UN DES GENDARMES
SuTit, monsieur le chef de gate,
lis sortenU
SCfiNE IV
On en tend les grelols et le roulement d'une voiluie dans la com.
PIERRE
Voild romnibus de Viremollet.
LE CONDUCTEUR, entrant par le fond.
Avez-vous des colis pour moi?
PIERRE
Qui, volla, enlevez, pere romnibus.
LE CONDUCTEUR, emportant les caisses arec Taide des employes et
rerenant.
Vous n'avez rieu de plus?
PIERRE
G'est tout.
LE CONDUCTEUR
Tant mieux, ga sera plut6t fait. Je me tire les pattes.
PIERRE
Vous attendez pas Tarriv^e du traia?
LE CONDUCTEUR
Pour quo! faire? II y a jamais persoune. Les Berrlchons, ^a voyage pas.
PIERRE
Amenez-vous des voyageurs?
LE CONDUCTEUR
Oul, toute une noce. II y a de quoi rire. Qsl ii*a jamais sort! de son village. La marine, un bearre ; le futur conjoiut, un serin !
LE CHEF DE GARE
Silence, messieurs les employes. Le service doit se faire sans reflexions olseuses et sans periphrases.
LE CONDUCTEUR
Sans doute, j'allume une pipe et bonsoir.
Usort.
SCfiNE CINQUlfiME. 275
PIERRE, appelant.
Messieurs les voyageurs, par ici. Prenez vos billets, faites enregistrer vos bagages.
Depart de romnibus, grelots.
SCfiNE V
CRETINET, MADAME CR^TINET, ISIDORE, HENRIETTE, l'Employe aux billets, Les Precedents.
cretinet.
Madame Cr^tinet, ma feramc, je vas prendre les places, ne vous inqui^tez pas.
MADAME CRETIN
Monsieur Cretinet, ne vous trompez pas nous allons a Foio-la-Folie.
CRETINET.
J'eotends bien... j'entends bien, je ne suis pas sourd.
II va au guichet.
HENRIETTE
Dites done, monsieur Isidore, vous qui ^tes malin, cxpliquez-moi done comment ces chemins de fer peuvent marcher.
ISIDORE
Je vais vous expliquer la chose, mademoiselle Henriette... Voyez-vous, c'est une vapeur...
HENRIETTE
Oui, je sais ^a, monsieur Isidore, mais quand on n'en a jamais vu, comme moi.4. on ne comprend pas bien.
ISIDORE
Oh! mon Dleu, c'est bien simple...
276 J'Al OUBLIE MON PANIER.
HENRIETTE, h part.
Cest pcut-etre lui qui est bien simple, (aaut.) Voyons, raconlez-nous ^'a!...
L'EMPLOYE AUX BILLETSy passant sa tdle par le guichet, h
Cr^tinet
fites-vous sourd?
CRETINETy se reculant, effrajS.
Qu'est-ce que vous avez? £tes-vous malaile? Vous m'avez bien fait peur tout de meme.
l'employ^.
Ou allez-vous? Combien voulez-vous de places?
CRETINET, revenant rera les aatrea.
Je ne comprends rien a ce que bredouille cet homme dans sa boite.
ISIDORE, h part.
11 a Toreille dure, (aaut.) Laissez-moi y aller, j'arrangerai bien Tailaire. (ii va au guichet.) Monsieur^ ne vous fachez pas... Nous venons de ViremoUet et nous allons nous marier h Foin-la-Folie avec Henrietle, moi, Isidore Picoty le pere Gr^linet et madame Grdtinet, ses p^re et mere ici presents.
l'employ]§.
C'l m'est ^g&\, je ne suis pas le maire. OCi allezvous?
ISIDORE
A Foin-la-Folie, sans vous ofifenser.
l'employe.
QdL ne m'ofifense pas. Quelles places voulez-vous?
ISIDORE
Combien qu'elles coCilent vos places?
l'employ^.
Les premieres, douze francs.
