M. Samson, de la Comédie Française
2" La grande Tante, de M"** Caroline Berlon*. M. Goby jouait également dans cette pièce.
3* La Gigue américaine, dansée par M. Dérudder.
4^ Le Retour de Pierrot, pantomime jouée par Charles Deburau, Dérudder et Négrier.
Quelques habitués des Funambules désertèrent encore la salle du boulevard du Temple, pour aller revoir Deburau et sa troupe.
Le 29 juin, MM. Dautrevaux et Angrémy donnèrent la première représentation de : Les Canotières de la Marne, vaudeville en 2 actes.
C*était pour contrebalancer Ténorme succès qu'obtenaient aux Folies- Dramatiques Les Canotiers de la Seine.
Les Canotières ne coulèrent pas les Canotiers, et firent, dès la quatrième ou cinquième représentation, un plongeon, dont elles ne revinrent pas.
Le 9 juillet, on reprit : L'Ours et l'Amateur des Jardins, vieille pantomime en 1 acte.
Gustave Yautier, fils du célèbre Polichinelle, débuta dans le personnage de TOurs.
Vautier fils sut se faire apprécier comme clown, plutôt que comme mime.
Rompu à toutes les souplesses du corps, à tous les tours d*équilibristes et de jongleurs, il pouvait aussi bien faire Lkomme serpent que le Prestidigitateur indien.
Vautier père, dans ses notes, a écrit sur son fils :
Gustave Vautier est né sur lep plaur.he9. C'est un enfant de la balle. 11 serait curieux de compter le uombre d'ours, de singes, d'autruches et autres animaux dont il a endossé la fourrure.
Vous rappelez- vous, dans Peau-d'âne, à la Gatté, cet orang-outang qui faisait si bien la culbute ? C'était Vautier fils. Il a parcouru toute la province, il a tenu l'emploi dans les principaux théâtres et Alcazars de France. Et notre aimé et charmant Ch. Deburau Ta exhibé aux quatre coins du monde.
Le5août: LaFêtedes tfarirtiers, pantomime-ballet en 3 tableaux.
Le !•' septembre, les Folies-Nouvelles rouvrirent leurs portes avec Paul Legrand, Cossard, Laplace et Vautier dans les Folies- Nouvelles, peintes par elles-mêmes, à-propos de Charles Bridault.
C'était le dessus du panier des anciens Funambules, transporté en face. Donc la concurrence redoutable, implacable qui recommençait. ^
1. Mb* Caroline Berton était la fille de M. Samson et la femme de M. Berton père, du Gymnase.
MM. Dautrevaux et Angrémy luttèrent quand même ; Targent de M. Fléchel fondit dans leurs mains, et, le 8 septembre, ils donnaient : Monbars C Exterminateur^ pantomime en 6 tableaux et à spectacle :
lot
tableau :
: V auberge de Pierrot,
id.
Ozaï Vindien,
id.
Pierrot et le flibustier.
id.
La famille du colon.
id.
La citetme.
id.
Pierrot libérateur.
DISTRIBUTION
Monbars, surnommé VExterminaieur^ chef
de flibustiers, M ans MM . Philippe.
MorgaD, lieutenant de MonbarSy 40 ans Devio.
Ozaï, indien recueilli par MonbarSj 30 ans., Amable.
Laroupie i \ Joseph.
L*e8claye J flibustiers j Vallier.
Lecornu ( ; Jean.
Doin Lopez, riche planteur, 50 ans Delaquis.
Antonia, sa femme, 35 ans M"»« Lefebvre.
loès, fille de Don Lopez et d'Antonia, 15 ans M"®* Adèle
Don José, fiancé d'Inès, 17 ans Thérèse
Pierrot, maître de posada, 30 ans Kalpestri
Johanna, sa mère, 45 ans M™« Augiista
Alvarez, lieutenant de troupe, 30 ans Bunei
Marquitta, jeune créole au service de Pierrot. M"« Baroux
Un négrillon -. Amable fils
Soldats, flibustiers, colons, créoles.
