‹ Le théatre des grecsChapitre 109 sur 126 · DEMI-CHŒUR · texte numérisé non relu

DEMI-CHŒUR

Des larmes nouvelles roulent aussi dans mes, yeux. Ah ! puissent ces malheurs n'en pas pr^a» rer de plus grands [

4o6 ' M^ttEB,

JASON

J*approuve vos senlimens, madame , et je ne puis m'en plaindre. Il est naturel qu'une femme cède au premier mouvement de colète que lui cause le changement d'un époux; , mais voire cœur a su y faire succéder des mouvemens plus doux , et l'aveugle passion enfin a fait place à la prudence. Je reconnais à ce trait une femme sage et vertueuse. Mes fils, s'il plaît aux dieux , vous éprouverez l'effet de mes soins et de ma prévoyance. J'ose espérer qu'un jour vous setez daUs Corinthe assis au premier rang ^ à côté de vos jeunes frères. Croissez et prospérez; votre père prendra soin de tout ce qui vous regarde, et sans doute un dieu propice daignera seconde sa t^idresse* Puissé-je vous voir élevés dans l'honneur et dans la vertu , devenir à la fleur de l'âge la terreur de mes ennemis ! Mais, madame , pourquoi ces larmes qui inondent votre visage ? Pourquoi dctoume^-vous les yeux ? il semble que ce que je dis vous aflElige.

HÉDÉS.

Kièti fie devrait sans doute exciter mes alarmes. Mais , hélas ! je songe à ces pauvres infortunés.

JASON

Caliâesi vos inquiétudes, et reposez-vous sur mes soins.

TRAGÉDIE 0'eURIPID&. I^q^j

Oui, j'y suis rësoli^ie. Je ne me défie ppint de la sincérité de tes promesses ; mais une femme peut-elle être exempte de faiblesse^ et ne point donner cours à ses larmes ?

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