SCfiNE ClNQUlfiME. 277
ISIDORE
C'est Irop cherl II n'y a pas moyen de s'arranger a moins?
L*EMPLOYi.
Voulez-vous des troisi^mes a sept francs?
ISIDORE
Et combien les quatri^mes?
l'employ^.
II n'y en a pas, mais on en fera plus tard pour vous.
ISIDORE
En ce cas donne^moi quatre places pour sept francs.
l'ehploV£.
Cest vingt-huit francs, voila vos billets.
ISIDORE, payant.
Vingt-huit francs! Vous disiez sept?
l'employe.
Qu'est-ce que vous vendez, jeune homnie?
ISIDORE
Moi, je vends de la moutarde... mon p^re est fabricant, — vous connaissez blen la maison Picot et fils — et mon fulur beau-p5re est maitrc vigneron, bouilleur.
l'employL
Prenoz done vos billets ! farceur !
U ferine le guichet.
ISIDORE, rerenant.
Jl'y comprends rien non plus ! (Aaz aatres.) L'aOaire est faite. Mais c'est cher !
MADAME CRl^TINET.
Cjmbien qu'ils vous ont pi is?
ISIDORE
Vingt-huit francs 1
278 J'AI OUBLIlfi MON PANIER.
MADAME CRl^TINET.
Ab ! mon Dieu ! Yoild de Targent d6pens6 mal k propos. Comme si on ne pouvait pas se marier sans aller demander le consenlement du grand-pere qui se fiche pas mal de nous et de vous avec !
ISIDORE
Mais I'heritage, j'y tiens, moi!
PIERRE, k Craiaet.
Vous avez vos billets de place, faites enregistrer vos bagages. Avez-vous des colis?
MADAME CR£TINET
La colique ? Dieu merci 1 non, nous ne Favons point.
IIENRIETTE.
Ah ! mon Dieu !..,
MADAME CRETINET.
Qu*esl-ce quo tu as?
henriette.
J'ai oubli^ mon panier... (a Pierre.) J*ai bien le temps d'aller le chercher, n'est-ce pas?
Ello sort.
PIERRE
DepSchez-vous !... N'allez pas si loin ! G'est a gacrdie. Faites vite !
CRETINET.
Ou va-t-elle?
MADAME CR£TIN£T
Chercher son panier! Ah! quelle t6te foUe! EUe oublie tout.
On entend au loin la trompette du cantonniev. PIERRE.
Voila le train ! Messieurs les voyageurs, passez k la
Salle d'attente I (On emend le sifilet d'arrivde du train et le sooflOA
de la locomotiYe. — crii.nt.) Fouaious ! Fouarons I Lcs voya-
sc£:ne sixieme. 279
geurs pour Lassoupe et ViremoUet, descendez ! Ceux pour Foin-la-Folie et la ligne du Midi, en voiture.
MADAME CRl^TINET.
Henriette va manquer le Irain. Isidore, allez done la chercher.
ISIDORE
Mais si je la trouve pas ?
U Ta au fond.
SCfiNE VI Les Gendarmes, Les Precjsdents.
PREMIER gendarme, h Isidore.
Jeune homme, tos papiers?
ISIDORE
Quels papiers? J'en at pas.
PREMIER gendarme.
Voire nom?
ISIDORE
Isidore Picot.
LE GENDARME
Vous gtes de la classe 1874?
ISIDORE
G'est possible !
LE GENDARME
U n'y a pas de c'est possible, pourquoi que vous n'^tes pas au corps?
ISIDORE
Est-ce que je sais ? on ne m'a pas demand^.
OEUXI^ME GENDARME.
Gela n'est pas clair. Suivez-nous.
ISIDORE
Mais... je n'ai pas le temps...
280 J'AI ODBLlfi MON PANIER.
LES GENDARMES, le prenant chacan par un bras.
Nous Ic prendroDS, jeune horn me. Suivez-nous.
ISIDORE
Mais le chemia de fer qui va partir... et ma noce? ma future?