Je n'entreprendrai pas le long et indigeste récit de la lutte qui se livre, pendant ces six fastidieux tableaux, entre la famille Don Lopez^ protégée par flndien Ozaï, et le terrible boucanier Monbars.
Qu'il suffise au lecteur de savoir, que la vertu est récompensée et le crime puni, comme cela doit se passer dans tout bon mimodrame ; et, que le méprisable Monbars périt sous les coups de bâton de Pierrot, ce qui est vraiment une mort indigne d'un aussi digne brigand.
Le 7 octobre : La-i-tou et Tra-la-la, folie-vaudeville en 1 acte, par Ch. Blondelet et Michel Bordet.
Michel Bordet, qui devait, quelques années plus tard, débuter comme comédien au théâtre de Belleville, devint, de même que Yinet, un des fournisseurs attitrés de Ch. Blondelet.
Blondelet, très remuant, hardi comme deux pages... de Berlioz, mais moins savant, concevait une idée, la portait
434 LES FUNAXmJLES
aussitôt à Vnn de ses deux fabricants, Vinet ou Michel Bordet, et trois jours après, l'idée avait pris corps, sous forme de pièce, que Blondelet courait présenter au Lazarri, aux Funambules, ou à Bobiao. Il s'acharnait sur le directeur et ne le quittait que lorsque, obsédé, fatigué, brisé, n'en pouvant plus, le pauvre imprésario lui avait accordé la réception de sa pièce.
A ce point, qu'un jour, M. Coleuille, directeur de Bobino, devenu le théâtre du Luxembourg, lui avait dit : Prenez garde, mon cher Blondelet, il y va de votre vie. J'ai toujours de Ton guent mercuriel sur moi.
Blondelet ne se froissa pas de cette plaisanterie de mauvais goût, et revint le mois d'après, présenter deux nouveaux manuscrits.
Sa collaboration, somme toute, en valait une autre. Il savait placer. Michel Bordet est mort le 18 mars 1892, à l'hospice de Saint-Mandé.
Voici la distribution des deux rôles de La^i^tou et Tra-la-la :
Cocatriz La-i-tou MM. Hubel.
Paul Gerbaud, sous le nom de veuve Tra-la-la Forestier.
Ce petit vaudeville, en un petit acte, fut un gros succès. Le 21 décembre, on joua : Voyons cque cest^ vaudeville-féerie en 2 actes, par M. Auguste Jouhaud.
DISTRIBUTION
Phare Vï MM. Frédéric.
Bec de gaz Dubois.
Lampion, confident de Phare. Rubel .
Le sire de Bel-Œil Servien.
Garcelle M"»«» Julien.
Toquandine Aona.
La fée Nicoline Augusta.
Fleur-des-Pois Eugénie Palais.
La Brioche Leroy.
La Galette Maria.
Le Réveillon Thérèse.
Le Grand Café M . Hippoly te.
Cette revue, car c'en était une, n*a pas été éditée ; mais M Dechaume en avait fait imprimer les couplets et rondeaux, qu'il vendait lui-même dans la salle, au prix de 25 centimes, à la condition que son nom, accolé à sa qualité d'éditeur, serait cité dans le courant de la pièce, et jeté ainsi aux oreilles indifférentes du public.
Blondelet accepta. L'opuscule parut.
J'en possède un exemplaire, ce qui me permet de reproduire ici, quelques-unes de ces étonnantes poésies.
Le Punch-Grassot venait de faire son apparition chez les liquoristes en renom, inventé, disait hautement l'excentrique comique du Palais-Royal, par un moine italien qui lui avait cédé sa recette.
Et, Lampion, un des personnages de Voyons c'quec est, chantait sur Tair des Cosaques, le grand succès de la Gatté :
Sans plus tarder, vite emplissez mon verre.
Je me méfi' surtout d*la nouveauté ;
Eu le goûtant, vrai, je serai sincère,
Je vous dirai s*il doit être vanté.
