‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 99 sur 135 · SCENE gEPTIEME · texte numérisé non relu

SCENE gEPTIEME

HENRIETTE

J cn fturai vingt aux prunes, comme on dit ici.

BALANDAR&.

11 vous faudrait un homme de mon Age, au moins..* Tingt-huit...

HENRIETTE

Qui, nous nous accorderions mieux lous deux ; ni>ats H]a m^repr^lend que c'est un bon parli. Le fait est que \e phvQ Picot, a force de faire de la moutarde — on en consomme beaucoup dans ce pays — est un rtchard. Enfin je me marie parce que ma mhve le veutr Quant a mon pere, le pauvre homme, il commence a avoir assez bouillu. II n'(f pas d'avis.

BALANDARD

Vous en aimez un autre, sans doute ?

HENRIETTE

Non ! pas encore.

Vous pensez que ga viendra ?

HENRIETTE

Ma foi !... je ne sais pas... tenez, vous me faites dire des b^tises, vous dies plus curicux qu'une iille.

BALANDARD

Affaire de causer.. Vous avez Fair d'avoir un bon coeur.

HENRIETTE

Mais oui ; j'ai bon coeur, et j*en serai la dupe quelque jour. C'est un defaut d'dlre trop confiante dans ce monde. Un peu de malice chez une femme ne gate pas. Voyons, Irouvez- vous que ce soit bien aimable de la part do M. Picot de me laisser en plan, loute seule, sans billet de place, dans cette gare oii je ne connais personne ?

BALANDARD

J'avoue que ce n'est pas gentil; mais je ne m'en plains pas, cela me procure le bonheur de vous connaitre, le plaisir de causer avec vous... J'espere que nous ferons plus ample connaissance ; je vous avertis que je suis tres bavard .

HENRIETTE

MoL j*aime bien dparler aussi et je ne suis pas me- (X)ntenle de vous avoir rencontr^. Vous ^tes un homme comme il faut, je vols 9a, quoique je n'aie pas grand usage du monde, et j'ai confiance en vous.

BALANDARD

Yousavez raison, mademoiselle Henriette, je me mets tout entier a votre service.

HENRIETTE

Bien vrai?

BALANDARD

Bien vrai! Quest-ce qui pent vous fitre agr^able pour le moment ?

HENRIETTE

Je voudrais... que vous trouviez moyen de me faire retrouver mes parents... Allons a Foin-la-Folie. S'il n'y a pas de chemin de fer, fretons une voiture, partons, je vous pr^senterai a ma mere... et a Isidore, vous serez de la noce, j } vous choisis paur mon gargon d'honncur... nous rirons, nous nous amuserons bien.

BALANDARD, k p^rt.

Est-ce qu*elle se moquc dc moi ? (H»ut.) Rien que voire gargon d'honncur ?

HENRIETTE

C*est deja bien gentil !...

BALANDARD, lui bnis^anl la niuin*

Aussi, je vous remercie I

SCfiNE SEPTIEME. 291

Vous acceplez?

BALANDARD, lui baisanl I'aatre main.

De tout coeur... Comme je vous aimel

HENRIETTE, reli rant ses mains.

Finissez done!...

DALANDARD.

Vous ai-je oflfens^e ?

HENRIETTE

Non!... mais... (Moment de sllence.) A quoi pODSeZ-VOUS,

monsieur femile?

BALANDARD

Page 1