LES GENDARMES
Ne faites pas resistance, (a pan.) Ahl nous u'arrStons jamais personne !
lis sortent.
MADAME CR^TINET
Mais oOi done va-t-il?
CRETINET.
Oa Tarrfite !... Je n'y comprends rien.
Coups de sifHet de depart.
PIERRE, criant.
Allons, en a oiture Jes troisi^mes ! On n'en pourra done pas jouir de ces gens-la !
II les poa3S3. Cr^tinet ct sa femme eortent en appelant : Henriette ! Isidore I
LE CHEF DE GARE
II n y a plus personne pour Foin-la-Folie et la ligne du Midi ? En route I
II sort.
Coup de cloche, sifllets saccades du chef de train et de la locomotive, souffle de la chaudiere, qui ra en faiblissant. Le train part et passe au troisi^me plan.
SCfiNE VI LE CHEF DE GARE, p.is BALANDARD, PIERRE.
LE CHEF DE GARE
11 y a un voyageur de premieres. Voyez done.
Balandard cntre avec sa valise, sa coavertore et un parapluie.
PIERRE
Monsieur descend ici ?
•II prend la valise et la pose, pais il sort.
SCfeNE SlXlfiME. 281
BALANDARD
Pardon ! je descends pour remonter dans Tautre train. (ao chef de gare.) G'est bien la bifurcation avec la ligne du Midi?
LE CHEF DE GARE
Oui, monsieur.
Cest bien d onze heures cinquante-cinq que passe le train pour Marseille?..
LE CHEF DE GARE
Oui, monsieur, d onze heures cinquantc-cinq du matin.
BALANDARD
Du matin ?... Et le soir ?
LE CHEF DE GARE
A dix heures quaranle-cinq, 11 est pass^.
BALANDARD
Elle est mauvaise! Comment, il ne repasse pas de trains ?
II pose ses effets h cdl6 de sa ralise.
LE CHEF DE GARE
II en repasse un a deux heures la nuit, petile vitesse, qui remonle sur Paris. L'express est el onze heures cinquante-cinq matin.
BALANDARD
Autant dire midi.
LE'CHEF DE GARE
Parfaitement, monsieur,
BALANDARD
Mais alors, je ne comprends rien a mon indicateur.
LE CHEF DE GARE
II est peut-^tre de la semaine derniere.
282 J'AI ODBLlfi MON PANIER.
BALANDARD, cherchant U date.
G'est, ma foi, vrai; j'ai achet^ ^a a La GMtre. 11 parait qu'on y est un peu en retard, d La Chfttre,
LE CHEF DE GARE
L'administration a change Theure des trains avec la saison d'et^. .
BALANOARD..
Qui, il parait que nous sommes en 616 quoiqu'il fasse un froid de chien.
LE CHEF DE GARE
D6sol6, monsieur, d^sole.
BALANDARD
Moi aussi. Et comment appelez-vous ce pays ?
LE CHEF DE GARE
Fouarons, Lassoupe, deux villages qui se touchent.
BALANDARD
II y a bien un h6tel !
LE CHEF DE GARE
Qui, monsieur, le plusrapproch^ est kneuf kilometres d'ici et Tomnibus est parti.
BALANDARD
Mon malheur estcomplet... et que fait-on a Fouarons- Lassoupe.
LE CHEF DE GARE
On y vit de ses rentes quand on en a.
BALANDARD
Gomme partout!
LE CHEF DE GARE
Je suis d6sol6 de ce qui vous arrive.
BALANDARD
Vous 6tes bien bon ! Faites-vous le piquet ?jouez-votts aux dominosi
SCtlNE SlXlfiME. J83
LE CHEF DE GARE
Oai, monsieur, quelquefois; mais A cette heure-ci, je vais dormir et je vous engage a en faire autant.
BALANDARD
Y a-t-il un canape dans la salle d'attente ?
LE CHEF DE GARE
Non, monsieur. Le taplssicr ne nous a pas encore livr6 Ics meubles. C'est une gare toule neuve.
