‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 17 sur 135 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TITYRE, MAMILLARUS, endormi.

En nageant, j'ai gagne le rivage de Rome,

Les Tagues et les rochers ont meurtri mesgenoux.

Mais que vois-je? 6 g^nies tut^laires de ma vieille Arcadie 1 un cadavre? Portons-lui secours. Mais il remue encore.

Hamillarus poasse an soupir.

TITYRE

Par Jupiter tonnant et d^tonnant I votre haleine est f^tide!...

MAMILLARUS.

Ce nest rien! mon ^tat n'est pas grave. Mais que veux-tu pour me r6veiller dans mon premier sommeil ? Qui es-tu? Parle sans detours.

TITYRE

La Gr^ce est mon pays, Gorintbe m'a yu naitre ;

Je voyais i'Hellespont du bord de ma fen6tre,

£t j^aimais Lycoris. — Nous vivions tons les deux

Comme des tourtereaux. — Nous^tions bien heureux.

O champs de TArcadiel 6 terre bien-aim^e!

Je ne reverrai plus ta rive parfum^e .

A peine Lycophon avait mis sur son bord

Ma chere Lycoris que, meprisant la mort,

Je sautai dans la mer et suiYis le naYire ;

Je nageai quatre jours sans manger et sans rire,

Et les flots ont port^ jusquMci mon amour I

MAMILLARUS.

Je ne suis pas au courant, ^a viendra sans doute, plus tard. Pour le moment, rends-moi un service, aidemoi agagner le cacatorium senatorial. Je suis tellement ivre, le petit vin tusculan et les rognons de centam'e me travaiUent si bien que si tu ne me viens en aide, je ne reponds pas de ce qui pent arriver.

TITYRE

puissances lutelaires! je n'elais pas venu pour ga! mais je veux vous confondre par ma grandeur d*am«.

MAMILLARUS.

Soil! genereux jeune homrael Dep(3chons-nous !

TITYRE

Ou cst-ce, seigneur?

MAMILLARUS.

A droile!

lis sorteQt.

SCliNE VIII MAMILLARA, PELLICULUS.

MAMILLARA^ s'6 venlant arec colore •

Ah! quelle chaleur! que color I j'etoufle de colere! lu pretends ^tre le tonsor des C6sar ; mais tu n'es en verite qu'un londeur de chiens. Comment, tu me laisses avec des echelles dans le cou, des bolbos sur le nez et une foultitude de polls foUets sur les bras. Si tu ne sais pas ton metiiT, va I'apprendre, merlan imperial!

PELLICULUS.

Calmez-vous, matrone Mamillara!

MAMILLARA.

Je ne veux pas mo calmer! La chaleur de la saison n'enlre pour rien dans mes reproches. Je ne soufMrai pas davantage tes services, et si tu ne me trouves un epilaleur plus adroit et plus jeune que toi, je te ferai jeler aux lamproiesi oui, aux lamproies!

PELLICULUS*

Par le Styx ! j'aime les lamproies, c'est un met delectable; mais je n'aimerais pas a leur servir de pature.

Page 1