ROFF
Entrer pour rien au spectacle, Ou voir enrver des ballons ; Sans craindre le moindre obstacle Aller coucher sous les ponts....
Eh ! tire lir^ U la la etc. etCt
BARBA STOUL
Du crédit chez la laitière.
Des fontain'e qui donnant du vin.
De Tusag' chez un'portiéref Du sang d*porc dans un boudin....
Eh I tire lire la la la etc. etc.
Nous avons affaire ici, à uq auteur facétieux. J'en donne pour preuve, le texte de son qiuitorziême tableau.
Nous sommes dans les catacombes!... D'abord on aperçoit.... Brrr!.. Pierrot vous le dira ; le malin compère s*en acquittera mieux que moi. — Ah ! bah ! — Deux fantômes se présentent. — Pierrot les rosse. — La mort survient : il lui passe la jambe et l'envoie... bien loin. Enfin, Pierrot est.. . Tiens, il est arrêté 1 Eh ! bien j*étais loin de m'attendre à cela. Et vous ? — Continuons, Monsieur I — Avec plaisir Madame.
QUnfZfÂIIK BT DERRRRRN1BII TABLBAU
Grande réunion. — Bric-à-Brac, pris entre deux eaux, capipi... capitule.
On se prend les mains, on s'embrasse, tout le monde est content ; on doit rètre, et.... bonsoir la compagnie.
Comme on le peut voir, M. Vincent-Rimbert de Neuville était un écrivain beaucoup plus réjoui qae réjouissant.
Le 20 septembre : Gaspard, vaudeville en 1 acte, joué par Labranche, Raoul, M"" Delphine et Augusta.
Le 6 novembre : La Clé des Songes^ pantomime en 13 tableaux, par M. Octave.
La brochure, éditée plus que jamais par Dechaume, porte, comme indications générales, à la suite de : pantomime en i3 tableaux : cinblée de coups de pied et de pas mal de calottes, assaisonnée d'un ours et d*un éléphant^ farcie de voyages, de naufrages et de sauvages, pleine d'esprit et de coups de bâton^ et remplie d^un tas de choses, même de sens commun.
Pierrot MM. Paul Legrand.
CaRsandre Laplace.
Lé&ndre Orphée.
Colombine M"»«» Georgina.
Claudine Thérèse.
Un aspirant de marine MM. Vautier.
Un Jean-Jean ^
Un marchand de bric-à-brac > Dérudder.
Un porteur d'eau )
Un huissier Alexandre.
Un chef de sauvages ) „. ...
Un marchand d'habits S f nmppe.
Un chercheur d'or Amable.
Un témoin aveugle Antoine.
Un témoin invalide > Landais
Un employé de chemin de fer )
L'auteur de cette pantomime, M. Octave, est un véritable écrivain, étant donné les fournisseurs habituels des Funambules.
J'excepte, de ces fournisseurs, Champfleury, le maître k tous.
La pièce se passe, peut-être à tort, mais, à travers un songe.
Dans une sorte de prologue. Pierrot riche veut épouser la coquette Cpiombine, fille de Cassandre, dédaignant Tamour de sa sœur de lait, la pauvre Claudine, orpheline, recueillie et élevée par lui.
Au moment de signer le contrat, un des témoins, brave invalide, qui a les deux bras coupés, ne peut signer et pour cause.
Léandre, l'amant préféré de Colombine, déguisé en notaire, profite de cette lacune, pour faire remettre la signature du dit contrat au lendemain.
Pierrot resté seul s'endort.
Alors, dans son rêve, il se voit marié à Colombine, dépensant sa fortune pour lui plaire, pendant que celle-ci se livre entièrement à son cher Léandre.
La brochure est semée de traits du genre suivant :
Avis aux gens qui prennent des femmes sans en être aimés, et aux pères qui marient leurs filles malgré elles.
Pierrot et sa famille partent en Californie. Une tempête se déchaîne et le vaisseau sombre en vue d'une côte.
