SCÈNE XIV
EiNRICO
Voix que j'ai entendue pour mon malheur, voix dont les accents ont résonné entre ces murailles, apparte-
nais-tu à un ennemi qui voulait exercer ses vengeances? N'as-tu pas prétendu qu'il importait à ma vie de ne pas m'éloigner de la prison? Alors, roponds-moi, pourquoi va-t-on m'en tirer et me conduire au supplice ? Tu m'as trompé, mais je ne suis pas non plus sans reproches. Je fus lâche, car j'aurais pu sortir et n'offrir à personne l'occasion de se venger. Ombre triste et compatissante, toi dont les sages conseilsm'eussent sauvé, reviens; j'obéirai à ta voix redoutable, mon cœur retrouvera son audace et je m'élancerai hors des ténèbres épaisses où je suis plongé... J'entends un bruit de pas, on s'approche, c'est la mort.