‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 98 sur 135 · UN DES GENDARMES · texte numérisé non relu

UN DES GENDARMES

SuTit, monsieur le chef de gate,

lis sortenU

SCfiNE IV

On en tend les grelols et le roulement d'une voiluie dans la com.

PIERRE

Voild romnibus de Viremollet.

LE CONDUCTEUR, entrant par le fond.

Avez-vous des colis pour moi?

PIERRE

Qui, volla, enlevez, pere romnibus.

LE CONDUCTEUR, emportant les caisses arec Taide des employes et

rerenant.

Vous n'avez rieu de plus?

PIERRE

G'est tout.

LE CONDUCTEUR

Tant mieux, ga sera plut6t fait. Je me tire les pattes.

PIERRE

Vous attendez pas Tarriv^e du traia?

LE CONDUCTEUR

Pour quo! faire? II y a jamais persoune. Les Berrlchons, ^a voyage pas.

PIERRE

Amenez-vous des voyageurs?

LE CONDUCTEUR

Oul, toute une noce. II y a de quoi rire. Qsl ii*a jamais sort! de son village. La marine, un bearre ; le futur conjoiut, un serin !

LE CHEF DE GARE

Silence, messieurs les employes. Le service doit se faire sans reflexions olseuses et sans periphrases.

LE CONDUCTEUR

Sans doute, j'allume une pipe et bonsoir.

Usort.

SCfiNE CINQUlfiME. 275

PIERRE, appelant.

Messieurs les voyageurs, par ici. Prenez vos billets, faites enregistrer vos bagages.

Depart de romnibus, grelots.

SCfiNE V

CRETINET, MADAME CR^TINET, ISIDORE, HENRIETTE, l'Employe aux billets, Les Precedents.

cretinet.

Madame Cr^tinet, ma feramc, je vas prendre les places, ne vous inqui^tez pas.

MADAME CRETIN

Monsieur Cretinet, ne vous trompez pas nous allons a Foio-la-Folie.

CRETINET.

J'eotends bien... j'entends bien, je ne suis pas sourd.

II va au guichet.

HENRIETTE

Dites done, monsieur Isidore, vous qui ^tes malin, cxpliquez-moi done comment ces chemins de fer peuvent marcher.

ISIDORE

Je vais vous expliquer la chose, mademoiselle Henriette... Voyez-vous, c'est une vapeur...

HENRIETTE

Oui, je sais ^a, monsieur Isidore, mais quand on n'en a jamais vu, comme moi.4. on ne comprend pas bien.

ISIDORE

Oh! mon Dleu, c'est bien simple...

276 J'Al OUBLIE MON PANIER.

HENRIETTE, h part.

Cest pcut-etre lui qui est bien simple, (aaut.) Voyons, raconlez-nous ^'a!...

L'EMPLOYE AUX BILLETSy passant sa tdle par le guichet, h

Cr^tinet

fites-vous sourd?

CRETINETy se reculant, effrajS.

Qu'est-ce que vous avez? £tes-vous malaile? Vous m'avez bien fait peur tout de meme.

l'employ^.

Ou allez-vous? Combien voulez-vous de places?

CRETINET, revenant rera les aatrea.

Je ne comprends rien a ce que bredouille cet homme dans sa boite.

ISIDORE, h part.

11 a Toreille dure, (aaut.) Laissez-moi y aller, j'arrangerai bien Tailaire. (ii va au guichet.) Monsieur^ ne vous fachez pas... Nous venons de ViremoUet et nous allons nous marier h Foin-la-Folie avec Henrietle, moi, Isidore Picoty le pere Gr^linet et madame Grdtinet, ses p^re et mere ici presents.

l'employ]§.

C'l m'est ^g&\, je ne suis pas le maire. OCi allezvous?

ISIDORE

A Foin-la-Folie, sans vous ofifenser.

l'employe.

QdL ne m'ofifense pas. Quelles places voulez-vous?

ISIDORE

Combien qu'elles coCilent vos places?

l'employ^.