Versez I Versez ! c'est par trop d arrogance
De supposer qull ne peut être bon.
Quand rPunch-Grassot vient d'envahir la France ) . .
Versez en donc à chacun un canon. {
Les deux derniers vers des couplets qui se chantaient dans les Cosaques, étaient :
Quand Vétranger ose envahir la France,
Il faut danser à la voix du canon. ^
Aussi, la parodie de ce refrain soulevait -elle beaucoup d'applaudissements.
Dunan-Mousseux, un journaliste d*infiniment d*espril, avait inventé la Revue-réclame. Moyennant une forte prime, que lui allouait un inventeur, un débitant, un peintre, un marchand de bimbeloterie ou de salade, le joyeux Dunan-Mousseux, dans les revues qu'il faisait jouer sur les petits théâtres, glissait un calembour, un mot, un couplet, voire une tirade, selon l'importance de sa perception, rappelant au public le produit ou Tinvention, pour lesquels le débitant avait été primé.
Il se faisait ainsi d excellents revenus. Ce qui n'empêcha pas le brave et spirituel garçon de mourir très pauvre.
Blondelet ne manqua pas de s'emparer du truc, conçu par Dunan-Mousseux.
L'inventeur du Punch-Grassot — pas plus Grassot que le moine italien — mais, un simple distillateur dont le nom est modestemeut resté dans l'ombre, graissa... maigrement, mais graissa la patte de Tauteur-acteur.
Je cite encore, de cette revue, un rondeau assez amusant, sur le calembour.
Air : Ne rcUllez pas la garde citoyenne
PHARB vi
Sais-tu pourquoi Tépouse criminelle Redoute tant le moment du dîner ?...
C'est qu*à sa montre, en retournant chez elle Elle voit rheure de la soupe sonner.
Sais-tu pourquoi l'on dit que la poussière A toujours eu du faible pour le vin ? C'est qu'elle est grise et bien souvent à terre, Comme un pochard à la fin d'un festin.
Dans un Manille, Oh! (sic) toi, qui n'est (sic) qu'un âne. Trouve-moi donc trois troupes de chameaux.
Un quart manille avec trois quarts haoanen
Forment toujours ces cigares si beaux.
LAHPlOIf
En quoi la terre et le bossu si drôles, Diffèrent-ils?... Vous n'êtes pas profond. C'est que la terre est plate sur les pôles Et qu'un bossu sur Vépaule est tout rond.
En quoi la terre et la pipe d'écume.
Répondez-moi, vont-elles différer?
L'une se bourre avant qu'on ne la Itime. L'autre se fume avant de la bourer.
Pouvez-vous m 'dire encor quelle est l'année Qui, n'ayant pas de midi, ni de soir, Journellement forme une matinée?...
Vous n'savez pas? Eh bien! C'est t encensoir.
Chez les Païens, quelle est donc la déesse La plus moelleuse?... Elle règne à Paphos. Car c'est Vénus, la belle pécheresse, Que Jupiter a fait sortir des eaux.
PHARB
Quels sont les mois que l'on voit dans la rue Servant toujours à bâtir des maisons ?... Trente et un jours forment leur étendue. C'est pour cela que ce sont des mois longs.
Quels sont les cerfs qui portent un plumage? Chacun dira que ce sont les cerfs-paons. Enfin, dis-moi, quels sont, dans un voyage, Les voyageurs qui sont les moins contents?
Tu n'en sais rien, je le vois â ta mine.
Ces voyageurs ce sont des animaux.
Dont le destin finit â la cuisine.
Bref, c'est nous tous quand nous partons pour Sceaux.
LAMPIOfl
Tous ces bons mots ne sorteDt pas d'vot^tôte. Ne croyez pas ici nous monter l*coup.
Dechaume (i) les vend dans un recueil fort bote • Où Ton en trouy* deux cent vingt pour un sou.
Je m'abstiens de citer d'autres couplets, tous étant de même farine^ et l'année 1858, criant :
A demain !