‹ Le théatre des grecsChapitre 19 sur 126 · LES FRÈRES ENNEMIS · texte numérisé non relu

LES FRÈRES ENNEMIS

vJn sait que Racine a demande grâce pour cettt pièce , qu'il fit étant encore fort jeune. Elle se sent en effet de sa jeunesse; et elle est fort différente des chefc-d*œuvre que sa plume produisit dans la suite. U s y est même rendu esclave de Rotrou. On ne laisse pas néanmoins d'y recon*^ naître Racine à certains endroits qui sont iout-à« fait bien touchés. Comme cette pièce est plus connue que celle qui lui a servi de fond et de modèle, il suffira d'en donner un court détail pour distin*guer ce qui est imité de Sénèque et de Rotrou, d'avec ce qui ne l'est pas. Sans doute si Racine eût traité la Thébàide avec autant de lumières qu'il en avait acquis quand il fit Iphigénie et Phèdre y il aurait suivi la route d'Euripide. Ses réflexions le menaient à simplifier ses sujets à mesure qu'il avançait* C'est aussi le grand fruit qu'on retire de rexpérience et de la méditation. On sent à la fin

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que le suprême effort de l'art est d'approcher lé plus près de la nature, et que rien n'est si simple qu'elle.

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