Les premieres, douze francs.

SCfiNE ClNQUlfiME. 277

ISIDORE

C'est Irop cherl II n'y a pas moyen de s'arranger a moins?

L*EMPLOYi.

Voulez-vous des troisi^mes a sept francs?

ISIDORE

Et combien les quatri^mes?

l'employ^.

II n'y en a pas, mais on en fera plus tard pour vous.

ISIDORE

En ce cas donne^moi quatre places pour sept francs.

l'ehploV£.

Cest vingt-huit francs, voila vos billets.

ISIDORE, payant.

Vingt-huit francs! Vous disiez sept?

l'employe.

Qu'est-ce que vous vendez, jeune homnie?

ISIDORE

Moi, je vends de la moutarde... mon p^re est fabricant, — vous connaissez blen la maison Picot et fils — et mon fulur beau-p5re est maitrc vigneron, bouilleur.

l'employL

Prenoz done vos billets ! farceur !

U ferine le guichet.

ISIDORE, rerenant.

Jl'y comprends rien non plus ! (Aaz aatres.) L'aOaire est faite. Mais c'est cher !

MADAME CRl^TINET.

Cjmbien qu'ils vous ont pi is?

ISIDORE

Vingt-huit francs 1

278 J'AI OUBLIlfi MON PANIER.

MADAME CRl^TINET.

Ab ! mon Dieu ! Yoild de Targent d6pens6 mal k propos. Comme si on ne pouvait pas se marier sans aller demander le consenlement du grand-pere qui se fiche pas mal de nous et de vous avec !

ISIDORE

Mais I'heritage, j'y tiens, moi!

PIERRE, k Craiaet.

Vous avez vos billets de place, faites enregistrer vos bagages. Avez-vous des colis?

MADAME CR£TINET

La colique ? Dieu merci 1 non, nous ne Favons point.

IIENRIETTE.

Ah ! mon Dieu !..,

MADAME CRETINET.

Qu*esl-ce quo tu as?

henriette.

J'ai oubli^ mon panier... (a Pierre.) J*ai bien le temps d'aller le chercher, n'est-ce pas?

Ello sort.

PIERRE

DepSchez-vous !... N'allez pas si loin ! G'est a gacrdie. Faites vite !

CRETINET.

Ou va-t-elle?

MADAME CR£TIN£T

Chercher son panier! Ah! quelle t6te foUe! EUe oublie tout.

On entend au loin la trompette du cantonniev. PIERRE.

Voila le train ! Messieurs les voyageurs, passez k la

Salle d'attente I (On emend le sifilet d'arrivde du train et le sooflOA

de la locomotiYe. — crii.nt.) Fouaious ! Fouarons I Lcs voya-

sc£:ne sixieme. 279

geurs pour Lassoupe et ViremoUet, descendez ! Ceux pour Foin-la-Folie et la ligne du Midi, en voiture.

MADAME CRl^TINET.

Henriette va manquer le Irain. Isidore, allez done la chercher.

ISIDORE

Mais si je la trouve pas ?

U Ta au fond.

SCfiNE VI Les Gendarmes, Les Precjsdents.

PREMIER gendarme, h Isidore.

Jeune homme, tos papiers?

ISIDORE

Quels papiers? J'en at pas.

PREMIER gendarme.

Voire nom?

ISIDORE

Isidore Picot.

LE GENDARME

Vous gtes de la classe 1874?

ISIDORE

G'est possible !

LE GENDARME

U n'y a pas de c'est possible, pourquoi que vous n'^tes pas au corps?

ISIDORE

Est-ce que je sais ? on ne m'a pas demand^.

OEUXI^ME GENDARME.

Gela n'est pas clair. Suivez-nous.

ISIDORE

Mais... je n'ai pas le temps...

280 J'AI ODBLlfi MON PANIER.

LES GENDARMES, le prenant chacan par un bras.

Nous Ic prendroDS, jeune horn me. Suivez-nous.

