‹ Le théatre des grecsChapitre 110 sur 126 · JA80N · texte numérisé non relu

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Mais enfin, pourquoi casenfansvousarrachent^ ils des gémissemens si douloureuse ?

Hélas ! je suis leur m^re : quand tu formais dea /vœux pour leur vie » j'ai frémi à la pensée que* peut-être ils seraient vains* Mais je ne t'ai fait part qu'en partie de ce que j'avais h te dire ; il esf temps que j'achève de t'ouvrir mon co&istr,. Plaque le roi ordonne que je sois bannie 5. et que telle est sa volonté suprême^ je m'y soumets; je fais plus , j'en reconnais la sagesse , et je n^ vou* drais pas moi-même demeurer plu$ long4e£mps<en ces lieux , où ma présence vous est à U)U3 xmpo^<» tune , et où l'on m'envisage comme liune ennemie. Je souscris volontiers à ia sentence de mon exil ; tnais que du moins tes fils puissent être élevés sous tes yeux; obtiens de Créon ceUte grâce; 4{u'ilsna participent pas à ma peine.

J'ignore si je pourrai, le fléchir; mais je 1er tenterai.

4o8 MEDITE j,

MÉDÉX.

Engage ton épouse à le demander à son père-,

JASON

Je le ferai ; et j'espère 1 y déterminer, si son cœur n'a point renoncé aux sentimens naturels à son sexer

MÉBÉB.

Je veux t'aider dans cette généreuse entreprise. J'enverrai à ton épouse mes fils chargés de présens magnifiques et propres à lui plaire , une robe fine et légère, une couronne enrichie d'or. Qu'on m'apporte à l'instant ces ornemens précieux •: je veux que rien ne manque à son bonheur, et que dans le même jour elle possède un illustre époux et la superbe parure dont l,e Soleil , mon aïeul , voulut décorer mes ancêtres. Mes enfans, prenez dans vos niains ce présent nuptial , et allez l'offrir à la jeune princesse qui va devenir l'heureuse épouse de votre père. Ce ne sont pas ^es dons qu'elle doive dédaigner.

;^Asoir.

Pourquoi si follement prodiguer vos richesses? Pensez-vous que la maison des rois manque de robes magnifiques, ou d'orn^nens enrichis d'or? Gardez de vous en dépouiller : un seul mot, si elle ^ pour moi quelque estime, la touchera, n'eu joutez pas, plus que tout l'or du Inonde.

MÉDÉE

Je ne puis le croire. Les présens fléchissent les dieux mêmes ', et l'or a sur les cœurs plus de pouvoir que les plus brillans discours. La fortune sourit à la princesse, les dieux augmentent ses prospérités , c'est une jeune épouse, elle va monter sur le trône. Et moi, je rachèterai l'exil de mes enfans, je ne dis pas de tout l'or que je possède > mais de tout le sang qui coule dans mes veines. Allez , mes enfans, entrez dans ce superbe palais, jetez-vous aux pieds de la nouvelle épouse de votre père; devenue aujourd'hui ma souveraine, offrez-lui ces riches parures, et obtenez par vos prières qu'elle ne vous fasse point sortir de ses Etats. Observez sur toute chose de les remettre entre ses mains, et qu'elle les reçoive elle-même. Partez, et rapportez à votre mère l'heureuse nouvelle qui fait l'objet de tous ses désirs,

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