, fermée au fond par des rideaux de soie.

Que penser de cette salle gothique allemande dorée, chez les américains de Christophe Colomb ?

Si Christophe Colomb a découvert TAmérique, je crois que Charles Charton ne le lui cède en rien, lui, qui découvre chez ces peuples neufs, Tart gothique allemand.

Deuxième tableau : La vieilU tente de Fernando.

Dans cette vieille tente, Fernando dit à ses officiers espagnols :

— Messieurs, en devenant Tépoux de la belle Cora, tous les Indiens me seront dévoués.

— Balsamo : Il en est un, que vous ne soumettrez jamais.

— Fernando : Tu veux parler d'Arcadius ?. . . Je me fiche de lui !.,. 11 fera ma volonté comme les autres, vous en aurez bientôt la preuve inextinguible,

La garde amène Cora et son vieux père. La douce ^auvagesse demande à son futur s*il est toujours disposé à Taimer ? Et sur la réponse affirmative de l'Espagnol, elle lui envoie des petits baisers et autres m'amours.

Pierrot introduit Arcadius avec pompe.

Fernando: Eh I bien, Arcadius, surnommé le Grand-Esprit, aurais-tu la bêtise de refuser de bénir mon union incandescente avec la belle Cora ?

Arcadius : Où vous a fait des cancans sur moi. Pour vous prouver combien je suis bon enfant, je vous fiance incontinent Tun à Tautre.

Il leur unit les mains. Surprise espagnole et indienne.

Fernando ému : Arcadius, je ne serai pas moins généreux que toi. A compter de ce jour, je te fais caporal des zaïqui.

Nouvelle surprise espagnole et indienne.

Fernando : Viens recevoir les insignes de ton grade. Passons dans un autre appartement, où nous donnerons une petite fête.

Arcadius^ avec mystère, à ses nègres : Pendant la fête, vous vous déroberez  tous les regards, et vous irez mettre le feu aux tentes espagnoles. Motus !...

Ne croyez pas que j'invente? Tout cela est imprimé. D*un autre que Charles Charton, on pourrait croire à une parodie , mais Charles Charton était un convaincu, qui écrivait tout ce qu'il pensait, et pensait tout ce qu'il écrivait.

Veut-on une autre indication de décor, qui est loin de le céder aux précédentes ?

Troisième tableau : Un palais indien, composé de plusieurs arcades et ouvert dans le fond, sur des jardins Asiatiques.

Que l'on n'oublie pas que nous sommes toujours dans l'Amérique, Au temps de Christophe Colomb.

Et le scénario du tableau commence ainsi :

Un superbe cortège américain et andalou, entoure les heureux fiancés. Arcadius prend un air bonhomme et les unit complètement.

Je voudrais m arrêter. Je ne puis, devant l'indication du cin-

quième tableau : « Un site africain^ avec une montagne en pente, »

Et ce site africain se trouve, plus que jamais, en Amérique, à côté des jardins asiatiques^ que j*ai cités plus haut.

Il faudrait tout reproduire.

Je me contenterai de signaler dans le sixième tableau : « Un palais gothique avec des vasistas, » Dans le septième : « Une place asiatique. » Dans le dixième : « Une caverne lugubre et mal éclairée. » Dans le onzième : a Une chaîne de montagnes, baignées par la mer Caspienne !

\oilci l'Amérique découverte par Timmortel Génois, telle que la présentait au peuple français, le théâtre des Funambules.

Le 8 juin : Pierrot et les Bohémiens^ mimodrame en 15 tableaux (reprise).

Pierrot : Paul Legrand.

Le 9 juillet : Pierrot à deux faces^ pantomime en 8 tableaux.

Pierrot : Ch. Deburau.

Tout Tété, on ne fit que des reprises. Bamboches et Taloches^ Jacq-TroiS'Doigts, Pierre le Bouge, revirent « le feu de la rampe » suivant expression consacrée.

Enfin, le mois de septembre apporta une grande nouveauté. Le 10, on donna : Les Joujoux de Bric^à-Brac, pantomime en 15 tableaux et à grand spectacle, par M. Vincent-Rimbert de Neuville.

Divertissements de M. Vautier, mise en scène de M. Charles ; machines de M. Auguste Manigaud.

DISTEUBUTIOM

Pierrot MM. Ch. Deburau.

Bric-à brac Paul Legrand.

PoUchiuelie Vautier.

Arlequin.. Dérudder.

Satan Etienne.

Barbastoul Alexandre.

Tournesol Victor.

Roff Landais.

Un vampire Amable.

Un marchand de parapluies Philippe.

Cassandre Antoine.

Léandre Orphée.

La Mort Philippe.

Une cuisiDiëre Laplace.

BengaU M"»« Saint-Ys.

Chimique Lefebvre.

Hélène Thérèse.

M™« Satan Thierry.

La fée des ondes Delphine.

Colombine 1 Georgina.

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LES PUNilMBULES 373

Une hôtesse M»** MaDcini.

Cacao Amélie.

Vieilles femmes, petits sapeurs pompiers, paysans, lutins, démons, souris, nymphes.

I*** tableau : Le cabinet de Bric-à-brac,

Lee joujoux.

L'envoyé de Satan.

Le c hâte t.

Lhôtelterie,

Ils sont dans te pétrin.

L'intérieur de ta terre,

Venfer,

Le glacier.

Le retraite de Cassandre.

Le champ de batailte.

Le boudoir de Bengali,

Le palais du Génie dans les Indes,

Dans tes catacombes, 15* id. Le fond d'un fleuve.

Il se chantait des ruisselades de couplets dans celte pantomime. J*y cueille, ou recueille cette ronde :

Air : Nouveau

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