ISIDORE

Mais le chemia de fer qui va partir... et ma noce? ma future?

LES GENDARMES

Ne faites pas resistance, (a pan.) Ahl nous u'arrStons jamais personne !

lis sortent.

MADAME CR^TINET

Mais oOi done va-t-il?

CRETINET.

Oa Tarrfite !... Je n'y comprends rien.

Coups de sifHet de depart.

PIERRE, criant.

Allons, en a oiture Jes troisi^mes ! On n'en pourra done pas jouir de ces gens-la !

II les poa3S3. Cr^tinet ct sa femme eortent en appelant : Henriette ! Isidore I

LE CHEF DE GARE

II n y a plus personne pour Foin-la-Folie et la ligne du Midi ? En route I

II sort.

Coup de cloche, sifllets saccades du chef de train et de la locomotive, souffle de la chaudiere, qui ra en faiblissant. Le train part et passe au troisi^me plan.

SCfiNE VI LE CHEF DE GARE, p.is BALANDARD, PIERRE.

LE CHEF DE GARE

11 y a un voyageur de premieres. Voyez done.

Balandard cntre avec sa valise, sa coavertore et un parapluie.

PIERRE

Monsieur descend ici ?

•II prend la valise et la pose, pais il sort.

SCfeNE SlXlfiME. 281

BALANDARD

Pardon ! je descends pour remonter dans Tautre train. (ao chef de gare.) G'est bien la bifurcation avec la ligne du Midi?

LE CHEF DE GARE

Oui, monsieur.

Cest bien d onze heures cinquante-cinq que passe le train pour Marseille?..

LE CHEF DE GARE

Oui, monsieur, d onze heures cinquantc-cinq du matin.

BALANDARD

Du matin ?... Et le soir ?

LE CHEF DE GARE

A dix heures quaranle-cinq, 11 est pass^.

BALANDARD

Elle est mauvaise! Comment, il ne repasse pas de trains ?

II pose ses effets h cdl6 de sa ralise.

LE CHEF DE GARE

II en repasse un a deux heures la nuit, petile vitesse, qui remonle sur Paris. L'express est el onze heures cinquante-cinq matin.

BALANDARD

Autant dire midi.

LE'CHEF DE GARE

Parfaitement, monsieur,

BALANDARD

Mais alors, je ne comprends rien a mon indicateur.

LE CHEF DE GARE

II est peut-^tre de la semaine derniere.

282 J'AI ODBLlfi MON PANIER.

BALANDARD, cherchant U date.

G'est, ma foi, vrai; j'ai achet^ ^a a La GMtre. 11 parait qu'on y est un peu en retard, d La Chfttre,

LE CHEF DE GARE

L'administration a change Theure des trains avec la saison d'et^. .

BALANOARD..

Qui, il parait que nous sommes en 616 quoiqu'il fasse un froid de chien.

LE CHEF DE GARE

D6sol6, monsieur, d^sole.

BALANDARD

Moi aussi. Et comment appelez-vous ce pays ?

LE CHEF DE GARE

Fouarons, Lassoupe, deux villages qui se touchent.

BALANDARD

II y a bien un h6tel !

LE CHEF DE GARE

Qui, monsieur, le plusrapproch^ est kneuf kilometres d'ici et Tomnibus est parti.

BALANDARD

Mon malheur estcomplet... et que fait-on a Fouarons- Lassoupe.

LE CHEF DE GARE

On y vit de ses rentes quand on en a.

BALANDARD

Gomme partout!

LE CHEF DE GARE

Je suis d6sol6 de ce qui vous arrive.

BALANDARD

Vous 6tes bien bon ! Faites-vous le piquet ?jouez-votts aux dominosi

SCtlNE SlXlfiME. J83

LE CHEF DE GARE

Oai, monsieur, quelquefois; mais A cette heure-ci, je vais dormir et je vous engage a en faire autant.

BALANDARD

Y a-t-il un canape dans la salle d'attente ?

