‹ Le theatre des zouaves tableau militaire, mele de coupletsChapitre 28 sur 41 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

BIGORNEAU, BEN-AMOUR, puis CHAMPION.

bigorneau, se regardant, à lui-même.

A la bonne heure !... voilà des artistes, des bons garçons... de vrais camarades!... (Ben-Amour lui frappe rudement sur l'épaule.) Hein ?

ben-amour, d’un air ironique.

C’est donc nous qui voulons jouer la petite Camille à papa ?

BIGORNEAU

Oui, militaire... oui, je suis engagé pour ça... Je débute dans ce rôle... et j’espère frapper un grand coup. (Ben- Amour lui frappe de nouveau sur l'épaule ) Encore !

BEN-AMOUR

Et l'autre?

Quelle autre ?

BEN-AMOUR

L’autre de petite Camille à papa ?

BIGORNEAU

L’autre de petite Camille à papa?... Elle a fait sa tête et je lui dame le pion.

BEN-AMOUR

As tu fini ! (Il lui porte une botte-dans le côté.)

BIGORNEAU

Militaire ! (A part.) Seràil-ce mon chef d’emploi ?

BEN-AMOUR

Air : Adieu, je vous fuit, bois charmant- Bon-Amour est un bon enfant.

Mais il a l’humeur tracassière...

Ici, tu vas donc à l’instant Me rendre ma jeune première.

Ce rôle est ma propriété,

Et quand on y toucli’, je me cabre !

Je tiens à mon ingénuité...

Tu n’ l’auras qu’à la point’ du sabre I

(Tirant son sabre.)

Pour tu’ ravir mon ingénuité,

Bichon, faudra jouer du sabre !

Rafraichissons-nous d’un coup d' sabre.

BIGORNEAU

Un duel !

ben-amour, prenant un sabre au fond et le lui jetant.

En garde... et vivement! je vas te découper!

bigorneau, ramassant le sabre et recalant.

Comment, pour jouer la comédie... il faudrait jouer du bri quel ! ah ! mais non ! je vais appeler le poste.

ben-amour, le poursuivant.

En garde, que je te dis !

bigorneau, criant et te sauvant à gauche .*

Caporal! hors la garde! venez reconnaître... trouille!... champignon, entrant par la gauche.”

Eh ben! eh ben! qu’est-ce qu’il y a? un attrapage! un coup de torchon !

bigorneau, jetant le sabre.

C’est lui qui vient me chercher dispute...

ben-amour.

Il me faut mon rôle ou je le fends en deux, comme un concombre !

Ton rôle ? tu ne l’auras pas I

ben-amour.

Je ne l’aurai pas ?

champion.

Non, tu ne l'auras pas ! et. si tu fais le malin, je te colItMiedans... Entends-tu, mauvais croûton.

BEN-AMOCB.

Croûton ?

CHAMPION

Oui, croûton !

ben-a.mour, a part.

Ah! s’il était seulement mon égal ! (Ritournelle de l'air suivant.)

CHAMPION

J’entends le public... ( Donnant une brochure à Bigorneau.) Tenez, jeune homme, v’Ià la brochure... allez vous habiller... c’est vous qui jouerez le rôle. (Il continue à lui parler bas.) ben-amour, à part.

Oh I une idée perpendiculaire ! je vas la mûrir dans le silence du cabinet. (Il sort vivement par la droite.)

bigorneau, o Champion.*”

C’est bien... je vas mettre mon corset. (Il sort par la gauche.) champion, seul, allant parler à travers le rideau du petit théâtre.

Chaud! chaud! tout le monde à son poste 1 (Appelant.) Eh ! le soudeur ! (Un zouave entre par la gauche.) Au trou! au trou ! ale donc ! aie donc ! (Le zouave se met dans le tonneau qui est devant le théâtre et met derrière sa tête un sac en guise de capuchon.) Sonnez la cloche, le spectacle va commencer. (Il sort par la gauche. — On entend au dehors le son d'une cloche. Carabine, et Bdionnette sortent de la cantine; Têtard arrive par la gauche ; Chicot par la droite. — Les autres spectateurs accourent de tons les côtés.)

• Bigorneau, Beu.

• Bigorneau, Champion, Bon

• Bigorneau, Champion.

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