BALANDARD
Cest charmanty une gare toute neuve. On ne pent mSme pas s'asseoir.
LE CHEF DE GARE
Bonsoir, monsieur.
Ilsort.
BALANDARD
Voire serviteur ! II est charmant, il me blague. J^irais bien me promener... (on emend tomber la piuie.) mais il pleut ei il fait noir comme dans un chapeau. (n ra et Tiem.) £sl-ce assez laid I assez triste, une gare ! qui en a vu une, les a toutes vues. (n iit sur les mun.) Billets, bagages, salle d'atlente... oti on n'attend rien. Buvette !... Si je buvais?... mais je n'ai pas soif, et il n'y a personne.
(Minuit Sonne, il compte les coaps.) Miuult ! je n*ai pIuS que
douze heures h attendre ! Si je dormais ? mais je n'ai pas sommeil. Qu'est-ce c'est que cette grande affiche jaune ? (n ut.) Marche des trains montants. Voyez les trains descendants. Cost plein d'int^r^t, comme dans Its dictionnaircs. Parfait ! Old England !
U lit en chantant sur I'air des lampioni.
Old England!
Old England!
Old England I
Chocolat Menier ! Vacherie parisienne^ lait naturel ; je t'en fichel Au Coin de Rue, on rend Vargent. C'est
gentil de sa pari; mais c*est pas arrive. J'ai tout lu. (Minuit Sonne.) Miouit! je n'ai plus que douze heures a at-
tendrC. (U balUe. — Un mdcanicien passe au dehors avec une lanterne et frappesur les essieux des wagons remis^.) Quefdlt Ce SCrrurier?...
ah ! c'est Temploye aux roues... (uaut.) Diles done, mon brave... celle-la a un plus joli son que Tautre... Ah! ^a Sonne creux... je crois qu*il y a une paille...
UNE VOIX, du dehors.
M61ez-vous done de vos affaires!
BALANDARO.
Ires bien, merei! (Apart.) Pas aimable, Thomme au marteau! Si je lui cherchais dispute pour 6lre si peu poli?... <}a me distrairait... j'aurais tort... et puisil est peut-6lre plus fort que rooi!... Si j'essayais de dormir? sur la planche aux bagages... puisqu'il n'y a qu*elle pour tout siege... mon sac me servira d'oreiller...
(11 s'enveloppe dans sa couverture et s'elend sur la planche) Quel COU* rant d'air ! ^a Vient dc Id (U ourre son paraplule et se cache dessous.)
Ce n'est pas que j'aie sommeil; mais je dors par ennui.
II s'endort.
SCfiNE VII HENRIETTE, BALANDARD, endormi.
HENRIETTE, arec son panier.
J'ai bien retrouv^ mon panier tout de m^me. Eh bien, ousqu'est ma noce? II n*y a personne & qui parler, pas m^me un petit banc dans celte s^lle! je vas m asseoir sur cettc planche
. EUe va pr6« de Balandard et pose son panier sur lot.
SCfiNE SEPTlfiME. 285
BALANDARD, I'dreUlant.
£h! la-baSf faites done attention, vous m'^crasez le nez.
HENRIETTE
Ah! vous m'avez fait peur! Excusez-moi, je vous prenais pour une b^te avec votre peau en poll de veau.
B ALAND AROy se lerant.
Vous avez done la vue basse?
HENRIETTE
Du tout, elle est tres bonne ma vue. Est-ce qu*il pleut iei?
BALANDARD
Non, il vente (a pan.) Tiens! une jeune fille! (oaut.) Mademoiselle, je vous dcmande pardon. Permettez-moi de vous offrir la moiti^ de ma planehe.
HENRIETTE
Merci, monsieur, je ne veux pas vous d^ranger.
BALANDARD
On se d^rangerait k hiolns. (a pan.) Mais elle est jolie, tr^s jolic! je vais avoir au moins a qui eauser. (n rerme son parapiuie.) — (Haul.) Vous attondez quelqu'un? '
HENRIETTE
Non, monsieur, j'al manqu6 le train.
