‹ Le théatre des grecsChapitre 32 sur 126 · POLYNICE , LE CHOEUR , JOCASTE · texte numérisé non relu

POLYNICE , LE CHOEUR , JOCASTE

JOCASTE

Jeunes Phéniciennes , j'entends yotre voix du fond du palais , et je traîne vers vous mes pas tardifs et cbancelans.' — nfion fijs enfin je te revois ! après tant de longs jours passés loin de toi ! Jettç tes bras autour de mon cotf ! que mes lèvres pressent tes joues, et cjue tes cheveux noirs ombragent mon sein , mêlés à mes cheveux blancs ! mon fils! mon fils, que je n*espérais plus de pouvoir ismbraaser encore ! Que le dirai'^e ? comment pourm-)is k moa gré jouir du plaisir de te voir et de te serrer dans mes bras ? comment t'exprimer mon amour , t'accabler de mes caresses ? comment rfbs^a^ier mP4 <^nf de volupté , et donner Tessor it ma joie ? mou cW ^hl <pie ton frère a reppi^sfié de son 9eiu y et a forcé d'abandonner la nai^on paj^ro^lie^ Oh ! eombien tes amis ont yJ^uré ton absence ! combien ta patrie t'a regretté ! J'ai fait tomber mes cheveux blanes en ^igne de deuil : ces lieux ont retenti des accens de ma voix ^émî^ssmte ; j'ai aha«^ mes véteçiens blancs contre ces habits sombres et lugubres : tandis 4|u^ le

TlUGÉDIE d'EURIPIOC. I27

tieillard prive de la darté du jour , se livre à d'éternels i^egrets , et déplore au fond du palais le sort de deux jeunes héros soumis au même joug, volant d'une aile pareille, qui maintenant, par un commun effort , brisent ce doux lien d'union fraternelle , ce dernier appui d'une famille malheureuse ; il s'élance vers la mort qu'il veut hâter par le fer ou par un funeste lacet. Il prononce en gémissant des malédictions contre ses fils , et fait percer ses plaintes au travers de la nuit qui l'environne. Mon fils , j'apprends que tu es uni à une étrangère ; qu'une autre terre que ta patrie t'a fait connaître les douceurs de l'hymen et de la paternité. Accablante douleur pour ta mère et pour Laïus ton aïeul ! Fléau étranger gue l'hymen apporte en ces lieux ! Hélas ! je n'ai point allumé le flambeau nuptial , ainsi qu'une heureuse mère ; les eaux de l'Ismène n'ont point servi à la pompe de ton hyménée ; Thèbes, à l'entrée de ton épouse, n'a point retenti de chants d'allégresse. Jours maudits , enfa<ités par Mars ou par la Discorde , ou par le crime de ton père , ou par l'implacable destin qui a bouleversé la maison d'QEdipe, c'est sur moi qu'est retombé tout le poids de ces maux.

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