‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 88 sur 135 · SCENE V Les M^mes, LE CAPITAINE VACHARD · texte numérisé non relu

SCENE V Les M^mes, LE CAPITAINE VACHARD

VACHARD.

Enchants de vous trouver si... si... joyeuse... si... hilare, voila le root, hilare.

Hybl^a rit plus fort.

MADAME DE BONBRICOULAND.

Ma fille!

hybl£a.

Maman, c'est plus fort que moi, il faut que je rie.

VACHARD.

11 n'y a pas de mal. Elle est gale... ga prouve qu*elle n'est pas triste.

HYBLEA.

Evldemment.

Gonsande rit aussi.

VACHARD.

Et notre belle iante aussi? Lc militaire n*(3st pas ennemi d'une douce hilarile. C'est le mot, iiilaril6.

CORISANDE

11 y tient*

VACHARD.

Peut-on savoir au moins... j'aimerais a me m^ler a vos rls,

HYBLEA.

Nous parlions de mon grand-pere.

Un homme charmant, le comte des Andouillers, charmant ; un homme qui n'a qu'un defaut : trop bon, comme feu moa colonel. Lorsque j'^tais au 7® hussards, je n'dtais que lieutenant aiois... un jour...

SCfiNE CINQUlfiME. 253

HYBLEA.

Vous nous raconlerez 9a plus tard. Cest le moment des contredanses et non des narrations.

VACHARD*

G'est juste, c'est juste! AUons danser. Le troupier ne hait pas un peu de sauterie. Quant a mo]» je poutrais dire pourtant : La danse ce n'est pas ce que j'aime; mais c'est la fille a Nicolas.

MADAME DE BONBRICOULAND.

Nicolas? jamais mon mari no s'est appeie comme ^a. 11 s'appelait Gootran. (Arec hauteur.) Gontran de Bonbriconland, monsieur Vachard.

VACUARD.

Eh bien» moi, je m'appelle Analole.

HYBLEA.

Nous le savons bien et... dites done, est-ce que je Vdis 6tre forc6e de vous appeler Anatole?

VACHARD.

Cest comme il vous plaira. Appclez-moi capitaine, si vous voulez.

HYBLEA.

J'aime mieux 9a, allons danser. J'ai promis k M. Balandard.

VACHARD.

Ah ^d! qui diable est-ce ce M. Balandard dont toutes leg femmes d'ici sont rafifolles?

CORISANDE

Qu'est-ce que vous dites?

VACHARD.

Je dls raflbles. Mol, je n'en suis pas rafTou de ce par* ticuUer-l&«

HYBLEA.

Pourquoi?

VACHARD.

Jft ne sais pas. II me fait refifet d'un pistolel?

CORISANDE

Ou'est-ce que vous entendez par pistolet?

VACHARD.

Un... comment dirai-je? un original, un blagueur!

II remonte vers la port3.

MADAME DE BONBRICOULAND, baa a Ccrisande.

Quel ton il a I

CORISANDE^ le retenant.

Dites-moi done, capitaine.

VACHARD.

Oh I vous, ma belle tante, j'espere que vous m'appdlerez mon neveu.

CORISANDE

Non, je suis plus jeune que vous.

VACHARD.

Plus jeune, plus jeune...

CORISANDE

Ah ! mais oui, heaucoup plus jeune.

VACHARD.

Uage n y fait rien. La preuve, e'est que vous fites encore charmante. (a part.) Le fait est qu'elle est tres bien ; j'aime lea femmes grasses, moi ! ma femme est un peu maigre.

CORISANDE

Je voulais vous dire... j'ai une question k vous faire : vous avez 6te aux Andouillers derni^rement... Hybl^a, laisse-nous, c'cst une affaire de famillc.

SCfiNE CINQUIEME. 255

HYBL^A.

Yous allez parler dcs fredaiDcs de moii grand'pere? je m'en vais. C'est quelquefois amusant, mais j'aime mieux danscr.

Elle sort.

A vos ordres, belle tante.

CORISANDE

Je ji'ai pas pu vous parler depiiis ce matin. Je croyais que mon pere viendrait. 11 ne viendra pas. Je voudrais un peu savoir ce qui se passe chez lui maintenant. Je sais que vous avez ete lui demander son agrement pour ^pouser sa petite-lilie et que vous avez eL6 trhs bien regu. Vous y avez pass6 deux jours, parlez-moi des personnes qui 6taient chez lui.

VACHARD.

Ma foil 11 y avait son cure... son maire...

CORISANDE

Je ne vous dcmande rien des hommes.

VACHARD.

Oui, je comprends, . il s'agit du soxe faible et charmant.

CORISANDE

Ce scxe charmant, de quoi se composait-Ii?

.VACHARD.

Ah ! moi, je vous avoue que j'ai d'abord contemple la cuisiniere, une femme superbe comme vous... un cordon bleu.

CORISANDE

Qui, oui, c*est Frangoise, je la connais ; mais, apr^s !.♦.

VACHARD.

II y avait... oh! oh! deux biches chouettes!

MADAME DE BONBRICOULAND.

Comment, des biches et des chouettes au salon?

VA CHARD, sourianl de pitiS.

Vous ne comprenez pas! je veux parler de deux femmes chic, avec des habits rouges, des casquetles et des cheveux dans le dos attaches en queue comme des postilions.

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