LE CHEF DE GARE

Non, monsieur. Le taplssicr ne nous a pas encore livr6 Ics meubles. C'est une gare toule neuve.

BALANDARD

Cest charmanty une gare toute neuve. On ne pent mSme pas s'asseoir.

LE CHEF DE GARE

Bonsoir, monsieur.

Ilsort.

BALANDARD

Voire serviteur ! II est charmant, il me blague. J^irais bien me promener... (on emend tomber la piuie.) mais il pleut ei il fait noir comme dans un chapeau. (n ra et Tiem.) £sl-ce assez laid I assez triste, une gare ! qui en a vu une, les a toutes vues. (n iit sur les mun.) Billets, bagages, salle d'atlente... oti on n'attend rien. Buvette !... Si je buvais?... mais je n'ai pas soif, et il n'y a personne.

(Minuit Sonne, il compte les coaps.) Miuult ! je n*ai pIuS que

douze heures h attendre ! Si je dormais ? mais je n'ai pas sommeil. Qu'est-ce c'est que cette grande affiche jaune ? (n ut.) Marche des trains montants. Voyez les trains descendants. Cost plein d'int^r^t, comme dans Its dictionnaircs. Parfait ! Old England !

U lit en chantant sur I'air des lampioni.

Old England!

Old England!

Old England I

Chocolat Menier ! Vacherie parisienne^ lait naturel ; je t'en fichel Au Coin de Rue, on rend Vargent. C'est

gentil de sa pari; mais c*est pas arrive. J'ai tout lu. (Minuit Sonne.) Miouit! je n'ai plus que douze heures a at-

tendrC. (U balUe. — Un mdcanicien passe au dehors avec une lanterne et frappesur les essieux des wagons remis^.) Quefdlt Ce SCrrurier?...

ah ! c'est Temploye aux roues... (uaut.) Diles done, mon brave... celle-la a un plus joli son que Tautre... Ah! ^a Sonne creux... je crois qu*il y a une paille...

UNE VOIX, du dehors.

M61ez-vous done de vos affaires!

BALANDARO.

Ires bien, merei! (Apart.) Pas aimable, Thomme au marteau! Si je lui cherchais dispute pour 6lre si peu poli?... <}a me distrairait... j'aurais tort... et puisil est peut-6lre plus fort que rooi!... Si j'essayais de dormir? sur la planche aux bagages... puisqu'il n'y a qu*elle pour tout siege... mon sac me servira d'oreiller...

(11 s'enveloppe dans sa couverture et s'elend sur la planche) Quel COU* rant d'air ! ^a Vient dc Id (U ourre son paraplule et se cache dessous.)

Ce n'est pas que j'aie sommeil; mais je dors par ennui.

II s'endort.

SCfiNE VII HENRIETTE, BALANDARD, endormi.

HENRIETTE, arec son panier.

J'ai bien retrouv^ mon panier tout de m^me. Eh bien, ousqu'est ma noce? II n*y a personne & qui parler, pas m^me un petit banc dans celte s^lle! je vas m asseoir sur cettc planche

. EUe va pr6« de Balandard et pose son panier sur lot.

SCfiNE SEPTlfiME. 285

BALANDARD, I'dreUlant.

£h! la-baSf faites done attention, vous m'^crasez le nez.

HENRIETTE

Ah! vous m'avez fait peur! Excusez-moi, je vous prenais pour une b^te avec votre peau en poll de veau.

B ALAND AROy se lerant.

Vous avez done la vue basse?

HENRIETTE

Du tout, elle est tres bonne ma vue. Est-ce qu*il pleut iei?

BALANDARD

Non, il vente (a pan.) Tiens! une jeune fille! (oaut.) Mademoiselle, je vous dcmande pardon. Permettez-moi de vous offrir la moiti^ de ma planehe.

HENRIETTE

Merci, monsieur, je ne veux pas vous d^ranger.

