‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 104 sur 135 · CR^TINET · texte numérisé non relu

CR^TINET

Viens, ma femme, viens!... on nous chassel c^dons a la force.

lis voDt aa food, la sonnerie ^ectrique continue.

Lt: CHEF DE GARE, frappanl au gulchet.

Monsieur Auguste, ri^veillez-vous done ! Quoi au 16legraphe ?

L*£MPLOYE AUX BILLETS, prenant sa t^e.

Je ne sais pas encore. Je dormais .. (se retoumant pour

regarder I'heare au-dessas du guichet.) DeUX heures quaraote !

Monsieur le chef de gare, je profiterai de la circonstance pour me permettre une petite reclamation... Si vous faisiez placer le cadran en face au-dessus des bagages, je n attraperais plus de torticolis chaque fois que je veux voir rheure... Cest fort incommode !...

LE CHEF DE GARE

Votre reclamation est intempestive. Allez done avotre tel^graphe !

L'employ6 se retire. La «onnerie eiectrique s'arr^le. Le chef de gare va au guichet.

Pierre prtede lui.

LA VOIX DE L'eMPL0Y1& AU TELEGRAPHE.

Tunnel de Foin-la-Folie effondre. Embarras sur la voie. Reparations urgentes. Le train petite vitesse revient.

MADAME CR^TINET

Ah I mon Dieu I si ma title est dans cette affaire-Id !

LE CHEF DE GARE, aux employes.

Messieurs, que personne ne parle de cet accident. Les journaux de Paris s'en empareraient et cela porta-

rait tori d la COmpagnie. (La sonnerle eiectrique repreod.) Quoi

encore?

LA VOIX DE l'eMPLOY^.

C'est le chef de gare de Foin-la-Folie qui demande un paquet de tabac.

LE CHEF DE GARE, fiirieux.

Qu'il aille au diable 1

Coups de sif&el, le train de petite vitesse revisit.

SCfeNE DOUZlfiME. 303

LE CHEF D£ GARE

Voila le train de marchandises ! Que lout le monde descendc.

PIERRE

Par icl, messieurs les voyageurs !...

SCfiNE XII

BALANDARD, HENRIETTE, Les Priec^dents, puis Les Gendarmes et Le Gonducteur.

Voila un retard des plus cnnuyojx. (Aa cher de gare.) Quand y aura-t-il moyen de repartir pour Paris?

le chef de gare, d'an ton brusqae.

Pas avant huit jours ! Est-ce que c'est ma faute?

BALANDARD, d Henriette.

Qu*e8t-ce qu'il a ce monsieur? Je ne lui ai rien fait et il a Fair furieux contre moi.

henriette.

Ondiraitque les voyageurs sontleurs ennemis. Tiens! voild ma Qoce I (a part.) 11 est bien temps !

MADAME CRETINET.

Henriette! ma fille! tu as d^raill^e?

HENRIETTE, baissant la t^te.

Complete ment !

MADAME CRETINET.

Comment te sens-tu?

HENRIETTE, relevant la t6te.

Tr^s bien, maman. Rien de grave!

MADAME CRETINET.

Mais qu'est-ce tu allais falre d Paris, toute seule? Quelle imprudence!

304 J'AI OUBLlfe MON PANIER.

HByRIETTE, prSsontant Balandard«

Oh ! j'ai rcncontr^ monsieur, qui a ^t6 bien aimable pour moi.

ISIDORE

On se passera bien de son amabilite. (la ne me convient pas, k moi, que vous vous promeniez ainsi avec le premier venu.

HENRIETTE

C'estbien malheureux que cela ne\ous plaise pas!... Pourquoi me laissez-vous en plan ?

ISIDORE

J'ai 6t6 arrdt6 comme deserteur. Bonsoir de bonsoirl je ne suis pas un deserleur de Farm^e; mais pour un pen, je d^serterais bien le marlige !

MADAME CRJBTINET.

Voyons, Isidore, voyons, du calme! il ne faut pas de colfere I

ISIDORE

Je ne suis pas en colore, je suis emb^t^ ; et ce monsieur-l&! (AUant k Baiandard.) je lui defends!...

