SCENE IX
B ALAND ARD, se precipitant au fond, OLYMPIA,
LeS PRfiClfiDENTS.
BALANDARD
Qui dois-je annoncer?
OLYMPIA, A part.
Ticns ! un nouveau domestique ! (naut.) Annoncez Olympia Nantouillet.
BALANDARD
Olympia? un nom aussi joli que la personne qui le porte.
OLYMPIA, h part.
Ce gar^on connalt sou monde. (Haat.) Prenez done ma pelisse.
BALANDARD
Tout cesqu'il vous plaira, madame ou mademoiselle?
OLYMPIA
Comme vous voudrez.
BALANDARD
Ah ! tr^s bien. (a pan.) C'est-a-dire que je ne comprendspas. (Haui.XEt M. Nantouillet?
OLYMPIA
Merci, 11 est mort. (a pan.) Est-il b^te, ce domestique I
Oh I venez vous asseoir, ch^re belle.
OLYMPIC.
Bonsoir, Marguerite.
MARGUERITE
Bonsoir, Nantouillette.
Elles s'assoient. On tonne.
LA GOMTESSE^ & BaUndard.
Gar^on, allez done ouvrir et annoncer.
BALANDARD
Qui, madame.
n va an fond.
PARASOL, k part.
Mais c'est mon service qu'il fait.
OLYMPIA9 bat k la comtesse, niontrant ParasoU
Quel est ce monsieur ?
LA GOMTESSE, de indme.
Ma ch^re, c'est le futur de Marguerite, un homme dii monde, le marquis de Parasol, cinquante mille livres de rente.
OLTMPIA.
Elie a de la chance... soignez-le et recevez mes felicitations.
LA GOMTESSE.
Comment le trouvez-vous?
OLTMPIA.
S'il n'avait pas cinquante mille livres de rente, je ne le trouverais pas du tout.
LA GOMTESSE.
Pas de bdtisesi, ma petite! II n'est pas pour vos beaux yeux.
OLYMPIA
Oh ! si je voulais?...
LA GOMTESSE.
Vous ^tes fat, ma chfere.
On soona.
SCfeNE DIXIfiME. 197
SCfiNE X
BALANDARD, aimongant successiremont h chaque coup de sonnette: M. PITONNET, artiste pianiste; M. BARBILLON, d«pat6; LE GJ^NJ^RAL MACROPHYLLOS, ambasaadeur
greckiapprte; LE PRINCE SAUTEL ACOUPKOFF; LORD DUR DE BOSTON.
Les invito vont k tour de r61e aaluer la comtease et ae groupent dana lea deux
salons.
LA COMTESSE, k Sautelacoupkoff.
Prince, je veux vous presenter k mon fulur gendre, le marquis de ParasoL
SAUTELACOUPKOFF.
Ah I VOUS en tenez un enfin I et un marquis ?
LA COMTESSE pr^sente Sautelacoupkoff k Paraiol.
Le prince Sautelacoupkoff.
SAUTELACOUPKOFF.
Monsieur.
PARASOL
Monsieur, (a part.) On est tres poli dans cette maison .
LA COMTESSE, k Sautelacoupkoff.
II a Tair distingud, n*est-ce pas ?
SAUTELACOUPKOFF.
Un ange!
LA COMTESSE
Je pense que vous allez vous tenir un pen !
MARGUERITE
Est-ce que Ton ne va pas danser?
LA COMTESSE
Si fait! Voyons, une petite sauterie. Monsieur Pitonnet, jouez-nous quelque chose.
MARGUERITE
Uq quadrille ! (Pllonnel salue et ra aa piano. — Bas, S Parasol.)
Invitez-moi done.
PARASOL, k part.
C/est un dr61e de service que j'ai a faire,
MACROPHYLLOS, a la eomtesse.
Moi, la danse me laisse froid. Si on faisait quelques tours de roulette?
LA COMTESSE
Si fait! Prince, 6tes-vous en fonds?
MACROPHYLLOS.
Tout en ecus grecs.
LA COMTESSE, h SautelacoupkofT.
G^n^ral! apportez done recumoire dans le petit salon du fond, (a ses inTii6«.) Mylord Dur, monsieur Barbillon, vous jouez, n'est-ee pas?
BARBILLON
Sans doute!
LA COMTESSE
Je feral la banque!
MACROPHYLLOS.
Honneur aux dames; mais a chaeun son tour I
SAUTELACOUPKOFF, apportant la ronlette au fond.
Mesdames, messieurs, a vos ordres!
lis Tont au fond.
PITONNET pr61ade an piano.
En place!...
MARGUERITE
Olympia, faites-nous vis-a-vis avee mylord.
LORD DUR, h part.
Je ne suis pas venu pour danser. (naui.) Madame, permettez-moi de vous offrir un cavalier.
SCfiNE DIXIEME. 199
OLYMPIA
Monsieur, j'accepte.
Husique ; ilg sc placont ct dansent.
BALANDARD, arcc un plateau chargS de glaces, regardant
danser Marguerite.
(a part.) Oh! mais oui, je la reconnais, c*est bien ellc, ma jolie soupeuse du Casino, aux bains de mor do Trouville, Tan passe; mais alors elle n'avait pas de mere, Margot! qui aimait bien les confitures et le vin de Champagne. Et moi aussi je t'ai fait danser. Et c'est elle qu'on me propose pour former des liens indissohibles. Toi h^riti^re, toi noble! jamais! Tu es charmante, je Tavoue, mais... Je trouverais la plaisanterie mauvaise si elle n'^lait pas drdle. Et cette madame de Saint-Remy qui m'emballe dans cette social 6 -la I Comme on peut facilement tromper un honnfite homme! Quelle chance d'avoir 6te pris pour un domestique! Ah! mais je commence a m'amuser beaucoup ici ! Et ce gargon qui la fait danser? 11 a Tair de lui plaire. Ce M. Parasol, quelle touche! Dr61e de monde! (iiaui.) Mesdames, messieurs, des glaces! pistache, vanille, chocolat, framboise! (a Parasoi.) Un verre de punch! (a Marguerite.) Prcuez done un panache, ma petite demoiselle, ne vous g^nez pas. Faites done comme chez vous! Vous n'en mangez peut-6tre pas tons les jours.
MARGUERITE, laisMnt tomber la glace sar sa robe en
le reconnafssant.
Arthur! (Haut, se remettant.) Maladroit, vous m'avez tout jet6 sur ma robe.
BALANDARD
Pardon, ce n'est pas moi... Et puis, ca ne se voit pas, c'est de la m^me conleur que votre robe.
MARGUERITE
Vous 6tes bon, vous!
EUe lit et essule sa jupe avec Bon moacholr.
BALANDARD
Je suis excellent, je vous assure... (a Paraaoi) Pardon, monsieur, tenez done un peu ce plaie.'iu. (ii paste wn
plateau k Parasol.) Je vaiS VOUS aider.
II ottuie la robe avec sa aeryietie.
PARASOL
Donnez done, vous n'entendez rien au service, mon ami. (a part.) Je vais enfin pouvoir travailler.
LA COMTESSE, an fond.
Faites les jeux.
MACROPHYLLOS.
Je fais cinquante €cus grecs sur la rouge.
SAUTELACOUPKOFF, A Parasol.
Faites-vous vingt-cinq louis sur la noire?
PARASOL
Vingt-cinq centimes!
II s'61oigne avec le plateau.