‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 21 sur 160 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Année pauvre!

Je lis dans Talmanach des spectacles de Barba pour 1825 :

M. Bertrand, directeur.

M. DouRDENT, régisseur.

Danses de corde^ tours d'agilité, pantomimes Italiennes.

Et, parlant en même temps du théâtre des Acrobates, dont Madame Saqui^ faute de fonds, avait été forcée de fermer les portes, ce même almanach ajoute :

Quarante personnes, environ, sont employées à chacun de ces deux spectacles, comme danseurs de corde j sauteurs, acteurs^ etc.,

M. Bertrand s*était donc séparé de M. Fabien ? Pourquoi ? Les notes de Vautier me le disent encore. Question d'éclairage au gaz.

M. Fabien était pour le gaz, M. Bertrand contre.

— Vive l'huile I... Criait M. Bertrand.

— A bas les quinquets I... hurlait M. Fabien.

Les discussions, modérées d'abord, s'envenimèrent.

L'un s'enflamma pour l'huile.

L'autre éclata pour le gaz.

M. Fabien traita M. Bertrand de retardataire, d'éteignoir.

M. Bertrand riposta, appelant M. Fabien : Graine d'incen* diaire !.. Omar moderne !...

M. Fabien prit-il Omar pour homard^ nous ne le saurions dire ; toujours est-il que, justement froissé, il demanda la résiliation de son contrat.

M. Bertrand, heureux de rester seul directeur, consentit facilement.

Leur amitié de vingt années fut rompue.

M. Bertrand resta seul maître des destinées Funambulesques.

Sur ces entrefaites, un bazar du boulevard Italien, bazar dans lequel s'était installée une ménagerie, où l'on exhibait le fameux boa constrictor et nombre d'autres bètes curieuses, vint à brûler.

Ce bazar était éclairé au gaz.

M. Bertrand triompha et écrivit à M. Fabien une lettre qui ne contenait que ces deux mots :

— Eh I bien?...

M. Fabien ne répondit pas.

M. Bertrand, suivant l'exemple donné par les autres théâtres, décida de donner une représentation extraordinaire au bénéfice des victimes de l'incendie. ,

Pour cette représentation il monta une pantomime nouvelle :

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