‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 22 sur 160 · PHAÉTON · texte numérisé non relu

PHAÉTON

oa LES MALHEURS QUE PEUT OCCASIONNER LA LDMiiRB MAL DIRIGÉE

Grande Pantomime en cinq tableaux, avec nombreux effete pyrotechniques,

Deburau remplissait le rôle de Pierrot, domestique de Phaéton.

C'était lui qui, chargé d'atteler les chevaux au char du Soleil, s'acquittait si mal de sa tâche que son maître portait l'incendie dans Tunivers entier.

Malgré le but tout humanitaire de la représentation, cette fantaisie, mal venue paralt-il, fut sifflée à outrance.

Le lendemain de cette triste représentation, M. Bertrand recevait à son tour de M. Fabien un billet ainsi conçu :

— Eh ! bien ?

Signé : « Fabien. »

M. Bertrand fut très mortifié. Phaéton ne put être joué que trois fois.

Les mauvaises langues de l'époque prétendirent que cette élucubration anti-lumineuse, avait pris naissance dans le cerveau vindicatif de M. Bertrand.

Que la pièce fut de Bertrand ou non, le directeur des Funambules ne renouvela jamais aucune tentative littéraire.

Un monsieur Donville publia à cette époque un roman intitulé : L'Espagnol ou la Tombe et le Poignard.

M. Bertrand, fasciné par les éclairs de ce titre extraordinaire, fit immédiatement faire une pantomime sur les deux volumes de M. Donville, et, Tafflche des Funambules, étala bientôt pompeusement à Tencre rouge :

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