Pierrot qui sait nager, se sauve, et tombe au milieu de sauvages qui veulent le manger. Il est sauvé par des chercheurs d'or européens, qui mettent en fuite les sauvages.
Il retrouve alors sa femme et son beau-père, que Léandre a préservés de la mort.
Bref, dans cette Californie, tant vantée, tant désirée, l'objet de tant de rêves. Pierrot est attaqué, pillé, volé, brûlé, ruiné et Léandre s'enrichit.
Ils reviennent en France.
Mais, que de déboires attendent encore le pauvre Pierrot!.. Il vend son hôtel ; son mobilier est saisi. Il n'a plus d'habits. Colombine, lui rendant ingratitude pour ingratitude, l'abandonne ouvertement en faveur de son rival.
Pierrot, dans une mansarde, couché sur un grabat^ sans feu.
sans pain, va en finir avec la vie ; mais la Claudine abandonnée veille sur lui, et le retient, au moment où il s'élance par la fenêtre.
C'est sur ce jeu de scène, que fîuit le rêve.
Pierrot s'est réveillé en sueur. Il se tâte, il doute encore, rassemble ses idées, comprend la leçon que le Ciel lui a envoyée, par cet affreux cauchemar, revient à la raison et, dédaignant ColombinC; épouse Claudine.
La brochure conclut ainsi :
C'est au vidage que la noce aura lieu. C'est dans la paix et la simpUcité des champs que s'écouleront désormais leurs jours.
Converti par leur exemple. Cassandre lui-même, l'avaricieux Ca9sandre comprend qu'il ne faut pas séparer les cœurs qui s'aiment, et marie Colombine avec Léandre :
Ce qui prouve assurément Que femme aime son amant.
Mais son mari... pas souvent.
Finalement, que les songes Ne sont pas toujours mensonges ; Qu'a celui qui rêve chat Femme fidèle sera ; Mais que si vous rêvez chien, Je ne réponds plus de rien.
Le 10 novembre : Vingt ans après, vaudeville en 2 actes. Le 19 novembre : Français et Troubadour. Le 27 novembre : Pierrot sorcier, pantomime comique en 10 tableaux, par M. Charles.
La scène se passe sous Louis XIV.
Pierrot, sorcier, fils de Nocadamus MM. Deburau»
M. de Bissac Alexandre.
Arthur, son fils Vautier.
Nocadamus, puissant génie, sous la figure
(Cun vieux bohémien Philippe.
Mathurin, jardinier Laplace.
Gros-Pierre Dérudder.
Mercour, intendant Antoine.
M™« de Bissac M™«* Lefebvre.
Juliette, fiancée de Gros-Pierre Georgina.
Quatre invalides, un tabellion, gardes-forestiers, bourreaux,
paysans, paysannes, nymphes.
Cette fois, Charles Charton s'est amendé. Les perles, qui prenaient corps sous sa plume féconde, deviennent plus rares ; l'orient en est moins vif.
Plus de ces granules irisés, dont Téclat chatoyant nous charmait l'œil, voire Toreille et Tespril.
De temps en temps, cependant, Taccident morbide se produit, la sécrétion nacrée reparait.
Je n'aurai garde d'en priver le lecteur :
Juliette, la tille du fermier Mathurin, aime Arthur et est aimée du fils du marquis de Bissac, lequel est naturellement opposé à cet amour.
Mathurin^ d'accord avec M. de Bissac, veut unir sa 011e au paysan Gros-Pierre.
La noce est commandée, le tabellion attend, quand survient Pierrot, un jeune sorcier « qui n'est pas encore arrivé au grade de magicien ». — Ainsi le dépeint Tauteur. — « Dans le régiment des Génies, il est, comme qui dirait, un caporal du centre ».
Voilà donc Pierrot se transformant en valet, en marquis, en notaire, en invalide, en garçon marchand de vin, en débardeur, en pâtissier, en magicien, en bourreau, en grand seigneur, pour protéger les amoureux, auxquels il s'est dévoué.
