ACTE DEUXIKME
SGfilSE if MAMILLARA, suhie de TITYRE, MAMILLARUS.
MAHILLARA.
Ce jcuac homme coilTe avec un soirk line delicatcsse que je vous recommande.
MAMlLLARrS.
Oscz-vous bien vous vanter de pareilles turpitudes! D'abord, je suis chauve et n'ai nul besoin d'^pilator. Allez cacher votre hoale au fond de voire gynec^e.
MAMILLARA.
Ce n'est pas ce que vous pensez, seigiieur. Ce jeune merlan nous est attach^ par les liens du sang.
MAMILLARUS.
Lui ! je ne le connais pas. (a Tiiyre.) Qui es-lu?
TITYRE
C'est raoi, seigneur, c'est inoi qui vous porlai tanl6t au Senato cacatorio populo que romano.
MAMILLARUS.
Oui, je m'ea souviens, que ne le disais-tu plus tdl? Et tu pretends 6tre de ma famille?
TITYRE
Je ne pretends a rien, si ce n'cst a vous plaire.
MAMILLARUS.
Tu ne me deplais pas, tu m'as sauve de la honle d'avilir ma toge de senateur.
MAMILLARA.
Oh ! c'est un noble coeur de jeune homme.
MAMILLARUS. I
Taisez-vous! ne me donnez pas a soupgonner des !
choses qui font fr^mir mes derniers cheveux. \
MAMILLARA. I
Ne failes pas trembler le peu qui vous reste de voire chevelure de jeunesse. Souvenez-vous de certain voyage en Arcadie ou vous aviez et6 prendre des bains d'Hellespont. C'etait a M^gare, si je ne m'^gare. Moi-mtoe i
j'avais, pour ma sante, eti^ prendre les eaux de Sycione; nous nous conni!lmes alors, j'avais vingt ans et I'enfant qui naquit, fruit de nos chastes baisers, disparut en voire absence; car vousquiltates la Grece ou vous 6tiez prefet. Vous m'epousales, depuis, quand je revins vous trouver a Rome, et ne vous en veux plus. Dis-moi, Mamillarus, dis-moi, Ten souviens-tu ?
MAMILLARUS.
Parfaitement ; mais je ne vois pas quel rapport il pent y avoir entre nous et cet apprenti barbier?
MAMILLARA.
Laissez-moi achever. — Cet enfant ful enleve par les bergers du mpnt Menale qui T^lev^rent dans la montagne et en firent un pMre d'Arcadie. Cet enfant, c'est lui! C'est le jeune lonsor! e'est Tityre. Je Fai bien reconnu a la lentille qu*il porte comme moi sur la joue gauche.
TITYRE, s'agenouillant derant Hamillara.
Oh ! ma m^re ! (se tournant vers Hamiiiarus.) Oh ! mon pere !
La Gr^ce est mon pays, Corinthe m'a vu nattre, Je voyais THellespont du bord de ma fen^tre, Lycoris m^aimait et j'aimais Lycoris.
MAMILLARA.
Assez, je connais le reste I 6 mon filsl