I. ISARD
Mon étoile cruelle s'est alliée avec lui contre moi. Fíelas, à le voir venir tout soucieux, je compris bien qu'il avait des soupçons, sans penser toutefois qu'il sût mon secret! Il s'approcha de moi le visage paie, l'air inquiet et. dune voix moitié douce, moitié irritée, il me dit qu'il avait joué, qu'il avait perdu et il me demanda de lui prêter un bijou afin de retourner au jeu. Je me précipitai pour le lui donner, mais il me prévint, prit la clef de mon bag^uier, ouvrit le premier tiroir d'un {^este impatient et colère, y trouva les lettres, me regarda et le referma. Puis, sans prononcer une parole, hélas, il courut à la recherche de mon père et tous deux, je pense, pour délibérer sur ma mort, .s'enfermèrent et s'entretinrent un grand moment. Ils sortirent enfin, et, au dire d'Octavio. se dirigèrent ensemble vers le couvent. Si mon fière s'apprête à réaliser le projet que Lisardo et lui ont arrêté, j'ai bien rai.son de gémir. Mais s'il espère de la sorte me faire oublier Ensebio, il se trompe ; plutôt que de me voir religieuse, je me donnerai la mort.