GARE
On entend la trompelte du cantonnier.
PIKRRE, & part.
Des cris s6dilieux! (uaat.) Tiens ! vous festoyez-la, voyag^urs! ne vous g^nez pas... Vous auriez pu passer a la buvette...
BALANDARD
On n'y vois pas clair dans voire buvette et je me suis permis d'y Irouver tout ga d tatons.
PIERRE
Cest mon p&t^, je le reconnais; quant au vin, c'est Taffaire du gar^on, mais il n'ouvre son buffet qu'd dix heures.
BALANDARD, lui donnant un louis.
Yoila pour le pdte et le reste.
PIERRE
Je vais vous rendre.
BALANDARD
Gardez le tout, vous vous arrangerez avec qui de droit.
PIERRE
Cmt bien, monsieur, mercil partez-vous par le train ?
BALANDARD
Quel train?
PIERRE
Le train de marchandises, petite vilesse qui renmnte sur Paris.
SCfiNE HUITlfeME. 297
BALANDARD, i Henrietta.
Tiens! si nous allions a Paris?... G'est une occasion pour faire les empletles de noces... commo gar^on d'honneur je peux bien vous y aider.
HENRIETTE
Dame! je ne sais pas... moi. Et Picot?
A bas Picot 1
PIERRE
Avez-vous des bagages ?
BALANDARD
Non!... pas non plus de billets.
On enlend giffler la loconiotivo.
PIERRE, allanl an gaxhet.
Deux premieres pour Paris, (a saiandard.) Voila, monsieur!...
BALANDARD, lui donnant quatre louis.
C'est quatre louis, je crois, tenez !
PIERRE
Je vais vous rendre, ii vous revient cinq francs.
BALANDARD
Inutile : gardez
PIERRE, h pan,.
Cest un millionnaire! (Haut.) Par ici ! vous ne serez pas g^n6 avec votre femme. 11 n'y a personne dans le wagon r6serv6 aux voyajf^urs. Mais vous n'aviez pas fini de souper. Je vas vous porter le reste. (n prend iei
Tictaailles et les bottteUles qu'il met dans le panier d' Heniietle.) Madame, n'oubliez pas votre panier. Venez par ici.
HENRIETTE
Mais... et ma noce?
Nous la feroiis d Paris...
lis sorient.
298 J'Al OUBLlfi MON PANIER.
SCfiNE IX LE CHEF DE GARE, PIERRE.
LE CHEF DE 6 A R E^ oarrant la porle de la salle d'altente.
II n'y a plus personne pour Paris? (aoTenant.) En route .
Coup de sonnette, sifflel de la machine, le train part. PIERRE, crianU
Les voyageurs pour Viremollet... par ici!... Voila la sortie. — L'omnibus n'est pas arrive ; mais c'est des troisiemes, vous irez bien & pied.
SCfiNE X
CRETINET, MADAME CRfiTINET, Les Pr£c£dents.
CRETINET endormi, regardant autour de Ini.
On est-il arrive a Foin-la-Folie?... C'est tout comme k Viremollet...
MADAME CRETINET.
Nous revenons.
CRETINET.
Ah! oui, j'avais oubli^... Eh bien^ Henriette?... et Isidore sont-ils par la?...
CRETINET, au chef de gare.
Monsieur le chef, avez-vous vu ma fille? — Nous revenons la chercher avec son futur, Isidore Picot. Nous alliens d Foin-la-Folie. — Vos employes nous ont si bien pouss^s, qu'ils nous ont 8^par6s et qu*on s'est pas retrouv6 !
LE CHEF DE GARH
Mes employes ont eu tort. A Favenir, je leur recommanderai de ne pas pousser les voyageura.
SCfeNE ONZIEME. 299
MADAME CR^TINET
Mais pour le present, il nous faut notre fille. Tout le monde connait Henriette k Fouarons.
LE CHEF DE GARE
Moi je ne connais que moa devoir et raa conslgne... je ne sais ce que vous voulez me dire.
MADAME CRETINET.
Ah ben! voila du propre! si ma fille est perdue k present!...
l'eMPLOYE AUX billets, pasgant la Ute,
£tes-vous la noce k laquelle j'ai donn6 des billets pour Foin-la-Folie par le train de dix lieures quarantecinq?
MADAME CRETINET.
Oui, qu'on Test !
l'employe.
Eh bien ! la marine est partie avec son mari4 il y a dix minutes par le train de Paris.
II ferme son guichet. • MADAME CRl^TINET.
En voila un de gUchis ! Qu'est-qu'elle va faire a Paris avec Isidore?
CRl&TINET.
Elle va faire des emplettes de noces, pardi^ !
MADAME CRETINET.
Mais ils ne sont pas encore maries, r.'est pas convenable ! Tiens ! voild Isidore.