‹ Le théatre des grecsChapitre 107 sur 126 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LX GfiOSVâ, seul*, llustres Erechthé*ides^, élevés dès long-temj^

aï te des prospérités, fils des dieux fortunés, prenffers habitans d'une terre sacrée et invincible , qui vous nourrissez des fruits glorieux de la sagesse , qui marchez triompbans au sein d'un air brillant et pur! c'est dans vos rians vallons que jadis la blonde Harmonie apprit à répéter les chants que lui dictaient les chastes Piérides.

Là, sur les rives du beau Céphise, on dit que

' On ne peut supposer que Méàée adresse ces mots au chieiir ^ui reste ensuite sur la scène. Ainsi j'ai suppléé dans la traduction la désignation dejidèle esclave qui m'a paru indiquée par le sens. M. Hardion croit au contraire que Médée s'adresse ici aux femmes du chœur , et en conclut qu'elle est leur reine.

' L'esclave de Médée emploie l'intervalle de cet entr'acte à exécuter l'ordre dont elle est chargée. Les mots que le chœur adresse à Médée ne supposent pas nécessairement sa présence.

3 C'est les Athéniens qui sont appelés ainsi , du nom de leur rot Érechthée.

Tragédie d^kuripidb. 4^3

Cypris , puisant une onde pure, répand sur les lieux d'alentour la douce haleine des vents tempères ; elle mêle sans ceç§e ftuj: cheveux qu'elle embellit^ des guirlandes de roses qui répandent un doux parfum , et envoie les amours en tous lieux pour servir de ministres à la sagesse, et pour partager tous les travaux de la vertu ^

Ces fleuves sacrés, cette ville religieuse recevront-ils une mère impie et parricide ? -^ Vois le flanc déchiré de tes propres enfant! Ah! contempla ce meurtre abominable ! nous t'en conjurons, nous tombons à tes pieds toutes à la fois ; épargne ton propre sang.

Tori cœur aurait-il ce féroce courage? ta main le servirait-elle ? En se fixant sur ces victimes infortunées , tes yeux ne fondraient-ils pas en lar^ mes ? Non ; quand tes fils de leurs foibles bras embrasseront tes genoux, en invoquant ta clémence., tu ne tremperas point dans leur sang une main barbare et parricide.

' Les m«iUeurs artistes de Tanliquité ont peint l'amour comme i*ami et le compagnon de la sagesse ; leurs p^us »ubiimes ouvrages lui attribuent ce caractère. Winckelmann, Hitt, de VArt, tom. i,

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