SCENE XI ISIDORE, Les Precedents
ISIDORE
Bonsoir de bonsoir de bon Dieu I C'est-y pas malheureux d'etre arr^te comme d^serteur quand on a satis-
fait au sort! £t ces gendarmes qui me font fatrc deux lieues et demie k pied avec la pluie sur le dos. lis 6taient a cheval, eux ! ils ne se fatiguaient pas !
CRETINET.
Enfin> te voila I
ISIDORE
Laissez-moi dire ! Et puis le maire de Viremollet qui me demande ce que je veux pour le r^veiller a des heures pareilles de la nuit. Moi je ne veux rien, que je lui r^ponds, demandez k ces gendarmes... En fin de compte, il me met dehors tres malhonnStement en m'appelant imb^ile et avec un coup de pied quelque part. Si jamais je lui donne ma voix, d celui-ld... ilfera chaud, comme on dit. — Je suis f4ch6 de vous avoir fait attendre, mais il n'y a pas de mal... nos billets seront encore bons. (a Pierre.) Pas vrai, monsieur Temploy6?
PIERRE
Adressez-vous au chef de gare.
II va au fond.
ISIDORE
Et quand repart-il le train pour Foin-la-Folie?
LE CHEF DE GARE
A onze heure cinquante-cinq domain!
ISIDORE
Et rHenriette?ou done est-elle?Est-ce qu*elle chcrcbe toujours son panier?
MADAME CRETINET.
Tu ne Fas done pas avec toi ?
ISIDORE
Son panier, elle me Ta pas donn6 a garden.
CRETINET.
Qu'est-ce qu'il dit?
SCfeNE ONZlfiME. 301
MADAME CR^TINET, avec dignil6.
Isidore! Je vous parle de ma fille et non d'autre chose. Qu'avez-vous fait de ma fille?
ISIDORE
Mais je ne Fai pas emmen^e chez M. le maire.
MADAME CRETIN ET, arec coldre.
Ah ! ii ne manquerait plus que vous ayez ^t^ vous marier nuitamment sans nous et notre consentement. Qu'avez- vous 6l6 faire sur la route de Paris ?
ISIDORE
Sur la route de Paris ? Je n'y ai pas 6te.
MADAME CR^TINET
Qui, nous Savons tout. Votre histoire de gendarmes et de promenade k Viremollet est un faux-fuyant, une couleur^ une menterie !
ISIDORE
Je ne comprends rien d ce que vous rab&chez...
MADAME CR£TINET, fariense.
Rab&ch^e... Gr^tinet ! tu Tas entendu, 11 me traile de raMch6e !
On entend una sonnerie 61ectrique prolong^.
LE CHEF DE GARE, courant an gaichet.
Monsieur Auguste ! monsieur Auguste ! Voyez au t^l^graphe!... Pierre I voyez sur la voie!... Un accident I
LE CHEF DE GARE, aax voyageura.
Laissez done la gare libre ! Allez vous disputer dehors...