TRAGÉDIE DE LODOVICO DOLCÉ
J'en dirai peu de chose, parce qu'dle est presquela même que celle d'Euripide. G*est précisëmei)t le même goût de traduction que son Iphigénie dont nous parlerons * . Dolcé n'a ajoute à son original que des omem^is peu considérables , pour remplir davantage quelques actes ; il a même gâté un 0u>rceau j loin de l'embellir. Cest une soène du premier acte, où Medéeest supposée dLerriére le théâtre , dans le poëte grée. L'italien a cru mieux faire en introduisant Médée sur la scène ; et il a perdu une belle suspension qui surprend ^ pour une déclamation qui languît. Il a encore jug4 à propos de faire parler sur le théâtre les petits enfa^s de Médée , comme il a fait à l'égard du petit reste, dans Iphigénie : choses inouïes chez les anciens. Les enfans n'étaient introduits que pour augmenter rimpres6ion de la pitié, et leur bé-^ gay ement ne paraissait pas digne de la maj^eslé du théâtre tragique * . Dans Euripide , les enfans ne
»TomeVm.
^ M4dée yAndrfmaque y Alcestfi , Les Su^liantfis, sont les H\3^^%.
3lC^ MEDÉE,
disent que très-peu de vers derrière le théâtre ^ lorsque Médée les poursuit à coups d*épée.
Toutefois Doicé, ainsi que les autres poètes ita-liens, imitateurs des Grecs, en a bien rendu le pathétique, et même la simplicité sans concetti ^ sans antithèses, sans vaine parure. Heureux si, au lieu de s'en tenir si exactement à Téconomie grecque , il eût osé donner à Tltalie l'exemple de harr diesse que nos poètes ont donné à la France , en s*écartant un peu des mœurs grecques , sans sortir
de leur goût :
Vestigia Grxca Ausidçserçre'.
J'ai vu encore de Dolcé deux autres tragédies , l'une intitulée Prog'/ie, l'autre Thjeste. Elles sont de la même ihanière , c'est-à-dire , modelées sur l'arrangement et le goût des poètes grecs , sans atteindre à leur souveraine beauté. lueThyef&te est une traduction de Sénèque. Dolcé y a manqué ce beau mot qui fait un dénoûment admirable dans le poète latin. Atrée , après le festin qui fit reculer le soleil, présente à Thy este une coupe. Thyeste demande à voir ses enfans ; et son frère, lui montrant lès restes des victimes qu'il lui a ser-vies dans le repas , dit ces horribles paroles :
tragédies d'Euripide et de tout le théâtre grec que noua connaisrsons , ou des enfans parlent et jouent un rôlç.. * Çorat. de Jn. fot%
TRAGJ^DIE DE LUDOVICO DOLCÉ. Jt 1
Gnatos ecqaid agnoscis tuos 7 A quoi Thyeste répond :
Agnosco fratrem.
Ce qu'un de nos poètes a traduit heureusement de . cette manière ' :