‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 38 sur 160 · LE SONGE D*OR · texte numérisé non relu

LE SONGE D*OR

Arlbquin bt l*Avabb.

Pantomime angUùte en il tableaux,

DISTRIBUTION

Pierrot, valet de Cassandre Deburaa.

Cassandre Placide.

Léaodre Laarent, jeune.

Arlequio Laurent, aîné.

Oolombine, fille de Cassandre.. W^* Marianne.

Morphée, génie des songes Edouard.

IsmaM, génie M»« Sirot.

Une aubergiste M»« Houzian.

Tn marchand de vin Laplace.

Un marchand de marrons Victor.

Une décrotteuse M"* Laurent.

Une laitière M»»' Bctpy.

Un notaire . *. Clément.

Deux portefaix **♦

Un diable Joseph.

Un malade Cossard.

Deux valet» **♦

Un domestique *♦»

Promeneurs et promeneuses^

Jamais Charles Nodier n*avoua sa participation à cette pantomime. Mais il ne cessa, durant sa vie, d*en parler avec enthousiasme.

Champfleury, dans ses Souvenirs des Funambules^ écrit :

Le Songe cTor, qui est peut être le type du fouillis funambulesque, est un rare et précieux chef-d'œuvre... J*étais jaloux du Songe d'or et j^aurais volontiers donné tout mon réalisme pour arriver à cet idéal étrange, qu*on veut bien attribuer à Charles Nodier.

Jules Janin dit de son côté :

Charles Nodier niait la paternité du Songe d'or^ afin de pouvoir dire plus à Taise tout le bien qu'il en pensait.

Quant k Théophile Gautier, voici comment sa lyre chante à ce sujet :

Le Songe d^or, la merveille des plus merveilleuses pantomimes qu'enfanta jamais cerveau humain. C'est Tadorable imagination de Charles Nodier qui le créa, ce bijou i facettes diamantées, où les Ions nacrés le disputent à ceux de Télincelante aurore. Et l'ingrat renie une telle fille.

Devant tant d'enthousiasme, il mest difficile de ne pas la donner ici, cette merveille des plus merveilleuses pantomimes^ qui

n*a jamais été imprimée, à ce que je crois, et qui ne s*est perpétuée que par de rares manuscrits tronqués, abimés, refaits^ allongé^, mais non dénaturés.

^ Je possède un de ces manuscrits, le plus complet ; je le livre :

!•' Tableau

Un site sauvage. Au fond des rochers. Au pied des rochers un arbre. Devant cet arbre un banc de gazon. A gauche une statue de jardinier. A droite, en face. Arlequin assis sur un piédestal. Il fait demi-nuit.

Au lever du rideau, Cassandre est couché sur le baoc de gazon ; U dort. Le rocher de gauche s'entr'ouvre et le génie Murphée parait entouré de nuages. Il tieut dans Tune de ses mains un sac rempli d'or. . Cassandre s*agite sur sa couche. Morpbée descend jusqu'à lui et Tait retentir à ses oreilles le bruit de l'or que contient son sac.

Cassandre, rêvant, essaye de s'en emparer. Morpbée l'arrête avec sa baguette et va enfouir le sac au pied de l'arbre. Cassandre couché semble suivre ses mouvements.

Morpbée réveille Cassandre et va se cacher derrière la statue d'Arlequin. Cassandre, éveillé, se souvient de son rêve, regarde l'arbre et cherche une bêche qu'il trouve contre la statue du jardinier.

Le sac est bientôt déterré. Cassandre heureux s'assied sur le banc et le carepse.

Morpbée dit : Vieil avare tu ne jouiras pas en paix de ce trésor. Ton valet deviendra ton cauchemar.

11 fait un signe vers l'arbre, le tam-tam retentit, et Pierrot en sort. A sa vue, Cassandre cache son trésor ; mais Pierrot essaye de le lui enlever.

Cascades, courses, lazzis.

Cassandre aux abois ne voit de salut que dans la fuite. Pierrot va le suivre ; mais Morpbée l'arrétti et dit : Ton maître vient de faire un songe d'or ; xois adroit et prudent^ tu en auras ta part.

Pierrot se sauve aprèâ avoir remercié Morpbée.

Ce dernier, resté seul, ajoute : Maintenant il me faut un amant pour ta fille de Cassandre. A moi, mon frère!... A moi, Ismaël!..

Le rocher de droite se développe et Ismaël parait.

— Que me veux^u ?

— Que tu m'accordes une de ces statues.

— Qu'en veux- tu faire?

— V amant de Colombine.

— Je le veux bien. Choisis.

Morpbée donne un coup de baguette sur Arlequin. Celui-ci s'anime, prend des poses gracieuses et vient tomber aux pieds d'Ismael qui lui dit : Voici ton nouveau mattre; sois obéissant et lu lui devras ton bonheur.

Arlequin s'incline devant Morpbée, qui frappe la terre de sa baguette et en fait sortir une batte qu'il lui remet en lui disant : Prends ce talisman qui doit te faire aimer de Colombine et triomphe de tes ennemis. Au revoir et compte sur nous.

Les deux génies font un signe, les rochers s'entr'ouvrent et tous deux rentrent dans leur séjour.

Alors Cassandre, poursuivi par Pierrot reparait. Arlequin leur administre une volée de coupe de batte, qui les fait courir encore plus fort, et tous deux disparaissent.

82 les funambules

2"* Tableau

Une salle rustique. A droite un cabinet fermé par sept portes superj^ées. A gauche une fenêtre avec trois marches. Une table.

Ca^sandre, toujours poursuivi, entre avec précaution et referme avec scnn la porte sur lui. II dépose son trésor sur la table et le contemple, ivre de Joie. Pierrot parait sur l'eecaiier, aperçoit son'maUre caressant ses eacs d'or, et s'avance ahn d'en dérober un.

Cassandre, qui le guettait du coin de Tœil, le prend par Toreille et le chasse.

Craignant une nouvelle visite, Cassandre s'empresse d'ouvrir le cabinet aux sept portes, et y enferme son trésor ; après quoi, il sonne.

Pierrot reparait et cherche partout, des yeux, les sacs qu'il a vui>.

Cassandre lui ordonne de faire venir sa fille, ce qu'il se hâte de faire.

Colombine se montre. Elle est triste. Son p(;re lui dit qu'ils vont preu'lre leur repas.

Pierrot apporte un cruchon de bière (1) et un petit pain, dont Cassandre coupe un petit morceau, qu'il présente à sa fille. Celle-ci ne fait pas atlen-" tion à ce que lui offre son père et c'est Pierrot qui le mangé.

Même jeu avec le cruchon. Enfin, Colombine prend le reste du petit pain et semble manger avec avidité. Cassandre, furieux, veut le lui arracher ; elle le jette à Pierrot'qui le lui renvoie. Cassandre court après sa fille, qui s'esquive.

L'avare Cassandre prend le cruchon transparent, le marque avec de la craie et dit à Pierrot de le serrer.

Celui-ci efface la craie, boit et refait une autre marque.

Cassandre examine son cruchon, n'y voit rien de changé et cajole Pierrot, en lui ordonnant de le mettre en lieu sûr ; ce que celui-ci fait, après l'avoir vidé.

Pierrot annonce que le seigneur Léandre arrive.

— Vite, mes habits,... fait Cassandre.

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