‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 60 sur 160 · Scène · texte numérisé non relu

Scène

Chrislophe^ Pandolphe^ lindor^ Bazile, Isabelle, Villageois etc..,

(On signe le contrat de Christophe et d'Isabelle, Isabelle conserve encore quelques craintes, mais elle se décide à signer. Pendant ce temps, lazzis ad libitum de Bazile, qui donne encore des marques d'ivresse. Ce contrat signé, Christophe le presse sur ses lèvres, sur son cœur, et finit par le mettre dans sa poché).

Lindor (s'approchant)

Pour six maravédis, si vous voulez, senors, Je vous ferai voir mon optique Superbe lanterne magique.

. Christophe

Tiens ! au fait, il m*a Tair d'un fort drôle de corps. Ah ! ça, mais, ce n'eftt pas, car cela m'importune, Et Monsieur le Soleil et Madame la Lune?...

Lindor

Oh I c*est bien plus joli ! D'abord figurez- vous. . . Mais^ au fur & mesure, on vous dira Thistoire.

ChrxBtoph/B

Oui, c'est moins embrouillant à ce que je puis croire. Ah I ça, beau-père, plaçons-nous.

{Tout le monde se place autour de Voptique. Bazile se met de manière à ne laisser voir personne. On le déplace. Il se remet. Lazzis, Enfin, on peut commencer),

Lindor expliquant le tableau

1*^ tableau :

Vous voyez tous ici la belle Joséphine Aimant son Joséphin, qui Taime à la sourdine.

f tableau :

Mais bien que cet amour ait parlé le premier, Avec certain Magot on veut la marier.

S* tableau :

Les amants malheureux dans le bois solitaire S'adressent en tremblant à leur Dieu tutélaire.

4* tableau :

Vous y voyez le Dieu les rassurant tout bas.

Us l'entendent fort bien. L'époux ne l'entend pas.

5* tableau :

Vous y voyez plus loin l'époux montant sa garde Et ne pensant a rien devant le corps de garde.

6* tableau :

Ici l'obscurité qui nous surprend bientôt Vous empêche de voir que l'époux est...

Christophe se levant

Le sot ! . .

Ce mattre butor qui, d'une histoire pareille S'en vient, un jour d'hymen, nous conter la merveille. Sors, manant !

Lindor Mon argent ?

Christophe

Dieu puisse me damner Si je consens jamais, butor, à te donner. . .

Jjindor

Ah ! G^est ainsi ?. . . Fort bien I Moi qui suis très colère Je vais vous arranger de la bonne manière.

Isabelle à Lindor De grâce I

Lindor (bas)

Laisse-moi me battre ; ne crains rien.

D'avoir le bon cheveu , c*est peut-être un moyen

{Il se jette sur Christophe qu'il cherche à prendre aux cheveux. Celui-ci ne peut tirer son épée. Une lutte s'engage à laquelle prennent part Bfuile, Pandolphe et les Villageois, Lindor est chassé. Cascades et Lazzis, ad libitum).

Christophe

Vous avez fort bien fait de m 'arrêter. Je l'eusse Etranglé sous vos yeux, de même qu'une puce. Je ne veux pas avoir à pleurer une mort ; J'aime bien mieux qu'il ait abandonné la place. Avec ça qu'il frappait très fort ;

Mais, à propos, allons dîner de grâce.

Je suis pressé.

Isabelle

Les dindons le sont peu.

Ils sont pour cuire encore au feu.

Rien n'est prêt.

Christophe

C'est égal, je veux, Satan m'emporte, Vous faire diner tous, et de la bonne sorte.

Isabelle

Avec quoi, sll vous plait ?

Christophe

Mais avec mon cheveu.

[Tout le monde se met à rire. On rentre dans la maison, IsabeUe refuse la main de Christophe et reste, en disant qu'elle ira plus tard rejoindre la compagnie).

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