BALANDARD, menaganU

Qu'est-ce que tu me defends, toi? Pais attention d ce que tu vas r^pondre. Je te pr^viens que je suis tres fort, pas endurant du tout, et que pour commencer je vais te casser en deux!

ISIDORE, sa reculant.

Cassez rien, encore...

HENRIETTE, k Isidore.

Taisez-vous done, c'est le nouveau sous-pr^Fet.

BALANDARD, k part, riant.

Elle est pleine d'esprit...

SCfiNE DOUZlfiME. 305

ISIDORE

Le... sou8-pr6fel? (saiuant.) Monsieur le sous-pr6fet... exciisez-moi...

MADAME CR^TINET, h Henrietta.

Tu coDnais le sou8-pr6fet?

HENRIETTE

Oui, maman, et il veut 6tre men gar^on d'honneur.

MADAME CR^TINET

Quel honneur! (a crsunei.) Salue done, toi, vieille bMe?

CRETINET.

Qui?... Je ne comprends pas. .

MADAME CRETINET, ft part.

Je comprends bien, moi... (Haot.) Demande-lui done un bureau de tabac...

LE GENDARME, s'approchant d'Isidore .

Diles done, jeune homine... Yous m'avez fauss^ compagnie; mais je ne vous Idche pas.

ISIDORE

Qu'est-ce que vous voulez encore, vous?

LE GENDARME

Vous 6tes r^serviste et voild huit jours que vous devriez Stre au corps. Vous allez me suivre.

CRETINET.

Qu'est-ce qu'ildit?

MADAME CRETINET.

On arr^te notre gendre.

CRETINET.

Encore? Je trouve qu'il a trop sou vent affaire avec la gendarmerie.

MADAME CRl^TINET, ft Balandard.

Monsieur le sous-pr6fel, je demande votre protection...

LE GENDARME

II y a uti souS'pr^fet ici, et on ne me le dit pas! (uvam son bicorne.) MoiisleuF le sous-prefet, qu'y-a-t-il de vos ordres?

ISIDORE

Monsieur le sous-pr^fet. Vous savez que je vais me raarier... ma future a dd vous mettre au courant... puisque vous me faites celui d'etre mon gar^on d'honneur... trop d'honneur 1... accordez-moi un d61ai; je ferai mes vingt-huit jours Tann^e prochaine.

BALANDARD

Impossible ! La loi est formelle !

LE GENDARME

Jeune recidivisle, vous avez entendu la loi sorlir de la bouche du gouvernement. (n saiue.) II ne pout obtemp6rer a votre demande.

MADAME CRilTINET.

Va, mon gargon, va I Henriette patientera bien vingthuit jours I

HENRIBTTE.

Oh ! moi, je lui donne le mois tout entier,

ISIDORE

Cest comme qui dirait mon conge.

HENRIETTE

Prenez-le comme vous voudrez !

ISIDORE, dignement.

Bonsoir.

Bonjour !

II sort avec le gendarme.

HENRIETTE, de m^me.

On entend les grelots de I'omnibus.

SCfiNE DOUZIEME. 307

LE CONDUCTEUR

Les voyageurs pour Viremollet, en voilure!

HENRIETTE

Ah! et mon panier?

MADAME CR^TINET

Ah ! II est joli, tu I'as ccras^ en d^raillant.

HENRIETTE

En.ce cas!... (a Baiandard.) moH sous-pr^fet, ton bras!

BALANDARD, bas ft Henriette, en lal offrant lebrai.

11 n'y a pas de sous-prefectures. Ou allons-nous ?

HENRIETTE

A la maison, pardi ! en attendant la mairie.

Rideau.

Pastorale d'apres nalure, en un .i<l6, jou^e pour la premiere fois, 4 Nohant, le 18 octobre 1879.

PERSONNAGES

MORDORE!) maire.

CARNAT, conseiller.

SYLVINET, id.

FORCHAT, id.

PIVERT, id.

CHIGNOLET, id.

SOUPIZOT, id. BASSINET, garde champ^tre.

BOQUILLON, amoureux.

LA RAGOTTE, aubergiste,

JUSTINE, sa fiUe.

SYLVAINE

NANNETTE

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