É6ÉE
Médée, soyez heureuse, c'est le vœu le plus doux que nous puissions former pour ceux qui nous sont chers*
392^ MJÉOEE^
MÉDÉt.
Egée , fils du sage Pandion , recevez à votre tour mes tendres salutations» Quelheui*eux événement Vous amène en ces lieux ?
ÉOÉE*
Je viens de consulter l'oracle sacré d*Apollan*
IIÉDÉE.
Dans quel dessein avez-vous visité ce temple fameux , placé au centre de la terre ?
ÉGÉS.
J'allais demander aux dieux de permettre q[ue je devinsse père.
UtJ)t%.
Se peut-il que dans un âge si avancé vous soyez sans postérité?
. . ' ÉGÉB.
Ainsi le veut ma destinée.
MÉDÉX.
Avez-vous passé vos jours dans le célibat ou dans un mariage stérile?
EGEE*
Uhymen m'a soumis à ses lois.
MÉDÉX.
Quelle réponse Phébus vous a-t-il accordée ?
TRAttÉDIB Q^BURIPIDS. 3gl
Sa réponse obscure est difficile à pénétrer»
VÉPÉS.
M'est-il permis de l'entendre ?
tQta.
Peutrétre pourre&^ous Téclaircir.
MéBÉB»
Quelle est-elle ?
io£x.
.Crains dç devenir père ayant de revoir tes jÇoyers '.
HÉDél.
£t dans quel but aves-vous dirigé votre navigation vers cette contrée ?
ÉGÉX.
Je vais vers Pitthée, roi de Trézène, Ce fils de Pélops , illustre par sa piété ?
tOtM.
Je veux lui faire part de cet oracle*
Mtoés* Il est expert dans Fart d'en développer le sens.
' JEq, Ne ego prommenfem utris solverem pedem... Med. Priuaquam quid faciàs , aut ad quam terram Ténias? iéËG. Priusquam pi^tirios. rvrvtts ad Urée y^ner». '^
394 umÉKy
ÉGÉI.
C'est le plus cher de mes amis et de mes hâtes.
UtDtË.
Puissent VOS vœux être enfin couronna t
tOÈK.
Mais pourquoi vos yeux sont-ils abattus ? pourvoi la pâleur et la tristesse règnent-elles sur votre visage ?
Egée^ mon époux est le plus perfide des hommes.
tOÉS.
Que dites*vous ? ouvrez-moi votre cœur sans réserve.
VÉPÉS.
Jason métrage ; sans que je lui aie donné au« cun sujet de plainte.
QuVt-il fait? achevez de vous expliquer.
lU&DÉX.
Une autre que moi possède son cœur et sa main^
ÉGÉX.
A*t-il pu jusque-là pousser la perfidie ?
Hélas ! il n^est que trop vrai. Il foule aux pieds les nœuds les plus chers..
TRAGÉDIE D^EURIPIDE. SgS
ÉOÉE.*
Est-ce l'amour ? est-ce le dégoût ou la haine qui ont pu l'y déterminer?
HÉDÉE.
Il aiiïie ; son cœur est infidèle,
EGÉE
Périsse un époux parjure!
Il a recherché Falliance des rois.
ÉGÉS.
Quel père lui a donc accordé sa fille?
MÊDÉE.
Créon , le roi de Corinthe.
EGÉE
Votre douleur est trop légitime,
HÉDÉE.
Hélas! et pour surcroît , on me chasse, on me proscrit.
EGÉE
Quel est celui dont l'injuste rigueur met ainsi le comble à vos peines ?
HÉDÉE.
C'est Créon lui-même qui me bannit de ses états*.
$9^ WÈùÉBf
£t Jason peut y consentir ? A cet égard encore je ne puis le justifier.
MÉDÉS.
Il le désapprouire en paroles, il n'y consent que trop en effet. Mais vous, je vous en conjure par VQtre visage que je touche , par vos genoux que j'embrasse , recevez mes supplications, prenez pitié d'une infortunée ; ne permettez pas que je reste seule et abandonnée; accordez -moi dans votre maison les droits sacrés de l'hospitalité. Puissiezvous voir en récompense vos vœux couronnés par l'amour , et mourir l'heureux père d'une postérité florissante! Vous ignorez jusqu'où va ma puissance ; je connais des secrets qui pourront vous être utiles , et rendre à votre mariage la fécondité qui est l'objet de vos désirs.
ÉGÉS.
Madame, je désirerais ardemment de céder à votre prière , d'abord pour venger les dieux outragés, ensuite par l'espérance de voir l'e^ffet de vos promesses, et d'obtenir des enfans que me refuse la nature ; mais voici tout ce que je puis faire : si vous vous réfugiez dans mes États , je vous y recevrai comme l'honneur et l'honnêteté l'exigent : vous déclarant en même temps que je ne vous emmènerai point hors de cet État. Si vous pouvez
TRAGÉDIE D^BURIPIDB. 397
^Tous-méme vous rendre dans mon palais , comptez que vous y trouverez un asile inviolable, et que je ne vous livrerai point à vos ennemis. C'est à vous de sortir seule de cette terre; je ne veux point me rendre coupable envers ses citoyens, €t violer à leur égard les lois de l'hospitalité*
C'en est assez pour moi , si vous m'engagez votre foi aux termes que vous venez de dire, C'e^t tout ce que je désire d'obtenir de vous.
' ÉGtE.
Ne vous fiez-vous point à moi ? d'où peut venif votre inquiétude?
MÉDÉS.
Je me fie à vous , il est vrai ; mais j'ai pour
ennemis la maison de Pélias et Creon. Lié par le
nœud du serment, vous ne m'abandonnerez point
à ceux qui voudront m'enlever de vos Etats ; mais
f si vous ne m'accordez que de simples paroles, sans
; attester la majesté des dieux, serez-vous toujours
; animé dû même zèle, et ne céderez-vous point
1 aux instances qu'on ne manc[uera point de vous
:; faire ? Je suis faible; mes ennemis sont puissans ,
;, ils sont assis sur le trône.
^ ÈGtE.
Votre prévoyance est extrême; mais, si mes