L* Avocat des Pauvres, à la Gaité
Voici les indicatîoDS que donne programme vendu dans la salle .
\o — Ud6 forêt. — Un .pistolet qui part. — Uo arbre qui fait le service d'omnibus.
2« — Une place publique a Séville.
30 Uq salon chez Sottinez où la maU et les chaises sont enchantés..., de faire des niches à ce bon M. Sottinez.
4<> — Une ferme coquette, ou la nouvelle Belle-au-bois-dormant.
50 -~ Le boudoir des sorciers. — M. et M»< Merlin sont très méchants. Mais, le Génie du bien, qui est très gentil, donne un rendez-vous à Madame Merlin dans un bosquet, où le petit Génie gagne son procès.
50 Carrefour des mauvais génies, ou la marmite du Diable.
70 ^ Uq jardin avec portes et kiosques magiques.
80 Une auberge. — Madame Merlin tient parole au petit Génie, qui fait cuire et manger le pied & Crétinos et le met lui-même à la broche.
9« — La Prison. — Don Crétinos pleure ses péchés. — Un juge qui est aimable^ (toujours la même plaisanterie sur le nom d'Amable) le condamne à être brûlé vif.
100 Le bûcher, qui est à la place où est morte Paquita, donne des regrets à Crétinos.
11» — Apothéose ! — Mariage général par le bon Génie. — Embrasement de la scène par les flammes du Bengale.
Cette féerie amusa, mais n'attira pas la foule.
On reprit Barbe-Bleue. Reprise perdue.
Le 30 janvier: La LorgnetlCy vaudeville en 1 acte par J. Renard.
Enfin, le il mars, on décrocha la timballe avec : Ijs Soldat Belle- Rose y pantomime en 7 tableaux par Ch. Charton, le victorieux pugilaleur des succès funambulesques.
DISTRIBUTION
Le Major Petrowski MM. Lenfant.
Le Boyard .MikalolT Vautier.
Sua intendant Desmares.
Le soldat Bellerose — ' ; . ; Amable.
Clairette, sa femme M»« Thérèse.
Polino, son fils MM. Amable fils.
Pierrot, garçon (t auberge Kalpestri.
Un brigadier Bardou.
Un domestique Bunel.
Un guichetier Jean.
^ j » • ( Alexandre N.
Garde-Framjaises J ^.^^^^^^
Le manuscrit donne comme indication : La scène se passe en Russie sous Pierre /" ou sous Catherine IL
Cette fois, Tinimitable Charles nous fait jongleravec les époques, comme, ailleurs, il nous a fait voir les Lagunes à Naples et le beau Danube bleu aux pieds du Vésuve.
LES FUNAMBULES 4i5
Pierre I*' régna sur toutes les Russies jusqu'en 1726, et Catherine II en 1770.
Mais, peu importait au brave homme. Ce n'était rien pour lui que Técart (Fun demi-sièclé ?.. Rien !... Il eut aussi bien écrit: La scène se passe sous le règne de Louis XIV, ou de Louis XV.
Qu'est-ce que le soldat Bellerose, dont le nom semblerait faire croire que ce brave militaire a dû naître sur les bords, plus ou moins fleuris, de la Seine ou de la Marne?.. Un grenadier russe !.. Et^ si vous aviez demandé à Charles Charton pourquoi ce Russe s'appelait Bellerose, il vous eût certes répondu: Pourquoi s'appellerait-il autrement?..
Le grenadier Bellerose est marié et père. Un vieux boyard, que Ch. Charton nous présente sous le nom de Mikaloff, s'éprend de la femme du grenadier. Aidé de sou intendant, le vieux boyard enlève ou plutôt veut enlever la belle Clairette.
Le même Charles Charton admet, sans y chercher malice, qu'une femme peut aussi bien s'appeler Clairette, sur les bords de la Neva, qu'à la halle au poisson de Paris.
Mais, Mikaloff et son intendant sont empêchés par Bellerose, qu'est allé prévenir Pierrot. Le grenadier, qui était de faction, campe Pierrot de service à sa place, et s'empresse d'accourir pour protéger sa femme et son enfant, le petit Polino.
Charles Charton a jugé que Paul devait, en langue russe, se traduire Polino.
Le boyard, furieux de voir sa tentative avortée, fait arrêter le soldat, coupable d*avoir abandonné son poste , et veut le faire condamner par le major Petrowski.
Mais, Clairette, aidée de son fils Polino, que le traître a fait enlever et revêtir de riches vêtements, pour attirer chez lui, celle dont il veut absolument faire sa maîtresse. Clairette, dis-je, menaçant le vieux drole d*un pistolet, lui fait écrire, qu'il ait à se désister de sa plainte, à la retirer et à accorder à Bellerose, comme indemnité, une somme de 2000 francs :
Et, voici comment conclut le manuscrit de Ch. Charton.
Polino semblé dire au boyard en le narguant : Monsieur, je vous remercie de vos beaux habits. — Puis il lui en ratis!>e !... Le marquis (car le boyard est aussi marquis) veut le corriger ; mais, Pierrot lui présente le pistolet.
Alors tout le monde rit.
On le voit, Ch. Charton bouleversait les mondes, les époques ; mais ne bouleversait en rien sa façon d*opérer. Le 2 avril, on joua La Comète, vaudeville en i acte.
Le % avril : PietTot trop aimé, paixtomime en 3 tableaux dont voici la distribulion :
Piffendorf MM. Frédéric.
La Duchesse Desmares.
Pierrot Kalpestri.
Cab^andre Bertotto.
Un valet de ferme Gustave.
Golombine M»* Lavau.
Un ténor de salon MM. Vallier.
Un cocher Jean.
Un geôlier Bunel.
Un Bourgmestre Antoine.
Mlles Evelina.
Virginie.
Paysans et domestiques.
On peut s^apercevoir, par ces noms d'artistes, très inconnus, que les Funambules possédaient une troupe, presque entièrement reconstituée.
Le 18 avril : Les Faneurs, vaudeville en 2 actes.
Le 24 avril : Jocrisse ou les Infortunes d'un Coiffeur, balletpantomime en 4 tableaux par Vautier.
Pierrot MM. Kalpestri.
Boniface Delaquis.
Le Marquis de Boissec Desmares.
Un bossu Vaiihé.
/ Secretin.
Un groom nègre > ou (1)
\ Bunel.
Un invalide Berttoto.
Un sous-officier de garde-française . Gustave.
Deux garde-françaises | ^^^^^'.^^
M™« de Boissec M««» Léontine.
Jeannette Thérèse.
Un Sage Kalpestri ou Lavau.
Un nouvel artiste, M. Delaquis, vient renforcer la troupe des mimes. Delaquis arrivait des Folies-Nouvelles, où il doublait Paul Legrand dans l'emploi des Pierrots.
Delaquis était un théoricien, je ne dirai pas des plus profonds, du moins fort excentrique. Il ne parlait que par parabole. On eut dit un prophète catéchisant.
Une de ses théories était celle-ci :