SCENE III
LA CHIMfiRE.
Bien d^aulres obstacles nous attendeat chez Pluton ; te sens-tu le courage d'y penetrer quand m^me? U est encore temps de retoumer chez toi : regarde I Void encore une vilaine b6te qui vient par 1&. C'est la Guivre, la Cocadrille, ou plut6t le Cholera; allons-nous-en et crains de rcspirer les microbes dont il empoisonne Tair. Prends la premiere galerie a droite et va toujours jusqu'a ce que tu ales trouv6 Proserpine, tu te recommanderas de moi. Si tu as besoin de mes services, tu n'as qa'a m'appeler, je t'atlendrai a la station des Champs-Elysdes, et je volerai vers toi, tu sals que je ne connais ni le temps ni Fespace!
EUe reloanie el sort.
BALANDARD
Elle ne connait ni le temps, ni Tespace; mais eile a peur des chiens. Ah I c'est une jolie l&cheuse.
t DEUXiftME TABLEAU. 365
SCfiNE IV
LA GOCADRILLE) sous la forme d* ane Urasque ail6e.
BALANDARD, k part.
Voild, en effet, une vilaine b^te. (houi.) Le chemin des Enfers, s'il vous plait, Madame ou monsieur? ^a ne parle pas. Quel microbe!
LA COCADRILLE attaque Balandard avec son bee ct ses griffes.
DALANDARD.
Mais il est mechunt. Attends, j'ai toujours un flacon de phenol dans ma pochel (la chasse les miasmes 1
La Cocadrille a vale la fiole, se tord et crfeye. DALANDARD.
Elle se tord, elie cr^ve, la voilA crev^el Le passage semble libre... Profi tons-en... Au petit bonheurl... Pas d'obstacles !
II entre aux Enfers.
:i6f> BALANDARD AUX'ENFERS.
Troisieme Tableau.
Changement i vae. A gauche du spectateur, le tr6ne de Pluton avec un bureau. Au deuxi^me plan, le tribunal pour les juges, avec table. A droile une ^norme chaudi^re, dont le foyer n'est pas encore aUum6. Grille s'ouvrant sur un escalier.
Au fond, rochers et scories, pent suspendu sur les abtmes. Fond lumineux au loin.
SCftNE PREMlfiRE
BALANDARD, le cordon de la clocbe k la main.
A force de sonner, le cordon m'est reste a la main. La porte ^tait d'ailleurs raal ferm^e. Dr61e d'endroil! (ii regorde pariout.) II y fait chaud. Et personne ^qui parler. Qii m'a Fair d*une maison assez mal tenue! (voyant les d6mons endormis.) Ah! voila des chauffeuFS qui pioncent pres de leur chaudi^re eteinte.
On entend sonner cinq heures sur le gong, puis la sonnette de Pluton
(un gros grelot).
SAT AN AS, s'6mllant.
Le patron grelotle, je crois! (voyant Baiandard.) Que faistu la, toi, &me errante et flaneuse?
Je me promene en attendant k qui parler.
Deuxi^me coup du gros grelot.
SATANAS, k Balandard.
C'est encore le patron. Ah! c'est que le roidu sombre empire n'est pas de bonne humeur; le matin surtout, a jeun et quand la mortality ne donne pas, il n'est pas d prendre avec des pincettes. Tu vas Tentendre grognerl