BALANDARD
Gomme moil
HENRIETTE
Vous allez a Foinla-Folie ?
BALANDARD
Quelle Folie ?
HENRIETTE
C'est un village a dix lieues d'iei !
Dans la montagne ! je eonnais.
HENRIETTE
Ah ! V0U8 connaissez Tendroit. Je devais m'y rendre avec mon p^re et ma m^re, et... Isidore, pour voir le grand-p^re... j*ai oubli^ mon panier... le temps d'aller le chercher dans Tomnibus. Grac! volla le train parti. II aurait bien pu m*attendrc, n'est-ce pas ?
BALANDARD
11 est dans son tort. Mais asseyez-vous done !
HENRIETTE, s'aMeyanL
Qbl yous fait rire, vous; mais moi je ne trouve pas ga dr^le.
BALANDARD
Vous prendrez celui de midu
HENRIETTE
De midi ? vous plaisanlez?
BALANDARD
Non, ma belle demoiselle. II n'y en a pas d*autre.
HENRIETTE
Ah bien! tous les gens de ma noce vont me croire perdue.
Vous etes marine ?
HENRIETTE
Pas encore.
BALANDARD
Comment vous appelez-vous?
HENRIETTE
Henriette Cr6tiaet.
BALANDARD
Henriette ! un joli nom. Gr^tinet moins bien.
HENRIETTE
J*en changerai bient^t, mon futur s'appelle Isidore
SCfeNE SEPTlfeME. 287
Picot. Le coonaissez-rvous? c'est le fils du fabricant de moutarde, le p^re Picot?
BALANDARD
Pas pr^cis^ment, je ne suis pas de ce pays.
HENRIETTE
Vous 6tes Parisien, je parie...
BALANDARD
Vous Tavez dit.
HENRIETTE
C*est bien beau, Paris, d ce qu'il paratt.
Vous n'y avez jamais 6ie ?
HENRIETTE
Jamais. Mais je dois y aller faire mes empleties de noces. J*en ai fait une condition a Isidore. Sinon!... Et vous, comment vous appelez-vous done?
BALANDARD
£mi]e Balandard.
HENRIETTE
Et qu'esl-ce que vous faites?
BALANDARD
Je vis de mes rentes.
HENRIETTE
VousdevezmQ trouverbien curieuse, mais vous savez, les femmes, les filles surtout!
BALANDARD
Je vous trouve charmante.
HENRIETTE
Vous 6tes bien aimable. Etes-vous riche?
BALANDARD
Tout depend de ce que vous entendez par riche? j'ai Tiogt mille livres de rentes.
288 J'AI OUBLlfi MON PANIER.
C'est assez, si vous n'Sles pas inari6. Si vous I'^tiez, ce serait gu^re pour.une femme qui airce la toilette,
BALANDARD
Noil! je suis c^libataire; meis pas endurci...
HENRIETTE
Je suis bien aussi riche que vous, quoiquc je no sets qu'une bouilleuse. .
BALANDARD
Qucst-cc qu'une bouilleuse?
• HENRIETTE
Cest la fllle d'un bouilleur.
BALANDARD
Je le pense bien; mais ^a ne me dit pas ce que
HENRIETTE
Un bouilleur, c'est un vigneron propri^taire do vignes qui fait bouillir son via et celui qu'il achate des autres pour le brOler, le .distiller et en faire du cognac.
BALANDARD
Tr^s bien, ma jolie bouilleuse. Et vous vous mariee bientdt?
HENRIETTE
Dans une huitaine... Oh! jene suis pas press^e... Ce n'est pas comme Picot.
BALANDARD
Et vous Taimez beaucoup, Plcot?
Moi?... (EUe rit.) Je le trouve tres bien... Un peu... jeune. 11 n'a que vingt et un ans.
BALANDARD
Et vous dix-huit ?