‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 5 sur 160 · LIS FAUX MONNAYEURS · texte numérisé non relu

LIS FAUX MONNAYEURS

Pantomime en S actes, à grand spectacle par C, /)..., Musique de M. Monraty

mise en scène par M. Gongibus aîné.

C'est dans le livre si exact et si intéressant, de M. Henry Lecomte sur Frederick Lemaitre, que je relève le scénario de cette pantomime, la seule de ce théâtre^ qui à cette époque, ait obtenu les honneurs de l'impression.

i" Acte

Au lever du rideau, le comte Adolphe est assis dans un salon de son ch&teau. Il est rêveur et paraît souffrant.

Arlequin lui demande la cause de sa mélancolie ; c*est dans le cœur du Châtelain qu'est le foyer du mal ; il n'éprouve que le besoin d'aimer.

\1 * LKS PUNAMBUtEt;

Avant Tapparition de Déburau, qui fit de Pierrot le personnage principalement comique des pantomimes, Arlequin avait seul le privilège de dérider le spectateur. Dans toutes les pièces, il était introduit comme confident ou domestique du Maitre.

L'obligeant Arlequin propose comme distraction au comte Adolphe de lui amener une Bohémienne.

Le Comte accepte, mais il est pris de colère en voyant la créature vieille et laide que son valet lui présente.

La Bohémienne, pour Tapaif^r, fait des conjurations à Tissue desquelles une jeune et belle paysanne apparaît au fond du théâtre où se lit Tinscription {«uivante :

Isabelle sera l'épouse adorée du comte Adolphe !

Le Comte appuie de Toffre d'une bourse des interrogations curieuses ; la vieille attendrie lui dit : La beauté que vous venez de voir se nomme Isabelle. Elle habite le village voisin. C'est Tépouse que le ciel vous destine ; mais avant de la posséder, vous aurez bien des obstacles à surmonter.

N'est-ce pas là le point de départ de toutes les féeries qui depuis ont été mises à la scène ?

IsabeUe est la fille du paysan Lucas, qui, surpris braconnant sur les terres de son Seigneur, est arrêté par le bailli.

Le Comte survenant lui fait grâce et est récompensé de cette action généreuse par un sourire d'Isabelle. Il la reconnaît pour la beauté promise k son amour, lui déclare sa flamme et s'éloigne pour préparer son union avec elle.

Des faux monnayeurs paraissent au même instant, et s'emparent, pour le compte de leur chef, d'Isabelle éplorée. ^

2»« ACTK

Au deuxième acte, le chef des faux monnayeurs, Rinaldi, apparaît sous un déguisement d'ermite. Isabelle qui s'est échappée des mains de ses ravisseurs, se laisse prendre aux simagrées du frocard et l'accompagne dans une grotte...

...Où l'on entend bientôt un cri déchirant.

Le Comte Adolphe accourt à ce cri et interroge Rinaldi qui se trouble :

Le Comte a des soupçons ; il feint de s'éloigner, poignarde la sentinelle des bandits, s'habille avec les vêtements du mort et pénètre dans la caverne ou gémit Isabelle.

Ce n'est pas plus difficile que cela.

3»« Acte

Rioaldi, trompé par le costume du Comt«, le reçoit à merveille et le lait officier de sa troupe.

Après avoir encouragé de son mieux la résistance d'Isabelle, le Comte s'éloigne sous un prétexte et fait miner par ses vassaux le repaire des faux monnayeurs.

Au moment où Rinaldi vase porter sur la jeune fille aux dernières violences....

Le Comte reparaît sous ses véritables habits et dégage son amante. Un combat à outrance s'engage entre l'amoureux et Rinaldi ; puis une explosion

terrible se fait entendre. Les rochers de la caverne s'entrouvrent, le faux ermite reçoit la mort et sa troupe est chargée de fers, tandis que le Comte et Isabelle, dans les brasTun de l'autre, expriment le bonheur qu'ils éprouvent.

Cette pantomine aurait pu s*appeler la Mine clairvoyante tout aussi bien que le Faux Ermite; car il nous faut noter que la terrible explosion ne frappe que les personnages antipathiques et s'incline respectueusement devant les sympathiques. L'œil de Dieu est évidemment là.

Le livre de M. Henry Lecomte ajoute :

Le personnage élégant, tendre et courageux du comte Adolphe convenait à la jeune ardeur de Frederick. Il y fut remarquable. Le succès qu'il obtint dans le Faujc Ermite eût pour lui deux résultats importants : un habitué des Funambules le recommanda k Michelot, professeur du conservatoire, qui l'admit dans sa classe de tragédie ; et Franconi, Directeur du Cirque Olympique, le prit pour pensionnaire.

Citons encore :

PÈRETTE

ou

Page 1