BALANDARD

On se d^rangerait k hiolns. (a pan.) Mais elle est jolie, tr^s jolic! je vais avoir au moins a qui eauser. (n rerme son parapiuie.) — (Haul.) Vous attondez quelqu'un? '

HENRIETTE

Non, monsieur, j'al manqu6 le train.

BALANDARD

Gomme moil

HENRIETTE

Vous allez a Foinla-Folie ?

BALANDARD

Quelle Folie ?

HENRIETTE

C'est un village a dix lieues d'iei !

Dans la montagne ! je eonnais.

HENRIETTE

Ah ! V0U8 connaissez Tendroit. Je devais m'y rendre avec mon p^re et ma m^re, et... Isidore, pour voir le grand-p^re... j*ai oubli^ mon panier... le temps d'aller le chercher dans Tomnibus. Grac! volla le train parti. II aurait bien pu m*attendrc, n'est-ce pas ?

BALANDARD

11 est dans son tort. Mais asseyez-vous done !

HENRIETTE, s'aMeyanL

Qbl yous fait rire, vous; mais moi je ne trouve pas ga dr^le.

BALANDARD

Vous prendrez celui de midu

HENRIETTE

De midi ? vous plaisanlez?

BALANDARD

Non, ma belle demoiselle. II n'y en a pas d*autre.

HENRIETTE

Ah bien! tous les gens de ma noce vont me croire perdue.

Vous etes marine ?

HENRIETTE

Pas encore.

BALANDARD

Comment vous appelez-vous?

HENRIETTE

Henriette Cr6tiaet.

BALANDARD

Henriette ! un joli nom. Gr^tinet moins bien.

HENRIETTE

J*en changerai bient^t, mon futur s'appelle Isidore

SCfeNE SEPTlfeME. 287

Picot. Le coonaissez-rvous? c'est le fils du fabricant de moutarde, le p^re Picot?

BALANDARD

Pas pr^cis^ment, je ne suis pas de ce pays.

HENRIETTE

Vous 6tes Parisien, je parie...

BALANDARD

Vous Tavez dit.

HENRIETTE

C*est bien beau, Paris, d ce qu'il paratt.

Vous n'y avez jamais 6ie ?

HENRIETTE

Jamais. Mais je dois y aller faire mes empleties de noces. J*en ai fait une condition a Isidore. Sinon!... Et vous, comment vous appelez-vous done?

BALANDARD

£mi]e Balandard.

HENRIETTE

Et qu'esl-ce que vous faites?

BALANDARD

Je vis de mes rentes.

HENRIETTE

VousdevezmQ trouverbien curieuse, mais vous savez, les femmes, les filles surtout!

BALANDARD

Je vous trouve charmante.

HENRIETTE

Vous 6tes bien aimable. Etes-vous riche?

BALANDARD

Tout depend de ce que vous entendez par riche? j'ai Tiogt mille livres de rentes.

288 J'AI OUBLlfi MON PANIER.

C'est assez, si vous n'Sles pas inari6. Si vous I'^tiez, ce serait gu^re pour.une femme qui airce la toilette,

BALANDARD

Noil! je suis c^libataire; meis pas endurci...

HENRIETTE

Je suis bien aussi riche que vous, quoiquc je no sets qu'une bouilleuse. .

BALANDARD

Qucst-cc qu'une bouilleuse?

• HENRIETTE

Cest la fllle d'un bouilleur.

BALANDARD

Je le pense bien; mais ^a ne me dit pas ce que

HENRIETTE

Un bouilleur, c'est un vigneron propri^taire do vignes qui fait bouillir son via et celui qu'il achate des autres pour le brOler, le .distiller et en faire du cognac.

BALANDARD

Tr^s bien, ma jolie bouilleuse. Et vous vous mariee bientdt?

HENRIETTE

Dans une huitaine... Oh! jene suis pas press^e... Ce n'est pas comme Picot.

BALANDARD

Et vous Taimez beaucoup, Plcot?

Moi?... (EUe rit.) Je le trouve tres bien... Un peu... jeune. 11 n'a que vingt et un ans.

BALANDARD

Et vous dix-huit ?

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