Dixième tableau. — La salle des tortures est remplacée par un palais asiatique^ (M. Charles en tient pour TAsie) de la plus grande beauté.
M»* de Bissac est rendue vivante, aux caresses de son vieil entêté d*époux, dont le caractère 8*est subitement adouci.
Nocadamus est redevenu un génie suprême.
Pierrot a revêtu un riche costume, de caractère : il le mérite bien, lui qui en a tant montré... de caractère.
Les nouveaux époux viennent embrasser leur bienfaiteur Pierrot, qui les serre sur son cœur et les conduit à l'autel.
Tout le monde s'agenouille. Le génie Nocadamus bénit les assistants.
Flammes de Bengale.
Ainsi se termine cette pantomime, dans laquelle, on le voit, M. Charles, gagné, sans doute, par l'exemple de M. de Neuville, a voulu, lui aussi; se montrer facétieux.
Le 30 décembre : Le vieux et le nouveau Paiis. revue en 8 tableaux, de M. Auguste Jouhaud.
La revue de Tannée précédente, du même Jouhaud ayant obtenu un succès honorable, et, par conséquent, rempli la caisse de M. Billion, Thabile directeur s'était, cette fois, moins fait tirer l'oreille pour accepter celle-ci, malgré le surcroit de dépenses que ce genre de spectacle entrainait.
M. Billion avait engouffré dans la revue nouvelle, près de huit cents francs]... somme colossale pour lui. Aussi disait-il à l'auteur :
— Hein !.. j'espère qu'on n'a pas lésiné !.. Aussi, n'est-ce point
UQ succès aladin (il voulait dire anodin) qu*il nous faut ; mais un triomphe vertigieux.
Voici la complète distribution de : Le vieux et le nouveau Paris.
Le vieux Paris MM. Labranche.
Richard lll \
Petit Pierre [ Paul Legrand.
M»« Chicorée )
Un bourgeois
Un guerrier { Pelletier.
Un curieux
Un paveur
Poussier
Le roi Mignonet. > Alexandre.
Luidgi
Un monsieur
Un maçon
Laflûte r^ UA
Brigou ^ ^^^^^-
Un peintre
Un décrotteur
La statue d'Henri IV { Landais.
Jean
Beaujonc ) i? x
Ernest \ "-"««t-
Lacave ) ,
Camion ] «"«»«••
Un régisseur Victor.
Un vieux monsieur Antoine.
Un danseur Dérudder.
Le nouveau Paris M™«* Saint-Ts.
Lutèce ) A ♦
La halle aux habits } Augusta.
La rue de Rivoli ) r^ • u-
Jeanne \ Delphine.
La rue de la Tixerandrie ) j r \>
Madame Citrouillard ) Lerenvre.
La mère Radis Thierry.
Une demoiselle de paveur ) k av
Une ÛUe de boutique ] Amené.
La frégate-école Mancini.
Première danseuse Thérèse.
Deuxième id Georgina.
Cette revue n'eut pas le succès de la précédente. Elle fut écrasée par celle du théâtre voisin, Tancien théâtre des Acrobates, devenu le théâtre des Délassements comiques : Le Bonhomme Dimanche^ qui fut jouée plus de cent fois. Chiffre de représentations, énorme pour Tépoque.
Aussi, M. Billion sacrait-il toute la journée après Jouhaud, qu'il disait être un a intalentier 9. Ce mot signifiait pour lui sans talent.
Par la suite, il se vengea de Jouhaud, en taquinant le pauvre homme, fort ennuyé de ne pas voir Isménie le rendre père.
M. Billion le poursuivait chaque jour en lui demandant : Eh ! bien, et Isménie? Rien de nouveau?..
— Non!
— Que voulez-vous, elle n'est pas faite pour l'infanterie.
Cela voulait dire que M"* Jouhaud n'était pas construite, pour produire des enfants.